Textures (+ Unvenen Structure & Novelists) au Divan du Monde (26.02.2016)

Textures fracture Paris

 

Un concert de Textures est toujours un évènement pour les amateurs de metal biscornu, parce que les hollandais sont des monstres sur scène. Cela avait d’ailleurs été confirmé une nouvelle fois lors de leur dernier passage à Paris, pour la tournée fêtant les dix ans de leur premier album Polars. Avec un très bon nouvel album sous le coude, on pouvait présumer que Textures resterait sur le chemin de la réussite. Voyons en quoi c’est exactement ce qui s’est passé.

 

Novelists
 


En guise d’apéritif, on nous servait le jeune groupe parisien Novelists, qui a pourtant réussi à faire assez parler de lui pour obtenir une signature chez le mastodonte Nuclear Blast. Une bonne raison de redoubler d’attention pendant l’écoute. Sans surprise, on entend des instrumentistes chevronnés à tous les postes, particulièrement à la batterie. A votre avis, qu’est-ce que ça joue ? Du djent, bien évidemment ! Et si les  compositions ne sont pas d’une originalité qui saute aux yeux, elles ont le mérite de bien sonner, et de comporter un taux de riffs groovy très respectable, le tout rappellant franchement Periphery.

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C’est plus au niveau de chant que le bât blesse. Le vocaliste fait tout son possible pour faire chauffer le public, et il s’en sort plutôt bien, mais dès qu’il s’agit de faire autre chose que hurler dans son micro, c’est moins glorieux. En effet, si son chant clair rappelle celui de Spencer Sotello, la justesse n’est clairement pas au rendez-vous, d’autant plus que celui-ci s’appuie régulièrement sur des samples. Cette pratique est devenu un standard dans le milieu du metal progressif moderne, et c’est on ne peut plus décevant : à quoi bon vouloir reproduire exactement l’album si on n’a pas les musiciens pour le faire en concert ? Cela rend la performance creuse et un peu triste à écouter. Dommage, parce que l’instrumental révèle un potentiel certain, nettement plus intéressant de cette imposture qu’est Monuments. Affaire à suivre.

 

Uneven Structure

Ah, ils se font attendre avec leur deuxième album, Uneven Structure. Toujours est-il que ce soir, ils étaient là pour rendre l’attente moins difficile en nous en jouant quelques extraits. Au moment où le concert débute, on se rend compte que ce n’est pas Jean Ferry derrière les fûts, mais Arnaud Verrier, un batteur qu’on a notamment vu jouer avec Kadinja. Par ailleurs, le groupe est en effectif réduit, puisqu’il n’y a que deux guitaristes sur scène au lieu de trois. Ce manque n’handicape pas Uneven Structure pour autant, car les compositions de Februus sonnent toujours aussi bien, si ce n’est mieux que par le passé ! C’est un réel plaisir d’entendre à nouveau cette musique en concert, qui nous rappelle qu’il est possible de faire du djent tout en ayant sa propre identité musicale.

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Au chant, Mathieu Romarin est toujours aussi présent, même si le chant clair aurait pu être plus mis en avant dans le mix, alors que les basses sont beaucoup trop fortes. La tension monte d’un cran lorsque le groupe joue des morceaux de La Partition, et le résultat est plutôt surprenant. Musicalement, ils s’éloignent franchement des riffs agressifs et directs de Februus pour quelque chose de plus aventureux. On sent qu’il y a beaucoup plus de maturité dans les compositions, avec des arrangements élaborés, tout en gardant cette touche aérienne si caractéristique d’Uneven Structure. Difficile d’en dire plus car ces chansons sont on ne peut plus denses, mais cette découverte sur scène ne présage que du bon pour l’album, dont la date de sortie n’est toujours pas connue à ce jour. Avec un nouveau batteur en tout point impressionnant, Uneven Structure aura prouvé qu’il faut garder un œil sur eux.

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Textures

La formation hollandaise débute son concert avec « One Eye for a Thousand »,  un choix qui n’est pas des plus évidents mais qui a le mérite de surprendre. D’emblée, le son est excellent, et les musiciens ont l’air d’être en bonne forme : le carnage peut commencer. Textures va ensuite enchaîner avec une sélection des meilleurs titre du nouvel album Phenotype comme « Shaping a Single Grain of Sand » ou « Oceans Collide » avec des classiques d’une efficacité redoutable que sont « Swandive », « Awake » ou encore « Reaching Home ».

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Dans la fosse, c’est le boxon, et les riffs joués par l’incroyable paire de guitaristes constituées par Bart et Joe n’y est pas pour rien. Joe continue d’ailleurs d’impressionner à la fois en rythmique comme en solo, où il en profite d’ailleurs pour faire des ajouts aux versions studio. Stef Broks, véritable horloge atomique, explose ses fûts pendant que Daniel de Jongh assure une performance impeccable au chant clair comme hurlé, même s’il montre de petites faiblesses dans les passages les plus aigus.
 

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Difficile de ne pas dire que les nouveaux morceaux ne s’intègrent pas parfaitement dans le set. Ils montrent une continuité dans l’évolution de la musique de Textures, et l’enthousiasme du public révèle le très bon accueil de Phenotype auprès des fans. Un des moments les plus remarquables du concert restera, comme sur l’album, le doublon « Zman » / « Timeless », qui laisse enfin au claviériste Uri un créneau digne de ce nom pour s’exprimer et souligner ses apports non négligeables à ce cru 2016.
 

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Ce concert sans fautes aurait pu se terminer là, mais c’était sans compter un rappel sans répit, avec les deux premiers titres de Drawing Circles pour les nostalgiques. Ca swing, ça valse et ça slamme à n’en plus finir, on se croirait à un concert de thrash ! Et c’est évidemment sur « Laments of an Icarus » que Textures porte le coup de grâce à la capitale de son pays d’adoption. Car, il ne faut pas l’oublier, c’est bien le label français Listenable Records qui a révélé cette perle, probablement un des meilleurs groupes de live de la scène metal actuellement.

setlist :

One Eye for a Thousand
Oceans Collide
Old Days Born Anew
New Horizons
Shaping a Single Grain of Sand
Swandive
Reaching Home
Illuminate the Trail
Awake
Zman
Timeless
-----------
Drive
Regenesis
Singularity
Laments of an Icarus

Photos :  Nidhal Marzouk / © 2016 nidhal-marzouk.com
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe

 

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