Knock Out Festival 2011 à  Karlsruhe (10.12.2011)


Aaah l’Allemagne et ses festivals. Bien moins connu que le Wacken, la sympathique ville de Karlsruhe accueille pour la 4e fois le Knockout Festival, spécialisé en heavy/power metal. Au programme cette année : les groupes ci-dessous.

 


 

VOODOO CIRCLE

La soirée commence sur fond de hard rock/heavy metal allemand : celui de Voodoo Circle. Le groupe nous a pondu son second album cette année,
qu’il est venu défendre sur scène, et, dans le line-up, nous avons le droit à quelques « stars » du milieu (Mat Sinner ou David Readman par exemple). Et tout cela nous donne une musique assez sympathique, mais affligeante de banalité, dénuée totalement d’originalité, de personnalité
mais également d’énergie. Le chanteur s’en sort bien (on va quand même rester sceptique sur certains aigus), mais les titres peinent à rester en tête, surtout une ballade bien trop longue qui finira par ennuyer … Si l’attitude de la formation est professionnelle et l’interraction avec le
public bien présente, il manque encore quelque chose à ce quintet allemand pour vraiment trouver la recette idéale. Ah si, je sais, un peu de personnalité pour qu’on évite de se dire qu’un élément ou un autre provienne d’un autre groupe. Bref, pas besoin de s’épiloguer, Voodoo Circle ne marquera pas les esprits ce soir-là.

GRAVE DIGGER

Là par contre, c’est nettement mieux ! Une introduction par un joueur de cornemuse masqué et c’est parti pour 40 bonnes minutes de heavy metal !
Chris Boltendahl est toujours en forme après tant d’années de carrière et son statut de légende dans le milieu n’est pas usurpé, loin de là. Sa voix porte littéralement les pistes, grâce à sa solidité, sa puissance et son timbre tellement particulier qui n’est pas au goût de tous. En revanche, la salle est littéralement déchainée à l’approche de la formation. Elle scande le nom du groupe, et celui-ci va nous offrir une prestation digne de ce nom, qui passe très (trop) vite, avec des classiques comme « Rebellion » qui enflamment les foules. Et, pour une fois, le son (on va y revenir plus tard) n’est pas mauvais !
Le concert se termine sur « Heavy Metal Breakdown » et les allemands confirment que, sur scène, ils restent un groupe à voir absolument.

Setlist :

1. Scotland United
2. Hammer of the Scots
3. Ballad of a Hangman
4. The Last Supper
5. Excalibur
6. Highland Farewell
7. Rebellion
8. Heavy Metal Breakdown


STRATOVARIUS

Le power metal des finlandais ne semble pas être spécialement apprécié par la foule car celle-ci semble presque vidée de moitié au moment où Stratovarius monte sur scène, devant un public apparemment blasé. Boycott du combo en Allemagne ? On ne sait pas trop.
Toujours est-il que la performance du quintet, qui arrive en plus avec un tout nouveau batteur, est dans l’ensemble convaincante mais n’est vraiment pas aidée par un son brouillon et dégueulasse sur les deux premiers titres, avec un Timo Kotipelto qui ne s’entend pas (ce qui l’agacera très rapidement). Heureusement la performance du frontman est satisfaisante dans l’ensemble même si les aigus ne sont plus vraiment dans ses cordes (il évitera d’en faire le plus possible). Côté musique, on a le droit aux grands classiques que tout le monde attendait comme « Speed of Light » ou « The Kiss of Judas », mais on s’étonnera quand même que l’album le plus fortement représenté soit Polaris. Enfin, ce détail passé, la prestation est bonne mais il manque un petit quelque chose. Les interventions de Tomi, quand il parlera avec le public (ce qu’il en reste) entre deux morceaux sont parfois énervantes (il commence toutes ses phrases par « You know » et à la fin, je pense qu’on commence tous à savoir) et le chanteur a perdu pas mal en terme de charisme. En clair, un show agréable, mais pas excellent non plus. On va rester un peu sur notre faim.

Setlist :

1. Under Flaming Skies
2. Eagleheart
3. Deep Unknown
4. Speed of Light
5. The Kiss of Judas
6. Darkest Hours
7. Winter Skies
8. Black Diamond
9. Hunting High and Low

DRAGONFORCE

Et là, c’est le drame. Nos sympathiques britanniques ouvrent sur « Heros of Our Time » et, tant que l’on a les instruments, ça va, mais une fois la voix de Marc Hudson démarrant, nos pauvres tympans auront du mal à résister à tel supplice. Première chose à pointer, c’est un manque consternant de maîtrise et la justesse n’est définitivement pas son point fort, le frontman passera 95% (et encore j’ai envie d’être positif) à nous hurler des fausses notes qui font très mal. Autre problème, son manque évident de puissance, du coup pour se faire entendre il est forcé de s’époumoner dans son micro, de façon vraiment très désagréable et ses montées dans les aigus sont un calvaire. Et puis, niveau attitude, s’il communique et descendra plusieurs fois de scène pour aller serrer la main de quelques fans, il nous jouera le syndrome Simone Simons : dès qu’il n’a rien à chanter, direction le backstage ! Et ces moments-là sont une libération tant on souhaiterait que le set de Dragonforce ne soit qu’instrumental, tellement il a été ruiné par la voix de ce frontman. Les musiciens sont très impliqués dans leur prestation, et très concentrés sur leur instrument, peut-être parfois un peu trop mais c’est un détail. En tout cas le combo ne vole pas sa réputation d’excellents musiciens quant au niveau technque (par contre vocalement …).
Bon, pour faire simple, un set assez difficile à supporter à cause d’une voix détestable, au timbre adolescent criard et au manque de maîtrise évident. Heureusement qu’on a quelques sympathiques solos pour se remettre de tout cela. Et, surtout, heureusement qu’après arrive Saxon. (et les deux nouveaux titres de Dragonforce : les moins bons de la setlist, malheureusement. D’autant plus que même sur des lignes pouvant lui être adapté, Marc se casse la gueule. Enfin, au moins en studio, auto-tune fera merveille).

Setlist :

1. Heroes of Our Time
2. Operation Ground and Pound
3. Cry Thunder
4. My Spirit Will Go On
5. Lost Fallen World
6. The Last Journey Home
7. Through the Fire and Flames

SAXON

Une prestation magistrale. Les britanniques et leur heavy metal teinté de rock livrent un show d’excellente tenue, efficace, teinté de grands classiques et qui ne voient en revanche qu’un point noir (l’éponyme « Call to Arms » a du mal à faire ressentir quelque chose sur scène, dommage).
Mais on a le droit à un Byff énergique et communicant,en grande forme vocalement ! Niveau réaction du public, on voit que Saxon joue en terrain conquis, de nombreux fans sont présents ce soir-là.
Démarrant sur les chapeaux de roue avec « Heavy Metal Thunder » qui porte bien son nom, les britanniques garderont la forme du début à la fin. Même si la tête d’affiche obtiendra plus de succès, à mon sens leur performance fut la meilleure de la soirée. Il s’agit de la seconde fois que j’ai
la chance de voir Saxon et je ne suis pas déçu !
Nous aurons aussi le droit à un petit solo de batterie sympathique, qui permet de faire une petite pause. Enfin, la prestation va se terminer sur « Princess of the Night », hymne culte des anglais. On avait presque peur qu’ils l’oublient !
A revoir !

Setlist :

1. Heavy Metal Thunder
2. Hammer of the Gods
3. Never Surrender
4. Chasing the Bullet
5. Motorcycle Man
6. Back in ’79
7. Solid Ball of Rock
8. To Hell and Back Again
9. Call to Arms
10. Rock the Nations
11. Drum solo
12. Demon Sweeney Todd
13. Denim and Leather
14. Power and the Glory
15. Wheels of Steel
16. Princess of the Night

BLIND GUARDIAN

Il fallait bien un groupe culte pour terminer la soirée et ce sera Blind Guardian.
Dans l’ensemble, le concert a été très bon mais … pour commencer, on pourra regretter un son pas toujours optimal (il faut dire que la configuration de la salle n’aidait pas l’ingé’ son !) et ne permettant pas de profiter pleinement du spectacle. De plus, l’attitude du combo allemand est assez surprenante. Face à une foule scandant leur nom, qui visiblement était ravie de voir le groupe, les membres de Blind Guardian restent froids, et ne communiquent presque pas avec le public (le minimum syndical en gros).
Ces détails mis à part, musicalement, c’est du solide ! Le groupe privilégie le dernier opus en date, mais également son album culte « Nightfall in Middle-Earth ». Cependant, c’est un plaisir de constater que les allemands piochent dans (presque) toute leur discographie pour concocter une
setlist agréable et dynamique, même si on regrettera de temps en temps que certains morceaux semblent un peu ralentir le rythme et casser la dynamique. Qu’importe, nous sommes guidés par Hansi et sa voix magistrale qui est toujours aussi compétent ! Si le frontman n’est plus capable
d’atteindre les plus hautes notes (en même temps avec l’âge, on lui pardonne), il sait user d’un registre varié, toujours juste et pousse même quelques sympathiques growls.
« Mirror Mirror » fera office de conclusion, pour le plus grand bonheur de toutes et de tous. Le morceau est encore meilleur sur scène, de quoi laisser un superbe souvenir à la fin. Pas de rappel, et un au revoir plutôt distant de la part des allemands. Qu’importe, les titres joués nous ont donnés envie de revoir cela très vite.

Setlist :

1. Sacred Worlds
2. Welcome to Dying
3. Nightfall
4. Time Stands Still (at the Iron Hill)
5. Turn the Page
6. Majesty
7. Bright Eyes
8. Ride into Obsession
9. Lord of the Rings
10. Valhalla
11. Tanelorn (Into the Void)
12. Imaginations from the Other Side
13. The Bard’s Song – in the forest
14. The Bard’s Song – the hobbit
15. Mirror Mirror


Une excellente soirée à Karlsruhe ! Si l’affiche est aussi excellente l’an prochain, je serais de retour au Knockout Festival (même si je dois à nouveau passer la nuit à la gare :-D).
 



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