Apocalyptica (+ Tracer) au Zénith (06.11.2015)

Un choix difficile s’offrait aux fans de metal ce soir de novembre car se produisait en même temps Apocalyptica et Children of Bodom. 

Mais c’est pour l’heure des violoncellistes Finlandais dont nous allons parler maintenant.

 

Tracer


Pour ouvrir cette soirée, un trio venu d’Australie du Sud prend place sur la grande scène du Zénith. Ils nous présentent et soutiennent sur les planches leur dernier album en date Water For Thirsty Dogs. Nos Australiens pratiquent un rock peu inspiré malgré un batteur bien agité sur ses fûts comme un Dave Grohl à la grande époque de Nirvana (lieu ou il avait d’ailleurs joué ici même la dernière fois en France le 14 février 1994 avant la fin tragique de son leader quelques mois plus tard…) Malheureusement pour Tracer et son leader guitariste/chanteur Michael Brown, c’est bien là la seule comparaison que l’ont puisse faire avec le mythique groupe de Seattle car notre combo des antipodes est trop ennuyeux avec son rock/hard FM passé de mode… C’est assez plat malgré l’énergie dépensée sur les planches et le backing vocal du remuant bassiste Leigh Brown (qui a remplacé Jett Heysen-Hicks) jouant souvent plié en deux, est une pure catastrophe ! Nos gars ne sont pas aidés par un jeu de lumière digne d’un thé dansant pour personnes du troisième âge.
 


C’est seulement au bout d’environ 45 minutes que cela semble un peu plus intéressant avec un morceau plus long et mieux travaillé que les autres qui avait pourtant commencé par une harangue de foule pour ado dégoulinant de « oh oh oh » à la limite du supportable. Ca sera donc le dernier morceau et on n’en fera pas une maladie, car venir d’aussi loin pour proposer ce genre de musique c’est du gâchis et une perte de temps pour l’auditoire. On est juste content de savoir que le combo va re-tracer la route pour son magnifique pays ou il y a tant de groupes qui auraient autrement mérités de faire le long voyage et avoir l’honneur d’un Zénith parisien. Décevant mais étonnamment le public les applaudis avec ferveur lorsqu’ils quittent la salle, comme quoi les goûts et les couleurs…
 


Pour se remettre de nos émotions, une salvatrice pause publicitaire sur écran géant dont le Zénith a le secret nous vantera les mérites de produits sans lesquels il n’y a pas de bonheur terrestre possible ! Il est maintenant l’heure pour les Finlandais de venir fouler les planches accompagnés de leurs inséparables violoncelles.

 

Apocalyptica


Après une longue intro, les hostilités commencent avec « Reign of Fear », un des rares morceaux instrumentaux tiré du dernier opus en date le très bon Shadowmaker. Ils enchaineront par un Grace qui remporte l’adhésion du Zénith qui n’a pas oublié Worlds Collide, sorti en 2007. Nos nordiques ont une prestance scénique excellente et très dynamique malgré des instruments forts encombrants. Les reprises de Metallica, qui les ont rendu célèbre il y a déjà 20 ans de cela dans le milieu métal (sans lesquels ils n’y auraient jamais été affiliés), sont hyper efficaces et interprétées avec brio ! Le public en délire en a pour son compte et les titres sont presque mieux que les originaux. Ce n’est pas difficile vu le déclin des prestations scéniques des four horsemen.


Les musiciens sont très souriants, communicatifs et visiblement en pleine forme malgré qu’il s’agisse ce soir de la dernière date d’une grosse tournée internationale. Le public acquis à leur cause les motives certainement beaucoup car il y a une ambiance de feu dans la fosse et en gradin ! Ca bouge, ça danse, ça chante à l’unisson sur toutes les reprises interprétées avec dévotion. Le Zénith n’est pourtant pas en configuration maximale mais est assez bien rempli, la salle répond aux interventions, souvent drôle, de Perttu ce qui en fait un spectacle très convivial et vivant ce qui n’est pas forcément évident dans une grande enceinte.
 


Côté musique rien à redire, c’est de haut niveau et impressionnant de puissance malgré l’absence de guitares saturées. Les reprises de Metallica citées plus tôt et aussi celles de Sepultura (« Refuse/Resist », « Inquisition Symphony ») sont toutes aussi convaincantes que les « vrais » avec juste le chant en moins mais le public comble ce manque avec un enthousiasme débordant. Les musiciens, en particulier le batteur Mikko Sirén, est une boule d’énergie et bien meilleur qu’un certains Lars U. Il nous fera un solo époustouflant et drôle sur une deuxième batterie plus petite mise en avant sur la scène et pour un résultat pas ennuyeux du tout comme c’est souvent le cas dans ce genre d’exercice un peu ringard.
 


En milieu de set une petite interlude instrumentale, « Bittersweet », par Paavo et Perttu viendra adoucir le Zénith puis Mikko les rejoindra pour jouer une des premières compos du groupe « Harmaggedon ». Côté chant le nouveau vocaliste cubain Franky Perez est impeccable et apporte un vrai plus aux compositions et on le sent très à l’aise sur scène pourtant entouré de ses charismatiques camarades remontés comme des pendules ce soir ! Les compositions originales du quintette (Franky fait officiellement parti du groupe depuis un an environ) sont très efficaces, tantôt épiques, tantôt plus calmes et mélodiques mais on sent un gros travail d’écriture y compris pour les titres du dernier album en date Shadowmaker bien représenté lors de ce concert.
 


Pour le long rappel/pause nous aurons droit à une Marseillaise reprise en cœur par un Zénith plein d’allant patriotique suivit d’une très étonnante reprise du plus célèbre jeux vidéo Finlandais : Angry Birds ! Juste avant celle-ci, Paavo entrera sur scène en faisant une roue fort maladroite et à sa suite, Mikko fera lui une cabriole proche du ridicule dont sa chemise ne se remettra pas ! De drôles d’oiseaux !

Pour la suite du rappel un « One » guerrier sera de la partie avec effet vidéo de flammes projetées sur la scène et sur le grand écran en arrière plan des images de guerre accentuant ainsi le plaisir visuel et sonore du grand titre de Metallica, suivront I « Don’t Care » et « Dead Man’s Eyes » pour clôturer la soirée.

Un show en son (dans l’ensemble très correct) et en lumière grâce aux vidéos parfois simple et d’autres plus complexes (Cathédrale et ses vitraux, formes géométriques, homme qui court, pochette de Shadowmaker…) ainsi qu’a un light show très approprié aux morceaux et parfaitement calées sur la musique, le jour et la nuit avec la piètre première partie…

Un très bon concert de presque deux heures que l’on termine le sourire aux lèvres en réponse à ceux de ce groupe généreux qui mérite d’être vu au moins une fois car c’est une très bonne surprise tant au niveau de l’énergie, de la musique et du spectacle offert. Un grand show à l’américaine de la part de nos finlandais ! Vive la Finlande !
 

Apocalyptica Setlist :

Reign Of FearӬ
Grace
”¨I’m Not Jesus
ӬHouse Of ChainsӬ
Not Strong Enough
ӬEnter Sandman (reprise de Metallica)
ӬMaster Of Puppets (reprise de Metallica)
ӬInquisition Symphony (reprise de Sepultura)
ӬBittersweetӬ
HarmageddonӬ
Hope, Vol. 2Ӭ
Riot LightsӬ
ShadowmakerӬ
Hole In My SoulӬ
Refuse/Resist (reprise de Sepultura)Ӭ
Angry Birds Theme (reprise de Ari Pulkkinen)Ӭ
Seek & Destroy (reprise de Metallica)Ӭ
Hall Of The Mountain King

Rappels :Ӭ

One (reprise de Metallica)
”¨I Don’t Care”¨
Dead Man’s Eyes

Photos : Marjorie Coulin / © 2015
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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