Amorphis (+ Textures) au Petit Bain (26.03.2016)

Raise your phist


Après avoir silloné l’Europe aux côtés de Nightwish et Arch Enemy, Amorphis était de retour à la capitale pour promouvoir son dernier album Under The Red Cloud, qui avait mis tout le monde d’accord l’année dernière, du côté des fans comme des critiques. En leur companie, on retrouvait les hollandais de Textures, qui venaient eux-même de terminer leur tournée européenne en tête d’affiche. La formation évoluant dans un style radicalement différent d’Amorphis, on pouvait légitimement se demander si le mélange des genres allait fonctionner.

 

Textures
 


Cette tournée avec Amorphis avait quelque chose de providentiel pour les fans de Textures, car elle suivait d’à peine un mois leur propre passage à Paris, permettant aux plus gourmands d’en prendre une double ration. Ayant un set réduit, les bataves optent pour une valeur sûre en ouvrant leur concert avec le doublon « Drive » / « Regenesis », qui nous replonge non sans nostalgie à la belle époque de Drawing Circles. Comme à leur habitude, les musiciens sont mortellement précis et font preuve d’une envie communicative. Ce soir, on remarque particulièrement le batteur Stef Broks, qui se maintient décidément comme un des meilleurs batteurs de la scène metal actuelle, avec un jeu très technique mais pétri d’inventivité, toujours au service de la musique.
 

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Si l’ensemble des instrumentistes est brillant, ce n’est pas tout à fait le cas du chanteur Daniel de Jongh. Le bougre s’en sort très bien sur les grunts, mais dès qu’il s’agit de monter dans les aigüs en voix claire, aïe, aïe, aïe, tout fout le camp ! Le vocaliste parvient tout de même à sauver les meubles en interprétant dignement « Awake », ou l’excellent nouveau morceau « Illuminate The Trail ». De plus, si sa voix n’est pas complètement au rendez-vous, sa présence scénique et son envie d’en découdre ne font pas défaut.
 

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La réaction du public est très hétérogène. On en voit une petite partie qui semble complètement immergée dans la musique de Textures, alors que le reste de l’audience regarde stoïquement le concert sans faire le moindre mouvement. A en juger par les applaudissements, on peut tout de même deviner que les riffs de Textures ne sont pas sans effets ! Ces cinquante minutes passent décidément beaucoup trop vite, et nous arrivons déjà à la conclusion du concert. Textures enfonce le clou avec « Singularity » et « Laments of an Icarus » qui emportent tout sur leur passage à grand coup de riffs dantesques. Qu’on se le dise, les bataves sont en grande forme, et ils risquent de faire des ravages en festival cet été !

Setlist :

Drive
Regenesis
New Horizons
Shaping a Single Grain of Sand
Illuminate the Trail
Awake
Timeless
Singularity
Laments of an Icarus

 

Amorphis
 


C'est dans un Petit Bain plein comme un oeuf que le groupe finlandais commence son concert. Dès l'arrivée des musiciens sur scène, l'ambiance est fiévreuse. On peut d'ores et déjà apprécier la qualité artistique de leur bannière, qui n'est autre qu'une version grand format de la pochette du dernier album, dessinée par Valnoir. Les premiers morceaux du set révèlent un groupe très carré et professionnel, ne laissant rien au hasard dans la restitution de leur musique sur scène. Evidemment, tous les yeux sont tournés vers Tomi Joutsen, le charismatique chanteur d'Amorphis. Toujours armé de son étrange micro à trois branches, il a un growl excellent, qui se marie parfaitement avec la musique jouée. Sa voix claire est parfois un peu fragile sur les passages les plus exigeants, mais globalement, tout cela est plutôt solide.
 

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Dans la fosse, c'est le boxon. En ce samedi soir, on comprend bien que les fans d'Amorphis sont venus faire la fête. Une fois que les meilleurs titres de Under The Red Cloud ont été joués, on note une certaine baisse de tension, qui se manifeste à la fois musicalement et dans la prestation des musiciens. Scéniquement, tout, absolument tout repose sur Tomi Joutsen, tant et si bien qu'on a l'impression d'être a un concert d’un artiste solo. Ceci dit, le claviériste Santeri Kallio se fait tout de même remarquer avec quelques interventions de première qualité. Les titres s'enchaînent, et pour la plupart, se ressemblent un peu trop, sans compter que la communication avec le public est loin d’être pro-active. Heureusement, il y a tout de même des titres comme « Sky is Mine » pour secouer la fourmilière.
 

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Le public semble en tout cas passer un bon moment, dans la chaleur moite d’un Petit Bain rempli à ras bord. Ca se confirme lorsqu’Amorphis actionne son convecteur temporel pour retourner flirter du côté de Tales From the Thousand Lakes, chanté avec la contribution du vocaliste original du groupe Tomi Koivusaari. Bien que totalement différentes du style musical actuel de la formation, ces compositions passent parfaitement sur scène . Elles rappellent aussi à quel point Amorphis était dans l’air du temps à l’époque où le death suédois était sur toutes les lèvres.
 

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Le groupe se retire sous les vivats, mais nous savons tous qu’ils ont encore quelques tours dans leur besace, à commencer par le tube « Silver Bride » en rappel, qui reste une valeur sûre. Non, franchement, il faudrait être de mauvaise foi pour dire qu’Amorphis a fait un mauvais concert, car c’était bien joué ! Mais tout cela manquait d’un brin de spontanéité rock n’ roll. Un concert est un comme un combat, et il est dommage de voir un groupe monter sur scène en l’estimant gagné d’avance.

Setlist :

Under the Red Cloud
Sacrifice
Bad Blood
Sky Is Mine
The Wanderer
On Rich and Poor
Drowned Maid
Dark Path
The Four Wise Ones
Silent Waters
My Kantele
Hopeless Days
House of Sleep

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Death of a King
Silver Bride
The Smoke

Photos : Arnaud Dionisio / © 2016 Deviantart
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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