Caliban – I Am Nemesis

S’il est vrai qu’aucun album de Caliban n’a été un chef d’œuvre de bout en bout, I Am Nemesis (prévu pour le 6 Février 2012 en France) ne déroge pas à la règle, bien au contraire. Pourtant, Caliban nous avait habitué à des titres énergiques et un style quelque peu unique dans le vaste monde hétérogène du metalcore. Son prédécesseur, Say Hello To Tragedy, en est l’exemple parfait : malgré quelques chansons dispensables, quelques tueries relevaient clairement le niveau (« 24 Years », l’énorme « No One Is Safe », ou encore le plus sombre « Walk Like The Dead »).

Soyons clair : écouter I Am Nemesis, c’est un peu comme faire sa vaisselle de 3 semaines : on passe de crasses en crasses, nettoyant toujours les mêmes assiettes, et ça n’en fini pas. Cet album est lourd, répétitif, sans saveurs ni émotions, et particulièrement vide d’intérêt. Caliban tombe dans le conventionnel, le vu et revu.  Si le début de l’album étonne par les changements opérés par le groupe, ceux-ci deviennent très rapidement extrêmement négatifs : le retour incessant des refrains chantés en cœurs et des guitares mélodiques aux effets de reverb nauséeux rendent le tout répétitif et particulièrement indigeste avant même le milieu de l’album.

Caliban

Un seul titre sort du lot : « The Bogeyman »… Même si elle ne réinvente rien (la chanson rappelle notamment Winds Of Plague et ses passages agrémentés de synthés). Bien qu’on trouve quelques riffs sympathiques par-ci par-là, le reste est largement dispensable. On atteint des sommets de metalcore conformiste et aseptisé avec « No Tomorrow », où tous les éléments négatifs sont rassemblés en un refrain fade, accompagné d’un passage mélodeath digne des pires créations de Arch Enemy. « Broadcast To Damnation » subit le même sort : un refrain emorock mècheux à chœurs, et un couplet façon deathcore bas de gamme. Mais dans quelle cour veulent-ils jouer ?! Ce n’est pas en piquant le pire des deux styles qu’ils feront mouche. Alors on s’essaye à la douceur et au screamo avec « This Oath », mais une fois de plus, ce titre semble très long (malgré ses 3 minutes et 29 secondes), et n’apporte rien.

Et ce ne sont pas les paroles qui rattraperont la donne, connaissant les habitudes de Monsieur Andy Dörner. Si ce n’est ni la musique, ni les paroles, il n’y a plus rien pour rattraper ce disque. Si, la pochette éventuellement…? Allez, un point. C’est fort dommage car le frontman est réellement en pleine forme sur ce disque, nous livrant un chant puissant et haineux.

Caliban

S’il fallait à tout prix retenir le meilleur du mauvais, on choisirait peut-être la haine dégagée par un « Edge Of Black ». Mais non, toute cette haine bien placée est littéralement anéantie par un break electro nauséabond (mais, ceci dit, dans la vague actuelle du metalcore moderne, ou devrais-je dire emocore ?). « Davy Jones » ? Une fois encore, 30 secondes de plaisir (nuancé), pour 3min30 de rock gentillet combiné à du metalcore déjà vu des millions de fois, le tout construit maladroitement. Et toujours cette guitare affreuse…

Comment retenir quelque chose de bon dans cette soupe infâme ? Il y en a pourtant, avec « Deadly Dream » par exemple, plus somble, aux atmosphères plus intéressantes. Mais suivi d’un « Open Letter » au chant clair purement raté, aux riffs inintéressants, ces rares moments plus réussis sont des aiguilles dans une (grosse) botte de foin. On décroche très rapidement, et c’est tant mieux.

Après un Say Hello To Tragedy plutôt réussi, efficace et puissant, on pouvait espérer un très bon album des metalcoreux allemands. Malheureusement, il n’en est rien. I Am Nemesis est probablement le pire album du groupe depuis une dizaine d’années. Cependant ! Cet album plaira, c’est sûr, au public aseptisé et prêt à manger n’importe quoi, tant que la production et le gros bruit sont là. Le metal est-il tombé si bas…?

Caliban, ‘you’ve got to be fucking kidding us’.
 

3,5/10

Unna
 


Tracklist :

01. We Are The Many (feat. Marcus Bischoff (Heaven Shall Burn) and Mitch Lucker (Suicide Silence))
02. The Bogeyman
03. Memorial
04. No Tomorrow
05. Edge Of Black
06. Davy Jones
07. Deadly Dream
08. Open Letter
09. Dein R3.ich
10. Broadcast To Damnation
11. This Oath
12. Modern Warfare

 


 

NOTE DE L'AUTEUR : 4 / 10



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