Symphony X (+ Myrath + Melted Space) au CCO de Villeurbanne (04.03.2016)


Un CCO de Villeurbanne annoncé sold-out pour une soirée multiculturelle. On retrouvait tout d'abord le metal opera des Troyens de Melted Space, puis les franco-tunisiens de Myrath et leur power prog oriental envoûtant, et enfin l'incroyable power prog symphonique de Symphony X.

 

Melted Space
 

Les français venus défendre leur album, The Great Lie, attaquent leur set à 20h pétantes devant une salle déjà bien remplie puisque la quasi-totalité du public était déjà devant le CCO avant même l'ouverture des portes. On se retrouve avec six artistes, sur une scène déjà très réduite par tout le matériel des deux groupes suivants. Autant dire que la mobilité est assez réduite, alors quand les deux autres chanteuses se rajoutent à la liste en plein milieu du premier morceau, ça devient un peu compliqué.

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C'est un jeu de slalom entre les instruments qui démarre pour les quatre chanteurs. Oui, les quatre chanteurs. La particularité du combo troyens est que le chant est partagé en plusieurs styles différents. Pour commencer, nous avons les deux chanteurs principaux, l'un s'occupant du chant clair et l'autre du chant guttural, même si ils varient de temps en temps en inversant les rôles. Puis les deux chanteuses privilégiant un style plutôt symphonique et les choeurs

Melted Space, c'est le premier Opera Metal créé en France. Pierre Le Pape, pianiste, compositeur et fondateur du groupe, raconte de nombreuses histoires à travers sa musique. Il abordera des thèmes comme la musique en elle même, les films, la mythologie etc. Sur scène, ça donne une prestation musicale intéressante avec un puissant power metal et ses quelques touches de black ou de death. L'aspect symphonique, avec les deux chanteuses, vient donner encore plus de cœur à la musique. Sur le côté droit de la salle, le son n'est pas fameux malgré le bon Mesa Boogie du guitariste.

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En se déplaçant plus au centre de la salle, on distingue un peu mieux l'ampleur que peut dégager la création de Pierre Le Pape avec un bon son. Le set, d'environ six chansons, reste néanmoins brouillon et la taille de la scène pour un si gros collectif n'aide sûrement pas. A voir ce que donne ce projet fort intéressant sur le papier, sur une plus grosse scène.


Myrath


Les franco-tunisiens étaient assez attendus par une majorité de personnes dans la salle. On aura vu quelques fans arborer leurs plus beaux t-shirts à l'effigie du groupe. Myrath vient de sortir un quatrième album, Legacy, (ndlr : cinquième, si l'on compte Double Face, sorti uniquement en Tunisie) qui a fortement tapé dans l'oeil et dans l'oreille de la rédaction de La Grosse Radio.

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Le set démarre sur l'intro de ce nouvel album, «Jasmin», pour enchaîner directement sur «Storm of Lies», qui se trouve être la toute dernière chanson de l'album. Alors on commence par la fin, pour revenir au début avec «Get Your Freedom Back» et «Believer», le single sorti il y a quelques semaines et qui a fait très forte impression auprès du public. Des riffs accrocheurs, des solos envoûtants,  le chant simple et super efficace de Zaher Zorgati, l'incroyable basse d'Anis Jouini et toutes ces sonorités orientales tout droit sorties du clavier d'Elyes Bouchoucha. Un immense bonheur auditif tout droit venu de Tunisie, mais pas que ! Zaher ne manque pas de nous rappeler que leur batteur, Morgan Berthet, qui a officié avec plusieurs gros noms français, est originaire de Lyon même ! Il les avait prévenus que le public lyonnais était bon, Myrath n'a pas du être déçu. «Wide Shut» et «Merciless Time» sont les deux seuls représentants de l'album Tales of the Sands sorti en 2011.

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Juste avant «Nobody's Lives», Zaher dédiera le titre au public, mais surtout à un ami du groupe, malade qui se trouve à l'hôpital. Signification particulière pour cette chanson, qui débute avec sa mélodie typée orientale, et sa rythmique si progressive pendant le break.

Outre l'excellent set de Myrath ce soir, avec ses riffs de guitares aux rythmiques orientales saisissantes et ses solos bien léchés, son clavier qui porte toute l'âme orientale du groupe... Il faut quand même relever la prestation exceptionnelle d'Anis Jouini derrière sa basse. Une performance comme on en voit rarement en live, cette façon d'attaquer ses cordes avec quatre doigts, et ces suites de notes qui collent parfaitement aux morceaux. Même le passage solo en slap sur «Get Your Freedom Back» avec ce son clair et claquant. Enfin, grosse démonstration de sa part, on ne peut que saluer le talent de cet homme.

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Les très sympathiques Myrath terminent donc leur set, beaucoup trop court, sur «Merciless Time» et a prouvé ce soir, qu'il a l'étoffe pour jouer dans les plus grandes salles dans très peu de temps.
 

Symphony X 
 

Jeux de lumières rouges telles des gyrophares, petite intro pratiquement religieuse, le grand jeu est sorti. Pas de doutes les progeux américains sont bien venus pour casser la baraque. Le set de Symphony X démarre sur «Nevermore» et ses riffs assassins. Ce génie de Michael Romeo a bien décidé de nous en mettre plein les oreilles directement. Malheureusement le son n'est pas réglé au mieux pour ce début de live. Ayant affaire à des professionnels, le problème est vite réglé et nous pourrons pleinement apprécier l'incroyable show qui s'annonce.

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Le charismatique Russell Allen, lunettes de soleil sur le nez, est parfaitement en voix ce soir. La maîtrise de son chant vient sublimer la performance du groupe dès les premières chansons. Encore de gros riffs qui arrivent avec «Underworld». La lourde et claquante basse de Michael Lepond et le jeu de batterie agressif et puissant de Jason Rullo alourdissent considérablement la musique du groupe. Russell Allen monte dans les aigus, puis redescend dans les graves aussi facilement que lorsqu'on dézippe une veste. Assez impressionnant d'assister à une telle performance vocale en live. Duo de solos claviers / guitare pour bien terminer le morceau, Michael Pinnella peut montrer qu'il est tout aussi virtuose que son homonyme guitaristique.

Le dernier album du groupe, Uderworld, sorti en 2015 est joué dans sa intégralité ce soir. Mis à part «Kiss of Fire» et «Without You» qui sont inversées, et «Legend» qui est jouée en toute fin de set, l'album est joué dans l'ordre. Inverser ces deux chansons est d'ailleurs une bonne idée, car après avoir enchaîné trois titres violents, rapides, épuisants, aux solos de folie, le groupe ainsi que le public peut se poser quelques minutes avec la magnifique «Without You». Sympathique ballade, qui n'est pas en reste du côté progressif de Symphony X et qui accélère forcément par moments avec, toujours, l'excellent riffing de Romeo.

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Moment émotion terminé, on repart dans la violence avec «Charon», bizarrement similaire à ce qu'a proposé Myrath plus tôt dans la soirée. Quand ce dernier nous confie que Symphony X sont leurs idoles, cela prend tout son sens pendant cette chanson. Des airs quasiment orientaux, un chant presque symphonique, des riffs secs, un excellent jeu de basse. Pas de doutes, Symphony X sont encore les maîtres dans le domaine.

Russell Allen débarque sur scène caché derrière un masque noir et blanc, c'est  au tour de «To Hell And Back» et de ses presque dix minutes, de venir faire ses preuves. Allen est encore plus impressionnant avec son masque, qui changera pour un masque rouge et noir en deuxième partie du morceau. L'ambiance pesante de «In My Darkest Hour» envahit la salle, charmée par les hallucinants solos de guitare de Michael Romeo.

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La moitié du concert est déjà passée, mon dieu que c'est rapide, sûrement le signe d'un show d'une immense qualité. Un son parfait, des artistes fort sympathiques, un Michael Lepond souriant au possible. Cette bonne humeur est contagieuse, le live est encore plus appréciable. Le groupe enchaîne «Run With The Devil» puis «Swan Song» pour arriver au monstrueux «The Death of Balance / Lacrymosa», qui sera débuté sur l'air de la BO de Star Wars. Le morceau est bien entendu différent de l'original, solos de guitare et de batterie y sont rajoutés, quelle claque. Symphony X fait le spectacle et aura réchauffé une audience mouillée jusqu'aux os à cause de la forte pluie, lors de l'attente de l'ouverture des portes de la salle.

«Sea of Lies» qui démarre sur cette intro à la basse de Lepond, puis cette lourdeur rythmique par la suite et les solos de Romeo puis de Pinnella, ce sont de grands moments que nous vivons ce soir au CCO de Villeurbanne. Le set d'avant rappel se termine sur ce bijou progressif.
Parlons-en du rappel justement, Symphony X aime se faire désirer et laisse le public en attente pendant plusieurs grosses minutes avant de revenir sur scène. Ils jouent deux morceaux, «Set The World On Fire (The Lie of Lies)» puis «Legend», durant lesquels chaque membre du groupe prend un grand plaisir à se livrer à de belles démonstrations avec leurs instruments.

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Russell Allen aura aussi fait monter un petit bonhomme sur scène pendant le rappel, lorsqu'il parlait de la grande famille que les fans de Symphony X formaient. Allen lui demande s'il joue d'un instrument, sûrement en oubliant qu'a cet âge on ne parle pas forcément Anglais chez nous, mais peu importe. Le geste est franchement sympathique, le jeune garçon repartira avec un mediator remis en main propre par Romeo, et un sourire jusqu'aux oreilles.

Sounds Like Hell Productions signe encore de sa patte une délicieuse soirée musicale à Lyon. Merci à eux pour cette somptueuse affiche, puis d'avoir encore organisé, d'une main de maître, une superbe soirée pour tout amateur de musique Lyonnais. 

Merci à Emilie GARCIN pour ses superbes photos. 
Photograpies : © 2016 Emilie GARCIN
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe.

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