Surgical Meth Machine – Surgical Meth Machine

Meth Al ?

Nouveau projet d’Al Jourgensen, en collaboration avec l’ingénieur du son des derniers albums de Ministry, Surgical Meth Machine est une preuve supplémentaire de la  boulimie créative du godfather du metal industriel.

Malgré un contenu plutôt sans surprises, naviguant entre titres agressifs et ambiances électro-psychédéliques, le savoir-faire est encore là et ce premier album fait passer d’agréables moments à son écoute.

Dans le genre hyperactif, incapable de rester longtemps oisif, l’alien Al Jourgensen se pose  en parfait exemple. Apparemment pour faire face au deuil de son ancien guitariste Mike  Scaccia et à des soucis personnels, le désormais (presque) sobre ancien leader d’un Ministry  dont on peut toujours espérer la résurrection un jour revient avec un nouveau projet portant  le nom Surgical Meth Machine (quand on parlait de sobriété…).

A quoi s’attendre avec ce « groupe » composé en fait de Jourgensen, qui tient tous les  instruments avec brio, et de son ingénieur du son attitré depuis quelques temps Sam  D’Ambruoso (issu du milieu rap) ? Du Ministry ? Du Revolting Cocks ? Ou du Lard ? Un  peu de tout ça à la fois car sur Surgical Meth Machine disponible depuis le 15 avril sur Nuclear Blast , le sieur Jourgensen applique un peu les mêmes recettes qui ont fait son  succès, en expérimentant parfois.

Vous voulez entendre du Ministry ? Il y en a dès «I’m Sensitive », un opener construit sur  les mêmes ficelles que « Ghouldiggers » (Relapse) où grosso modo notre cyberpunk déclare sur une intro  électro martiale au monde entier qu’il est encore là et qu’il en faut plus pour  l’éliminer avant que déboule une fureur metal industrielle. Et ça continue avec l’efficace  « Tragic Alert » alternant samples et riffs carrés qui auraient mérité leur place sur Psalm 69 ou Filth Pig. Le torturé « I Want More » (au riff rappelant un peu le « South Of Heaven » de Slayer) et « Rich People Problems » aux ambiances dark (et sur lequel le phrasé employé  par Jourgensen rappelle étrangement celui de Mike Muir le leader de Suicidal Tendencies)  ainsi que « Smash and Grab » plairont aussi à ceux qui pleurent l’absence du Ministère

Pour les fans de Lard, il y a « I Don’t Wanna », brûlot punk indus où il nous semble  reconnaître la voix de Jello Biafra s’exprimer en duo avec Al.

Et puis il y a le reste, plus expérimental, à commencer par « Unlistenable », titre dans la  lignée de la série des « TV » de Ministry sur lequel notre cubain préféré règle ses comptes, sur fond de samples de chasse d’eau et d’applaudissements avec les haters  et autres « trolls »  qui passent leur temps à donner leurs avis négatifs sur internet. Une piste qui d’ailleurs  prouve que Al Jourgensen a le sens de l’autodérision en citant Ministry parmi la liste des groupes à dézinguer…

Moins aventureuse mais agréablement surprenante est la reprise de Devo « Gates of  Steel » qui montre, une fois de plus, que Jourgensen, en plus d’avoir de bons goûts, est un expert dans l’art de s’approprier les titres des autres. Ce morceau  risque de faire un malheur sur scène.

La dernière partie de l’album nous plonge dans des méandres électroniques et psychédéliques justifiés par le fait que le sieur Jourgensen (installé désormais en Californie) et D’Ambruoso se sont procuré par ordonnance (et donc légalement) de la marijuana. Substance qu’ils ont largement consommée durant la conception de Surgical Meth Machine.
Ainsi “Spudnik” est un court interlude faisant suite à « Gates of Steel » construit sur le  même tempo dansant et sonne assez new wave tandis que « Just Go Home » et sa suite  « Just Keep Going » sentent le délire enfumé avec bidouillages et samples mais sont  suffisament courts pour ne pas lasser.

L’autre bonne surprise de ce premier effort de Surgical Meth Machine est « I’m Invisible »,  un morceau encore dans un style plutôt new wave et qui se veut assez autoparodique des  débuts de Ministry (période With Sympathy donc). Cela n’en reste pas moins une  agréable chanson bien construite au clip franchement amusant mettant en scène plusieurs Al dans une ambiance plutôt « Las Vegas Parano ». Si nous devions donner un conseil aux  deux compères de Surgical Meth Machine pour leurs prochaines aventures  discographiques ça serait justement d’explorer cette veine new wave décalée.

Et pour ceux et celles qui se demandent ce que représente cette étrange photo illustrant la  pochette, il s’agit de la radio des dents de Al effectuée à l’occasion de sa dernière visite chez le dentiste.
Une preuve supplémentaire de l’humour déjanté de l’ex-citoyen le plus défoncé du Texas.

Peut-être un peu hésitante entre la direction musicale à suivre, cette carte de visite présentant  la collaboration Jourgensen/ D’Ambruoso n’en reste pas moins un honnête substitut aux autres travaux du rocker toxique.
On attend maintenant le renouvellement de l’ordonnance.

Liste des morceaux :
1. « I’m Sensitive »
2. « Tragic ALert »
3. « I Want More »
4. « Rich People Problems »
5. « I Don’t Wanna »
6. « Smash and Grab »
7. « Unlistenable »
8. « Gates of Steel »
9. « Spudnik »
10. « Just Go Home »
11. « Just Keep Going »
12. « I’m Invisible »

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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