Mastodon (+ Red Fang) au Bataclan (20.01.2012)

Le Bataclan, terre de chasse pour Mastodon
 

Après la sortie de The Hunter, petit dernier de Mastodon acclamé par la critique, le groupe était très attendu sur la tournée. C’est donc un Bataclan plein comme un œuf qui est prêt à acclamer les américains pour un set riche et compact. Pour les accompagner, un groupe de stoner, Red Fang de l’Oregon, pour une soirée riche en riffs gras et en mélodies bien américaines.

Red Fang

C’est devant une foule déjà bien compacte que les américains de Red Fang vont pouvoir défendre leur répertoire. Avec leurs compos typiquement stoner, ils ne sont pas sans rappeler leurs compatriotes de Clutch, qui avaient également joué au Bataclan en novembre 2011, en première partie de Volbeat. Cette fois-ci, le groupe sera plus chanceux en termes de son.

Au programme, morceaux plutôt lents, riffs mélodiques accrocheur, basse bien mise en avant et batterie énergique. Côté chant, les duos de d’Aaron Beam et Bryan Giles ne sont pas sans rappeler le célèbre couple Gibbons/Hill de ZZ Top, avec une alternance entre une voix de fumeur (Bryan Giles) et une voix plus claire (Aaron Beam). Si ce ne sont pas des monstres technique, leurs différentes interprétations se prêtent bien aux compos. Un autre duo bien réjouissant est celui des guitaristes, Bryan Giles et David Sullivan, qui alternent les leads et arrivent à faire parler leur instrument au public présent.

La foule venue en masse pour Mastodon a bien pris du plaisir à l’écoute des quatre cowboys de Portland. Après une entrée en matière très calme, le public se réveillera petit à petit et multipliera les applaudissements nourris et les ferventes acclamations. Le plaisir s’est ressenti des deux côtés de la barrière, puisque les membres semblaient en transe pendant qu’ils jouaient, et se montraient assez spontanés entre les chansons, en demandant des traductions de certains mots en français entre deux « merci ».

Si le style qui pratique n’est pas des plus originaux, Red Fang est arrivé, en 45 minutes, à convaincre un public qui ne savait pas forcément à quoi s’attendre, et sans en faire des caisses.

Red Fang

Setlist :

Hank Is Dead
Throw Up
Malverde
Wires
Into the Eye
Sharks
Prehistoric Dog

MASTODON

Après une bien belle entrée en matière de leurs amis Red Fang, c’est sous un tonnerre d’applaudissements que Brann, Brent, Troy et Bill entrent en scène. Avec un backdrop à l’effigie de la pochette de The Hunter et une batterie à l’honneur de Randy Rhoads, Mastodon est paré pour 1h30 de très gros son.

Une fois n’est pas coutume, c’est la voix de Brann Dailor, le batteur, qui est mise à l’honneur pour le premier titre, « Dry Bone Valley ». On remarque que le groupe bénéficie d’un bon son et d’un mix des voix honorable, ce qui est fort appréciable pour un groupe porté par trois voix lead et de nombreux chœurs, soutenus par le guitariste rythmique Bill Kelher. Malheureusement pour lui, il a perdu à la courte paille pour le mix des instruments. En effet, si la guitare de Brent était mise à l’honneur, tout comme la basse de Troy était omniprésente, la guitare de Bill semblait parfois un peu perdue dans les limbes du mix.

Brent

Concernant la performance musicale, peu de reproches sont à faire aux mastodontes. Les chansons sont bien exécutées dans leur ensemble. Brann Dailor est toujours aussi impressionnant de virtuosité à la batterie, Brent Hinds ressort ses solos de manière tout à fait convaincante, et ce n’est pas son pied cassé qui le gène pour bien jouer. A la rythmique, malgré les problèmes de mix de Bill, il arrive, avec Troy, à retranscrire la lourdeur du son de Mastodon sans difficulté.

La setlist était assez conséquente. Sur les 23 titres joués, c’est évidemment The Hunter qui est mis en avant, avec entre autres le tube « Curl Of The Burl », l’épique « All The Heavy Lifting » et l’étrange « Creature Lives » en fin de set, sur laquelle s’inviteront les membres de Red Fang. Blood Mountain et Leviathan sont bien représentés aussi, avec les énergiques « Capillarian Crest » et « Iron Tusk ». Heureusement pour les fans, aucun album n’est oublié, même le premier, Remission, représenté par « March of the Fire Ants » et « Where Strides The Behemoth ». Acclamé par la critique, Crack The Skye est aussi bien présent pour les fans d’ambiances éthérées, en témoigne l’épique « Ghost Of Karelia ».

Si tous ces élements font tout pour un excellent concert sur le papier, il manquait néanmoins un petit quelque chose de magique à la prestation de Mastodon. Si le groupe semble s’être amélioré en live, avec une meilleure performance musicale et un lightshow très travaillé, les membres manquent un peu de personnalité. Très peu de communication avec le public et peu de charisme donnent un clivage entre les deux côté de la barrière. Le public, pourtant venu en masse, n’est d’ailleurs pas très réactif, ce qui fait un contraste avec la puissance dégagée par les compos.

Bill

Le succès commercial a suivi le succès critique, et a fait passer le groupe du Trabendo en 2009 au Bataclan en 2012. Cependant, nos quatre américains ont toujours une marge de progression avant d’atteindre l’excellence suprême en live. Toutefois, cette tournée est clairement un pas en avant dans l’aspect scénique du groupe, ce qui augure du meilleur pour la suite de Mastodon.

Setlist :

Dry Bone Valley
Black Tongue
Crystal Skull
I Am Ahab
Capillarian Crest
Colony of Birchmen
Megalodon
Thickening
Blasteroid
Sleeping Giant
Ghost of Karelia
All the Heavy Lifting
Spectrelight
Curl of the Burl
Bedazzled Fingernails
Circle of Cysquatch
Aqua Dementia
Crack the Skye
Where Strides the Behemoth
Iron Tusk
March of the Fire Ants
Blood and Thunder

Rappel :

Creature Lives

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Photos : © 2012 Nidhal Marzouk  / Yog Photography
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
 



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