Zaher Zorgati, chanteur de Myrath

" Nous ferons tout pour ne jamais vous décevoir ! "

A l’occasion du passage de Myrath dans la capitale, en pleine tournée européenne avec Symphony X, nous nous sommes entretenus avec Zaher Zorgati, chanteur du groupe tunisien. Nous sommes revenus ensemble sur l’accueil reçu par Legacy, le nouvel album du quintet, mais également sur les quinze ans de carrière de Myrath. Entretien avec un chanteur à la jovialité contagieuse.

Bonjour Zaher et merci pour cette interview. Vous êtes actuellement en pleine tournée européenne en première partie de Symphony X. Comment cela s’est-il passé jusqu’à présent ?

Cette tournée se passe à merveille ! Nous nous entendons très bien avec les musiciens de Melted Space, qui sont très sympa, tout comme ceux de Symphony X. Ils sont également très humbles et gardent les pieds sur terre. Ils sont très sympa et viennent passer du temps avec nous pratiquement tout le temps. Concernant le show, c'est génial, et on le constate à travers les ventes du merch. C’est une belle surprise pour nous, bien que nous ne jouions que 30 minutes. Le seul point noir c’est qu’on nous ait refusé la possibilité de faire des soundchecks sur l’ensemble des dates, ce qui est incompréhensible pour nous, sachant que nous sommes placés justes sous le headliner. Cela ne nous est jamais arrivé, lorsque nous tournions avec Tarja, W.A.S.P ou Orphaned Land. Cela nous gâche malheureusement un peu le charme de cette tournée.

Legacy, votre nouvel album vient tout juste de sortir et pour l’instant il est très bien accueilli par la presse et les fans. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Ce résultat est le fruit d’un travail acharné ! C’est comme si nous recevions un golden globe ou un oscar ! (rires) C’est magnifique ! Je ne trouve pas forcément les mots pour expliquer les sensations que nous procurent ces réactions. Nous avons toujours considéré la musique comme un défi. A chaque sortie d’album, les critiques se posaient la question de savoir si nous pourrions faire encore mieux (rires). Et du coup ça a toujours été un challenge. Ça nous pousse, sans pour autant nous mettre la pression. Nous ne cherchons pas à calculer les choses. Je pense que c’est la recette de Myrath, d’essayer de tout faire avec le cœur, avec envie. On ne peut jamais automatiser ce travail de composition pour faire l’album parfait, mais tout doit être spontané ! C’est notre recette pour la réussite je pense.

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Quel est le thème de l’album, sachant que Myrath signifie « héritage » en arabe et que c’est le même sens en anglais pour le titre Legacy ? Est-ce un retour aux sources ?

Et bien, il ne s’agit pas d’un concept album, mais nous avons voulu dédier cet album au père de Malek (Ben Arbia, guitariste du groupe NDLR), qui est décédé récemment. Depuis que nous avons commencé ce groupe, nous nous sommes dit qu’un jour nous sortirions un album avec pour titre Myrath. Legacy, c’est ce que cela signifie ! Il ne s’agit pas non plus d’un retour aux sources, car nous avons toujours fait pareil, à savoir mélanger le metal et la musique traditionnelle tunisienne. Je parle de musique traditionnelle tunisienne et non de musique orientale car en Tunisie, il y a vraiment mélange de musique berbère, amazighe. Ce n’est pas seulement la gamme mineure classique. On trouve des enrichissements de la musique Malouf qui provient du sud de l’Espagne et intègre des éléments de la musique andalouse. Dans la musique tunisienne, on a également intégré les gammes du Moyen-Orient et de l’Empire ottoman. C’est un mélange très riche. Si tu vas au Liban ou en Egypte tu n’auras pas cette diversité au sein de la musique traditionnelle.

A ce propos, quelle est la place accordée au metal en Tunisie, et quel groupe tunisien nous conseillerais-tu d’écouter ?

Il y a Nawather qui est un très bon groupe tunisien récent. Notre ancien batteur joue avec eux, et nous leur souhaitons réussite et bonheur. Ils sont en train de marcher sur les pas de Myrath, mais en plus extrème car ils mélangent du death et du black metal avec de la musique traditionnelle. Ils ont également une voix féminine à leurs côtés. J’espère qu’ils auront le même parcours que nous et la même chance que nous avons eu en travaillant avec Kevin Codfert (leur producteur et claviériste d’Adagio NDLR).

Justement en parlant de Kevin, on le voit intervenir dans votre clip pour Believer. Quelle est sa place aujourd’hui en sein de Myrath ?

Kevin est notre producteur, mais il est également un frère, un père et un protecteur. Il fait partie de la famille Myrath, au même titre que Nidhal, notre photographe et Perrine qui a fait l’artwork de l’album. C’est une famille. Avec Kevin, les choses ont commencé à l’amphithéâtre de Carthage avec Adagio. On ouvrait pour Robert Plant & Sensational Band. Et depuis, Kevin a fini par devenir notre producteur et notre ami. C’est lui qui tranche et nous aide à prendre nos décisions. Il est comme notre boussole (rires).

Pour le clip de Believer, vous avez eu recours au crowdfunding pour donner naissance à cette vidéo, qui évoque l’univers du jeu Prince of Persia. C’était un hommage de votre part ?

On a voulu faire quelque chose de fantastico-médiéval oriental. Et puisque je suis fan de Prince of Persia et Assassin’s Creed, je me suis dit qu’on pouvait mélanger les deux (rires). Le réalisateur a su comprendre ce que nous avions en tête. Mais il fallait des moyens. Ce n’est pas un grand clip, mais comme nous sommes un petit groupe, pour nous c’était queleque chose d’énorme. Nous savons où est notre place et nous gardons les pieds sur terre. Le crowdfunding avait pour but premier de payer la post-production, qui nous a couté le plus cher. On remercie tous nos fans qui sont co-producteurs du clip. On a apprécié l’amour qu’ils nous ont témoigné, ce qui se traduit par ce résultat. Cela nous fait chaud au cœur. C’est la même chose sur la tournée, lorsque l’on voit le soutien du public, qui vient acheter nos vêtements et nos CDs au merch. On se sent suivis et soutenus, même par les fans de Symphony X.

Myrath va fêter ses quinze ans cette année, même si tu n’as rejoint le groupe qu’en 2007. As-tu un moment particulier qui t’a marqué ?

Je crois que malgré les quinze ans de carrière, nous n’en sommes encore qu’au début. On est encore jeunes, la moyenne d’âge dans le groupe est de 29 ou 30 ans. On est encore plein d’espoir. L’espoir et la paix sont nos axes. On est aujourd’hui un groupe tunisien, même si on se considère franco-tunisien. D’ailleurs, je voudrai en profiter pour remercier l’ambassadeur de France en Tunisie qui nous a aidés dans l’obtention des visas sur cette tournée. Concernant la carrière de Myrath, tout est parti très vite et je ne me rends pas compte que cela fait déjà 15 ans. Pour les moments importants, la tournée avec Orphaned Land m’a vraiment marqué. Lorsque l’on s’est quitté, nous avions tous les larmes aux yeux, comme des gamins. On est resté en contact avec eux et ils nous font part de leurs remarques sur nos albums. On a adoré également ouvrir à Arles pour Dream Theater. Dans le style, ils sont les meilleurs et c’était vraiment un moment fort. Avoir parlé avec Mangini (Mike Mangini, batteur de Dream Theater NDLR), à la sortie de la scène, c’était génial, surtout qu’il nous a dit avoir adoré notre set. A la fin du concert, Jordan Rudess ne comptait pas partir sans nous dire au revoir et nous saluer. Ça fait chaud au cœur. C’était comme se retrouver dans un rêve.

Tu mentionnais Orphaned Land. Justement, vous avez été souvent comparés à eux. Aujourd’hui, cela te flatte-t-il ou au contraire, est-ce que cela t’agace ?

Non, cela ne m’agace pas, au contraire. Ce sont les pionniers de l’oriental metal. Quand j’ai commencé à écouter du metal, ils étaient parmi les premiers groupes que j’aimais. Lorsque l’on écoutait des cassettes audios dans la voiture de mon cousin, c’était Orphaned Land ! (rires). On fait du metal oriental, on a essayé d’apporter quelque chose de nouveau dans ce style avec des sonorités qui changeaient, quelque chose d’exotique, avec des quarts de temps, des arrangements qui plaisent. Mais ça reste influencé par Orphaned Land. Ce sont nos amis et si les gens nous comparent à eux, il n’y a pas de soucis !

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Je sais qu’Arjen Lucassen d’ Ayreon apprécie particulièrement ta voix. Te verrais-tu dans le futur participer à un projet d’opéra metal ?

Je suis ouvert à toutes propositions ! (rires). Tu sais, j’ai fait des choses très variées, puisque j’ai même participé à la Star Academy au Liban, je chante dans un groupe de reprises en Tunisie, je chante du pop-rock, j’aime toucher à tout. J’adore aussi chanter de la bonne variété française, mais juste la bonne ! (rires) Donc oui bien sûr, si ça me plait ! (rires). Pour Ayreon, ça serait un honneur, tout comme pour Avantasia, mais pas pour le côté célébrité, uniquement pour l’expérience ! (rires)

As-tu un dernier mot pour nos lecteur de La Grosse Radio ?

Merci à toi et La Grosse Radio, qui est toujours derrière Myrath. C’est un vrai soutien pour nous. Je salue tous les lecteurs de la Grosse Radio et ceux qui sont fans de Myrath. N’ayez crainte, nous ferons tout pour ne jamais vous décevoir !

Merci à Roger de Base Prod qui a permis à cet entretien d’avoir lieu.
Interview réalisée à Paris le 23 février 2016. Merci à Karnogal, Ju de Melon et Jef delalune pour l’aide lors de la préparation de l’interview.

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