Sixx:A.M. – Prayers for the Damned


 


"Prayers For The Damned (Vol.1) est peut-être bien la bombe 2016, qui ravira les amateurs de mélodies et de gros riffs"

"Prayers For The Damned (Vol.1) might be the 2016 bombshell to those who love heavy riffs and melodies."
 

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Depuis sa naissance en 2007, le groupe Sixx:A.M. a beaucoup été décrit comme le projet solo de Nikki Sixx. Toutefois, ce nouvel opus entend bien rappeler qu’on a affaire à un groupe à part entière, libéré du passif du bassiste au sein de Mötley Crüe : plus que jamais, on comprend le nom du combo, dont le A et le M représentent DJ Ashba et James Michael, ces derniers occupant une place tout aussi proéminente que leur légendaire comparse. Avec une fan base qui bourgeonne depuis une demi-décennie, Sixx:A.M. semble parti pour cristalliser son potentiel via ce nouvel opus, principalement grâce à un songwriting plus chiadé, une énergie débridée, et des thèmes prenants. Premier volet d’un double album en deux temps, ce Prayers For The Damned (Vol.1) est peut-être bien la bombe 2016, qui ravira les amateurs de mélodies et de gros riffs.

Dès les premières notes a capella de "Rise", le style écorché de Sixx:A.M. captive l’auditeur, avec ces choeurs désespérés criant "Rise !" par dessus une instrumentation efficace et bad-ass rappelant partiellement Mötley Crüe, avec toutefois un style plus moderne et massif. Le refrain est imparable, et moins caricatural que ce que pouvait parfois proposer le groupe auparavant : on tient ici un morceau qui a tout du single idéal, fait taper inévitablement du pied et reste en tête rapidement sans agacer - c’est d’ailleurs le premier titre révélé au public via une lyric vidéo bien ficelée.

Mais le choix du premier single n’a pas du être aisé, car le disque regorge de compositions qui auraient pu glaner ce titre : on pense par exemple à "Sick" et son thème sombre traité par des plans directs, ou encore à "You Have Come To The Right Place". Avec un riff excellent, lourd et entraînant, les Américains frappent fort, en mettant subtilement en valeur les sonorités brutes de la basse de Sixx, avant un solo sifflant de DJ Ashba qui en réjouira plus d’un. Attention aux fans du bonhomme, mais aussi à ceux de Tom Morello par exemple : la whammy est fortement présente sur l’ensemble du disque, et c’est un vrai régal pour les oreilles ! Par ailleurs, il faut saluer la performance générale de l’ex-Guns N’ Roses : il sait varier son jeu à l’extrême, sans jamais tomber dans l’excès. Il est capable d’alterner les plans de shred et des mélodies simples à bon escient, et avec une facilité déconcertante. Seul le lead du morceau "Better Man" est un cran un dessous : le morceau est d’ailleurs le seul réel point faible de l’album, avec son profil de ballade éculée et banale. Même si la complémentarité basse-guitare y est remarquable et bien exploitée, et que la montée centrale est bien puissante, c’est probablement la pièce qui divisera les fans. Certains y verront une facilité d’écriture, d’autre une respiration idéale et rafraîchissante à la moitié d’un disque dense en contenu.

On remarque aussi que "Better Man" sépare Prayers For The Damned en deux parties bien identifiables. La première correspond tout à fait au style habituel de Sixx:A.M., en condensant une sorte de best-of de ce que sait faire le groupe depuis ses débuts. La seconde voit apparaître de façon sensible et surprenante de nombreuses influences parfaitement digérées et assimilées, et constitue une prise de risque notable autant qu’un pari réussi haut la main.

"Last Time" surprend par exemple avec ses sons de guitare rappelant le dernier Saxon, et son efficacité qui en ferait encore un excellent single. Il comporte un pont intense, avec une montée martelante aux lignes vocales incisives anticipant un solo exploitant à merveille les gammes orientales. Cette influence de la musique orientale se ressent aussi sur "Can’t Stop", dont l’instrumentation massive à base de violons fait mouche. On voit aussi apparaître dans ce morceau les deux influences les plus marquantes et surprenantes de la suite du disque : Michael Jackson et Muse ! Ces deux références transparaissent conjointement dans l’excellent "Belly Of The Beast", où James Michael déploie un chant rythmé, incisif, avec une élocution presque hip-hop par moments, qui rappelle forcément le roi de la pop. Le refain quant à lui, évoque un morceau comme "Supermassive Black Hole" de Muse par son groove et sa densité sonore.

On remarque via ces influences variées que James Michael dispose d’une très large palette de timbres qui contribuent énormément à la substance de l’album. Si le chanteur et producteur ne dispose pas naturellement d’une voix aussi emblématique  que celles de légendes comme Dio ou Lemmy par exemple, il en a parfaitement conscience et fait de sa voix le parfait vecteur d’une performance honnête, vraie et ultra-convaincante. Il sait par ailleurs faire transiter beaucoup d’émotion via ses cordes vocales, ce qui nous ramène à l’influence de Muse. Le magistral "Rise Of The Melancholy Empire" qui clôt Prayers For The Damned, est inévitablement associé au groupe anglais : l’ambiance est très théâtrale et dramatique, et regorge de circonvolutions complexes et mélancoliques. Le piano sur les couplets, le chant voilé par une légère saturation, le solo de whammy suivi d’un plan en tremolo presque néo-classique sont autant d’éléments qui rappelle les compositions de Muse.

Dans la même veine que ce dernier morceau chargé d’émotion et de subtilité, on retrouve "When We Were Gods", qui pourrait appartenir à la période la plus prolifique de Muse, entre leurs albums Showbiz et Absolution. Même la voix de James Michael prend par moments des allures de celle de Matthew Bellamy. Les riffs lents et fuzzés posent des bases lourdes, solides et entêtantes, tandis que les claviers apportent ce qu’il faut de mélodie, aux côtés de chœurs quasi-religieux. Le solo utilise encore la whammy, et mêle habilement technique et sens de la mélodie. Si la ressemblance avec Muse est donc frappante, elle est plaisante et ne franchit jamais la limite du plagiat : le résultat est saisissant, plus lourd, et on en redemande. On sent également un gros potentiel théâtral dans ces compositions les plus complexes, et on imagine sans mal le passage sur scène de morceaux comme le titre éponyme "Prayers For The Damned" : avec une progression lente, lancinante, menée par une guitare angoissante mais mélodique, on imagine en fermant les yeux le groupe évoluer sur une immense scène, devant de gigantesques flammes par exemple… la classe !

Dernier point caractéristique de Sixx:A.M., et qui franchit encore un jalon sur cette nouvelle mouture : les textes. Comme à l’accoutumée, ils sont assez généraux et flous, à la manière d’un horoscope, pour pouvoir toucher tout un chacun. Et en effet, on arrive toujours à se sentir concerné par ce que chante James Michael, puis on se surprend à essayer de deviner, avec plus ou moins d’aisance, ce que signifient ces paroles pour les membres du groupe. "When We Were Gods" évoque probablement les années glorieuses et décadentes de Mötley Crüe, "Sick" le manque du junkie… mais parfois les choses sont plus vicieuses et on ne sait pas trop où on met les pieds, et c’est là toute la malice de Sixx:A.M. Ainsi, dans "You Have Come To The Right Place", on ne sait trop si ce "bon endroit" est un lieu de rédemption comme une église ou un centre de désintoxication, ou plus simplement un concert du groupe… et dans notre interview avec Nikki et James, on nous a même glissé qu’il s’agissait peut-être d’un piège tendu par le diable, qui fait croire à sa proie qu’il a fait le bon choix, pour mieux le tenter par la suite… Bref, plusieurs lectures sont possibles malgré un vocabulaire direct et sans fioritures, ce qui ne fait que renforcer l’authenticité du message.
 

Globalement, ce premier volet de Prayers For The Damned ne présente presqu’aucune ombre au tableau. La production est soignée et plaisante, les musiciens sont tous bien mis en valeur, et la qualité des compositions est bien là. On comprend sans mal qu’avec ce disque, Sixx:A.M. va passer du statut de side-project à celui de groupe de premier plan, et peut objectivement s’attendre à voir le combo américain passer au stade supérieur, c’est-à-dire à le voir fréquenter des arènes de plus en plus grandes : c’est bien tout le mal qu’on lui souhaite, et on a hâte de les accueillir dans nos contrées !

Note : 9/10


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ENGLISH VERSION :

Since it started in 2007, Sixx :A.M. has often been described as a Nikki Sixx solo project. However, this new record intends to show the world that it is an actual independent band, that is now free from Mötley Crüe’s bassist’s past : more than ever, we understand the name Sixx:A.M., where the A and the M stand for DJ Ashba and James Michael, and that these two guys fill a role that is as important as the one their legendary bandmate has. With a burgeoning fanbase that has kept growing for half a decade, Sixx:A.M. seems to be about to crystallise its potential with this new record, mainly thanks to a thorough songwriting, a wild energy, and captivating topics. As the first half of a double album, Prayers For The Damned (Vol.1) might be the 2016 bombshell to those who love heavy riffs and melodies.

As soon as the first a capella notes of "Rise" echo, Sixx:A.M.’s tormented style captivates the listener, thanks to these desperate vocals shouting "Rise !" over an efficient and bad-ass instrumentation, that somehow partially recalls Mötley Crüe, with a more massive and modern sound though. The chorus is infectious, and less caricatural than what the band sometimes wrote before : the track here has every needed element to be the perfect single, it makes your foot tap, and gets stuck in your head easily, without getting annoying. Incidentally, this is the first track that was revealed through a well put together lyric video.

The first single choice must have been difficult, given how many potential singles are hidden on the record : this is the case of "Sick" and its dark theme that is dealt with thanks to straightforward riffs, or also "You Have Come To The Right Place". In the latter, the Americans hit hard with a great, heavy and catchy riff that cunningly highlights the raw sound of Nikki Sixx’s bass, just before DJ Ashba launches a whistling whammy solo that will please everyone. To the fans of Ashba - and also those of Tom Morello : beware ! the whammy is omnipresent on this record, and it’s absolutely awesome ! Besides, the ex-Guns N’ Roses performance must be recognized : Ashba knows how to diversify his playing, but never goes over the top. He is able to go from some shredding to simple melodic lines, with a deep coherence, and an impressing ease. Only the lead on "Better Man" seems weaker : the track is incidentally the only weak point of the LP, and can sound like a hackneyed and common ballade. Despite a smart and remarkable bass-guitar synergy, and a powerful central bridge, this song might get divisive among the fans. Some might see some laziness of writing in it, whereas the others will welcome it as an ideal and refreshing breath, after the first half of a contents dense record.

"Better Man" also seems to split Prayers For The Damned in two disctinct parts. The first is coherent with the usual Sixx:A.M. style, and condenses the best of what the band has down since it was founded. The second part clearly displays various surprising but greatly assimilated influences, and is as much risky as it is successful.

"Last Time" surprises for instance with guitar sounds recalling the last Saxon album, and could be one more great catchy single. It contains an intense bridge, with a hammering bild-up and biting vocals, before a solo based on oriental scales. This great oriental influence can also be heard on "Can’t Stop", the violin-based arrangement of which hits the nail on the head. This track also shows a first glimpse of the two most surprising and obvious influences of this Prayers For The Damned second half : Michael Jackson and Muse ! These two references jointly appear through "Belly Of The Beast", on which James Michael exerts a rhythmic and incisive singing, that flirts with hip-hop and inevitably brings the king of pop to mind. Then, the chorus recalls "Supermassive Black Hole", by Muse, thanks to a deep groove, and a huge sound density.

Through these varied influences, James Michael shows that he owns a wide range of tones, and that he contributes to the album essence. Even if the singer and producer doesn’t have a natural emblematic voice like Dio or Lemmy, he perfectly knows it, and uses his still great voice as the perfect vehicle for an honest, deep and more than convincing performance. For that matter, he knows how to fill his singing with emotions, and that brings us back to the influence of Muse. The masterful closer "Rise Of The Melancholy" has necessarily to be compared to the British band. The overall ambiance gets dramatic, theatrical, and is overflowing with complex and melancholic convolutions. The piano on the verses, the lightly distorted voice, the whammy solo followed by an almost neo-classic tremolo melody : all these are elements that could have been put together by Muse.

Along the same lines of emotion and subtlety, there is "When We Were Gods", that could belong to the most prolific Muse era, between Showbiz and Absolution. Even James Michael sometimes sound like a heavier Matthew Bellamy. The slow and fuzzy riffs lay the heavy, solid, and heady foundations, while the keyboards bring some melody, along with quasi-religious backing vocals. Even though the similarity with Muse is gripping, it is very pleasing, and it never crosses the line of plagiarism : the result is heavier, striking, and makes you want more. A huge theatrical potential also appears in these complex structures, and the transition from the studio to the stage can easily be imagined for track like the eponymous "Prayers For The Damned". With a slow and nagging progression, led by a harrowing but melodic guitar, you just need to close your eyes to imagine the band playing on a huge stage, in front of gigantic flames for instance… classy !

The last characteristic of Sixx:A.M. that goes even further on this new record is the lyrics. As usual, they are quite general and vague, like a horoscope, so every listener can identify himself. And this works : every time, one feels connected to what James Michael sings, and then finds himself trying to figure out what these lyrics can mean to each member of the band. "When We Were Gods" probably refers to the glorious but decadent golden years of Mötley Crüe, whereas "Sick" seems to deal with the junkie experiencing withdrawal… but sometimes things are less obvious, and may become tricky, so one doesn’t know where he stands - and this is exactly this kind of mischief Sixx and his mates are very good at ! Thus, in "You Have Come To The Right Place", you don’t know if this "right place" is a redemption place like a church or a rehab center, or maybe simply a rock concert… And even worse, in our interview with Nikki and James, we were told it might as well be a trap, that the devil could try to seduce you with this formula, so he can tempt you more easily after that. This shows how many readings can emerge of these lyrics, despite a simple and stripped back vocabulary, than in the end reinforces the message behind the songs.

On the whole, this first section of Prayer For The Damned almost is free from any fly in the ointment. The production is meticulous and delightful, every musician is well brought out, and the songwriting quality is very real. It is clear that with this new record, Sixx:A.M. will go from the side-project status to the high-profile band one, and we can honestly expect them to see them growing more and more, and fill bigger and bigger arenas over time. That’s exactly what they deserve, and we can’t wait to see them visit our countries soon !

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NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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