Sabaton (+ Alestorm & Bloodbound) au Rocher de Palmer de Cenon (23.02.2016)

C'est le mois du métal à Bordeaux ! Une suite d'artistes se succède en Gironde pendant quelques jours, avec en suivant Machine Head, TesseracT, Symphony X, et bien sûr la tournée de Sabaton. Chaque date a eu son petit succès, et c'est une longue file d'attente qui se forme devant le Rocher de Palmer, même si le concert n'est (presque) pas complet. Plus étonnant, c'est Alestorm le plus représenté parmi les fans avec de nombreux t-shirts, déguisements et maquillages, malgré un statut de première partie (de luxe il est vrai). Au final, une belle affiche qui épargne Paris au profit de la province, pour une fois…

 

Bloodbound

 


La grande scène est donc ornée de plusieurs backdrops aux couleurs d’un Satan pas vraiment effrayant (plutôt répugnant d’ailleurs) dans les tons vert fluorescent. Grande scène mais tout de même beaucoup de matériel pour les 3 groupes, la batterie de Bloodbound se retrouve coincée à l’extrême gauche de la scène, bien à l’écart du reste du groupe qui se présente.
 


Bloodbound nous propose un heavy moderne ultra classique, que l’on pourrait rapprocher d’Hammerfall tellement les codes sont identiques. La voix du chanteur est à s’y méprendre, et beaucoup de riffs des titres mid-tempos et speeds du groupe peuvent se retrouver aisément sur n’importe quel album de heavy metal des vingts dernières années. Que dire également des paroles, avec beaucoup de "Rise your fist !'’ et de '‘Bang your head !’', sans oublier que le metal ne mourra jamais, c’est déjà vu et re-vu depuis longtemps les gars !
 


Il est à noter que le contact avec le public est bon, les morceaux bien interprétés, le son est correct, et les petites cornes sur le crâne glabre du chanteur font sourire. Le groupe est heureux de jouer pour la première fois en Aquitaine, et promet de revenir pour leur prochaine tournée. Le public répond poliment présent aux relances du chanteur, s’économisant pour la suite du show qui promet d’être beaucoup plus mouvementée…

 

Setlist :
Iron Throne
In the Name of Metal
Metalheads Unite
Moria
When All Lights Fail
Stormborn
Nosferatu

 

 

Alestorm


Un peu de place se libère sur scène pour faire place à un tout autre registre. Au revoir Satan, bonjour aux canards ! Le même backdrop qu’au Hellfest (celui avec les bananes à tête de canard) est présent, un distributeur de vodka, whisky et autres joyeusetés placé devant la batterie (dont les peaux de grosse caisse sont des pubs de fast food), sans oublier le canard gonflable jaune de près de deux mètres posé près du clavier… Le ton est donné avant même l’arrivée des écossais !
 


Et le sérieux n’est toujours pas au programme des prestations d’Alestorm, dans le très bon sens du terme. La bande à Chris Bowes accourt sur scène, équipée de t-shirts chiens ultra kitsch, dans le même style que Camille de l’émission Les Tutos (salut bande de s… !). Chris mènerait au coma une certaine Christina C. avec son kilt et sa casquette de basketteur très bien assortis… Bref, le bon goût toujours au rendez-vous.
 


Dire qu’Alestorm était attendu est une évidence, tant le public s’est métamorphosé. Dès les premières notes de l’intro techno ringarde, la foule se compresse, hurle et acclame pour se déchainer dès le premier titre, l’éternel et festif Keelhauled. Tout le set sera prétexte à une grosse fête dans la fosse ou il se passe un peu n’importe quoi, comme des requins gonflables qui arrivent jusque sur la scène (quelques uns arriveront même à monter sur ces requins portés par la foule... Chris n’avait jamais vu ça, et nous non plus d’ailleurs !), des accolades géantes dans les premiers rangs ou encore une bonne moitié de la salle qui s’assoit lors de "Nancy the Tavern Wench"…
 


Sur scène, nos joyeux pirates font le show malgré un son loin d’être parfait. L’ambiance passe largement au dessus de la technique (et des quelques pains), le côté festif et comique des morceaux faisant le gros du travail. Non pas que le groupe n’assure pas, mais entre les refrains trop hauts pour Chris, les parties clavier un peu brouillonnes et bien trop fortes, les quelques loupés à la guitare de Máté Bodor (il y a du mieux depuis le Hellfest quand même), un spectateur tatillon pourrait se poser des questions… Mais pas le public bordelais, et il a bien raison. La puissance des morceaux reste très bien restituée, retournant la fosse à la moindre accélération.
 


Les titres choisis vont à l’essentiel pour un set de 45 minutes, avec quelques morceaux en plus tirés du dernier album, y compris la reprise de Taio Cruz "Hangover" qui en a surpris plus d’un en live ! Après quelques blagues et beaucoup d’échanges avec le public, "1741 (Battle of Cartagena)" vient clôturer le set qui a filé à vive allure.
 


On aimerait vraiment voir Alestorm en tête d’affiche hors de Paris, idée qui se défend vu le nombre de fans rassemblés à Bordeaux pour eux ce soir là. A surveiller pour leur prochain album, mais en attendant, les pas en rythme d’une armée se font entendre…

Setlist :
Keelhauled
Over the Seas
Magnetic North
Shipwrecked
Nancy the Tavern Wench
Walk the Plank
The Sunk'n Norwegian
Drink
Hangover (reprise de Taio Cruz)
1741 (The Battle of Cartagena)

 

 

Sabaton


En deux tournées distinctes pour l’album Heroes, Sabaton aura couvert une belle partie de la France. Après un passage à Toulouse il y a quelques mois, le gros char de combat (support de la batterie, caché sous un drap de camouflage) et les munitions décoratives des suédois prennent maintenant place à Bordeaux, devant un parterre de soldats prêts au combat. L’intro reste "Final Countdown" d’Europe, immédiatement suivie de "The March to War", ou les phares du char s’allument dans la pénombre…


Nos vaillants nordiques arrivent en courant, treillis assortis avec les guitares, avec le très bon opener "Ghost Division" et sa rythmique très marquée. Joakim Brodén ferme la marche, en grand écart sur les retours, coupe courte, Ray-Ban et veste plaquée acier comme toujours. Tout le groupe semble en forme, court, saute, headbangue autant qu’il le peut devant un public acquis à sa cause…
 


Sur scène sont également placés quatre pieds de micros en plus de celui de Joakim, permettant à chacun de pouvoir bouger un peu partout sans devoir vite courir à sa place pour faire les choeurs. Et les choeurs ont été vraiment développés par le groupe, car nombreux seront les moments ou tout le monde donne de la voix (le pont de "Resist and Bite" ou le refrain de "Carolus Rex" rendent vraiment bien en live grâce à cela).
 


L'aspect visuel est également travaillé bien sûr, car outre le décor et le visuel de l’album Heroes en fond, les pieds de micro sont ornés de casques et de mitrailleuses, sans omettre les nombreux médiators qui seront distribués. Le light show est superbe, très énergique et coordonné au moindre accord de guitare. Le son est plutôt bon, aéré, chacun ayant sa place, constat souvent identique pour les têtes d’affiche dans cette salle.
 


Sabaton a préparé son show au millimètre avec beaucoup d’interactions avec le public, et quelques petits passages comiques plus ou moins prévus. Si le moment ou Joakim se fait virer de scène par son guitariste (et qui propose de jouer "Gott Mit Uns" sans lui et en suédois, belle réussite d’ailleurs) est bien entendu prévu depuis longtemps, les paris d’imitation lancés par quelques fans font plaisir à voir tant le groupe se prête au jeu (ou Joakim devra donner ses lunettes, l’imitation d’une chèvre gay ayant été parfaite il faut le reconnaître…). L’accueil réservé par les bordelais est à la hauteur, avec des poings levés, des refrains chantés par coeur, des slams de partout, et un tonnerre d’applaudissements coupant la parole à un Joakim joyeux d’un tel engouement.
 


La setlist propose cinq titres de Heroes, des classiques ("Primo Victoria", "Carolus Rex", "Swedish Pagans") et quelques perles ("Wolfpack", "The Lion From the North" ou "Midway") histoire de se renouveler. Peu de surprise dans l’interprétation des titres, si ce n’est la bonne ambiance générale : et que je désaccorde ta guitare, et je te prends ta place, et si on jouait à cache-cache sur le tank aussi ?
Amusant aussi lorsque Thobbe Englund se retrouve seul sur scène essayant une petite reprise (différente chaque soir) à la guitare, puis tente de la siffler pour finir par annoncer "To Hell and Back"… La cohésion tant musicale que scénique est parfaite et on passe un très bon moment en compagnie de ce petit régiment.
 


Les rappels ne durent pas bien longtemps devant l’insistance du public girondin et "Night Witches", "Primo Victoria" et "Metal Crüe" viennent terminer le travail. Sabaton quitte la scène après de nombreux remerciements et la promesse de revenir à Bordeaux, distribuant au passage médiators, peaux et baguettes de batterie. Bien aidés par Alestorm pour remplir la salle, Sabaton aura réussi son tour de France et son étape au Rocher de Palmer aura été une belle expérience à renouveler très vite (au Download cet été pour les chanceux), et avec un nouvel album aussi bon qu’Heroes bien sûr.

Setlist :
The Final Countdown
The March to War
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Ghost Division
Far from the Fame
Uprising
Midway
Gott Mit Uns (et suédois et sans Joakim Brodén)
Resist and Bite
Wolfpack
The Lion From the North
Carolus Rex
Swedish Pagans
Soldier of 3 Armies
Attero Dominatus
The Art of War
Always Look on the Bright Side of Life (reprise des Monty Python en intermède)
To Hell and Back

Rappels :
Night Witches
Primo Victoria
Metal Crüe
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Masters of the World

Crédit photo: Julie Warnier Draksmoon
Utilisation interdite sans accord du photographe

 


 



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