Satchel, guitariste de Steel Panther

Steel Panther, le groupe hard rock US le plus hot de l’histoire ? Il est vrai que les Kiss, Poison ou Mötley Crüe passeraient presque pour des enfants de choeur à côté de ces californiens endiablés. Et ce n’est pas leur second album, Balls Out (sorti fin 2011 chez Universal), qui les rendra plus sages… Pour la peine, La Grosse Radio Metal vous offre une entrevue téléphonique exclusive réalisée avec le guitariste compositeur Satchel (Russ Parrish de son vrai nom) ce lundi 7 février. Attention, âmes sensibles s’abstenir… une interview qui pourrait être interdite aux moins de 16 ans sur certains passages (enfin peu importe, au moins on vous aura prévenu ^^) !

Ju de Melon : Bonjour Satchel et merci de nous accorder cette entrevue ! Tout d’abord, est-ce que tout va bien ?

Satchel : Tout baigne par ici, et chez toi ?

Un peu froid mais bon, on va pas se plaindre, c’est l’hiver…

Il faut porter de longs sous-vêtements bien épais !

Parental Advisory Steel Panther

Certes (rires) ! Alors dis-moi, où te trouves-tu en ce moment et quelle est l’occupation actuelle du groupe ?

En ce moment on joue chaque semaine à Hollywood, je suis donc en Californie avec le groupe et on remet ça dès ce soir !

Le nouvel album Balls Out est sorti en fin d’année dernière, es-tu satisfait de son accueil par les fans ?

Plutôt oui mais tu sais c’était pas évident au départ. Il s’agit de notre second album studio, et nous avons dû faire face à un phénomène qui nous était encore inconnu jusqu’à présent : Balls Out s’est vu immanquablement comparé au premier opus Feel the Steel, et c’était un peu déstabilisant pour nous. Du coup on a eu pas mal de gens qui ont pas trop aimé, qui se sont dits « c’est quoi cette merde ? Feel the Steel était bien mieux, je déteste ce groupe maintenant ! ». Puis peu à peu ce sentiment s’est estompé et au final nous avons pas mal de fans qui adorent Balls Out et qui ont compris à quel point ce nouvel album avait des couilles et détrusisait tout sur son passage ! Personnellement je le trouve même meilleur que Feel the Steel, mais c’est normal… j’en ai écrit la plupart des chansons ! (rires)

Comment justement le comparerais-tu par rapport à son prédécesseur Feel the Steel ? Plus diversifié ? Plus mûr ? Plus fou ?

Je ne saurais trop dire, disons qu’un deuxième album pour un groupe comme nous c’est avant tout une épreuve car, encore plus que d’autres groupes, on allait donc immanquablement être victime de cette fameuse comparaison avec le premier opus qui forcément est toujours meilleur que le second dans l’esprit de certains gens qui fonctionnent plus sur l’effet de surprise etc. Alors c’est inévitable, et certains ne chercheront pas à trouver des différences même si ils tenteront de comparer titre par titre. Quoique tu fasses c’est comme ça, nous on essaye juste de faire la meilleure musique possible afin que ça rock grave, point barre. En tant que groupe, on ne se pose pas de questions, on fait du mieux qu’on peut avec ce qu’on a dans les tripes. Regarde notre chanteur Michael Starr, ce n’est plus un jeunot maintenant, il approche de la cinquantaine, et crois-moi il en a rien à faire de ce genre de questionnement : il a eu plusieurs opérations au niveau des cordes vocales, il a pas mal souffert de nodules, il se donne donc à fond avec ce qu’il a dans le coeur et le reste importe peu. Ce deuxième album tue, c’est tout ce qui compte.

Le gens aiment bien comparer de toute façon, y compris avec de vieux groupes de légendes tels que Kiss ou Mötley Crüe parmi tant d’autres. Je l’avoue, j’en fais aussi partie (rires) ! Es-tu flatté ou énervé par ce genre de comparaison ?

Sincèrement c’est très flatteur, c’est même plutôt cool. Ces groupes ont réussi à sortir de grands classiques, être comparé à eux est donc une chance ! Je pense qu’à notre niveau nous avons aussi réussi à faire quelques chansons qui sont plutôt marquantes, du moins pour les fans fidèles qui sont de plus en plus nombreux, après aujourd’hui c’est différent car on ne peut plus trop compter sur des ventes records : tout est désormais axé sur les concerts, c’est là que nous forgeons notre réputation. Impossible de nos jours de viser les millions de ventes, tout se joue donc sur la prestation scénique et là dessus on se donne à fond car Steel Panther est avant tout un groupe live. Bien sûr que composer de bonnes chansons constitue une fierté, mais c’est pour mieux les partager sur scène avec les fans.

Niveau composition justement, comment ça s’est passé sur l’album ?

Un peu comme le premier, logiquement j’écris un bon nombre de chansons de mon côté et après je les présente au groupe dans une sorte de brainstorming collégial. Ensuite on choisit ensemble les morceaux qu’on préfère et on arrange ou modifie des détails en comité. Ca nous arrive même de réécrire quelques parties tous ensemble ! Après le plus important concerne les paroles et le chant, il faut que ces deux parties soient étroitement liées et en parfaite harmonie. C’est comme ça qu’une bonne chanson de Steel Panther prend forme, il faut que ça percute aussi au niveau du texte et avec Michael au chant le résultat est souvent exceptionnel ! Il se donne corps et âme sur chaque ver, et parfois c’est ça qui fait la différence…

En parlant des paroles, est-ce que ce nouvel opus a apporté quelques critiques de gens bien pensants en Amérique ?

Evidemment, mais on en a eu même avant de sortir l’album ! Plus précisément, le problème se situait au niveau de la chanson « 17 Girls in a Row ». Au niveau du dernier couplet, j’avais écrit des paroles un peu osées du genre… attention, là je te donne une exclu… (rires)

« I fucked 17 girls in a catholic church in the middle of the fuckin’ day
I just ripped out my dick and they got on their knees like they were all gettin’ ready to pray
Spread my leg for a solid toss
And I shot my load on the Holy Cross »

Le label a pensé que ça ne plairait pas trop à l’Eglise Catholique, du coup vu un certain public américain on a décidé un peu à contre coeur de ne pas intégrer ces paroles. Et c’est domamge, car elles tuent non ? Surtout pour les catholiques (rires) ! Ils ont dû penser que les croyants n’aimeraient pas que j’éjacule sur un crucifix, je sais pas… (rires)

Vous n’avez pas chanté cette partie en live ? (rires)

Parfois ça nous est arrivé, mais Michael a déjà beaucoup de paroles à retenir alors c’est pas forcément une bonne idée de modifier le texte (rires) ! Par contre si tu veux on incluera ces paroles lors du show prévu en France… (rires)

Steel Panther naked Balls Out interview Satchel 2012

La chanson « Just Like Tiger Woods » a dû plaire à l’intéressé… avez-vous eu des retours de sa part ?

Tu sais, j’ai écrit cette chanson en me mettant à la place de Tiger Woods. Et je me suis dit que si j’étais lui, j’adorerais vraiment recevoir un tel hommage (rires) ! Je connais quelques golfeurs qui participent régulièrement au PGA Tour, ils connaissent bien Tiger, et je sais de sources sûres qu’il a écouté cette chanson. Mes potes m’ont assuré qu’il avait reçu le CD à un moment où à un autre et qu’il s’y intéresserait. Je suis sûr qu’il a aimé ! D’ailleurs je suis certain qu’il a un sens de l’humour très large et qu’il a compris la blague, cette chanson a avant tout été écrite en son honneur… après tout un homme capable de baiser autant de femmes ne peut être qu’un rockeur dans l’âme, avec un pantalon de golfeur certes mais rockeur quand même ! (rires)

Tiens d’ailleurs « 17 Girls in a Row »… record à battre ou es-tu déjà passé depuis longtemps à la vitesse supérieure ? (rires)

J’ai fait mieux que ça il me semble, je crois que mon record c’est 23 à la suite… Mais avec une petite sieste de 12 minutes entre la 17ème et la 18ème, d’où le titre de la chanson car techniquement c’est bien 17 à la suite, la sieste au milieu interrompant un peu le processus (rires) ! Mais bon tu sais j’ai fait ça je devais avoir 23 ans, là j’en ai 41 et je sais pas si je pourrais dépasser les 12 ou 13 désormais…

En parlant de Tiger Woods et de golfeurs, eux ils sont forts, ils peuvent enchainer 18 trous à la suite… (rires)

(rires) Pas mal ! Mais je suis sûr que Tiger a encore fait mieux que moi… (rires)

(rires) Et la dernière chanson a un feeling très Disney… « Weenie Ride », un hommage discret à « Winnie l’Ourson » au passage ?

C’est marrant ce que tu dis, car on a demandé à Disney de sponsoriser ou parrainer cette chanson, mais ils n’ont pas voulu. C’est dommage, je suis sûr qu’elle se serait parfaitement intégrée dans un film animé, mais je ne sais pas pourquoi ils n’ont pas voulu… On devrait peut-être demander à Dreamworks, enfin bref ! Non, aucun lien avec Winnie l’Ourson (Winnie the Pooh, en anglais), par contre je suis suis certain qu’elle aurait fait une belle BO d’une de ses aventures. C’est une très belle ballade, je suis même sûr que les enfants adoreraient cette chanson, mais… après tout pourquoi pas, c’est à fort caractère éducatif ! (rires)

Globalement, quelle nouvelle chanson prenez-vous le plus de plaisir à jouer en live ?

Franchement « 17 Girls in a Row », une des plus endiablées en concert ! Il y a aussi « Gold-Digging Whore » qui passe super bien, la foule reprend toujours le refrain en choeur. Et « Weenie Ride » aussi tiens, pendant laquelle notre batteur abandonne ses baguettes et s’exerce au piano. Il s’en sort super bien d’ailleurs ! Et j’adore ça car c’est souvent le moment où les filles nous envoient leur soutien-gorge ou petites culottes. D’ailleurs je ne sais pas ce qui s’est passé, il y a deux soirs j’ai reçu un sous-vêtement sur mon micro, il sentait vraiment la merde, c’était pas évident de continuer… pour le coup c’était vraiment « Weenie the poo » (« poo » = crotte, en anglais) ! (rires)

Rétrospectivement, quelle est selon toi à ce jour la meilleure chanson de Steel Panther ?

J’espère que le meilleur reste encore à venir surtout (rires) ! Pour le moment, j’opterais pour « Death to All But Metal », de la dynamite en live. Ensuite il y a aussi « Eye of a Panther » qui déchire bien, et tant d’autres… Sur le nouvel album disons « If You Really, Really Love Me » et « Supersonic Sex Machine » me bottent bien, en fait je crois que je les aime toutes ! Tu sais, si elles se retrouvent sur nos albums, c’est qu’on les adore, il y a toujours quelques chansons qu’on laisse de côté à chaque fois donc la présélection prouve que celles figurant sur nos CD sont en quelque sorte nos préférées.

L’affaire DSK a pas mal ébranlé la France ces derniers mois, est-ce que cela pourrait être une source d’inspiration pour Steel Panther lors d’une future chanson ?

Oui je me souviens de ce truc, j’étais à New York quand ça c’est passé ! Et en effet ça pourrait le faire, c’est même une possibilité très intéressante à vrai dire… Je crois qu’il s’en est sorti non ? Il en a eu de la chance ! A mon avis il a dû pas mal se masturber en prison car il a dû trouver tout ce temps sans femme assez long ! (rires)

Oui d’autant plus qu’il a été cité dans d’autres affaires du genre…

A mon avis je crois comprendre pourquoi il a autant de problèmes avec le sexe et les femmes : c’est tout simplement un homme avec une bite et des couilles, à partir là c’est dur à contrôler… ce sont des choses qui arrivent ! (rires)

Mais c’est une personne publique, du coup forcément on en parle plus…

… C’est vrai, mais étant moi-même une personne publique, ça m’arrive souvent qu’un tas de filles veuillent sucer ma bite lorsque je marche tranquillement dans la rue, alors je peux comprendre ! Mais dans un sens c’est sympa (rires) ! Après tout, les politiciens sont aussi des rockstars, ils aiment bien se taper quelques filles faciles de temps en temps.

Satchel entrevue Steel Panther

Ca vous est arrivé aux States avec Bill Clinton et sa Monica Lewinski sous le bureau…

Oh oui, cette femme est géniale ! D’ailleurs j’ai un scoop, elle va faire un guest sur le prochain album. On va écrire une chanson qui va s’intituler « I Love You Monica », en fait elle ne chantera pas mais elle fera une pipe à notre chanteur pendant qu’il enregistrera ses parties. Ce sera conceptuel !

(rires) J’espère qu’il y aura aussi un clip !

On y pense, avec même une apparition de Bill Clinton pourquoi pas ?

Il jouera un solo de saxophone…

Intéressante cette idée, je note ! Tout ça nous fera vendre quelques milliers de disques en plus je pense ! (rires)

Parlons de la tournée à venir. Une date en France est prévue au Bataclan (Paris) le 25 mars prochain, qu’attends-tu du public français et quel est ton lien personnel avec notre pays ?

Je n’attends rien de moins que le meilleur de vous ! Je sais que le public français sera prêt à avoir du bon temps avec nous. Puis j’ai surtout très hâte d’avoir quelques rencontres sympa avec certaines filles françaises, si tu vois ce que je veux dire…

Il y a le Moulin Rouge pas loin aussi…

Alors là aucun problème, j’irai y faire un tour !

Peu de gens le savent mais tu as joué dans le groupe Fight avec Rob Halford, quels souvenirs gardes-tu de cette aventure ?

C’était une superbe expérience, Rob Halford est vraiment un tueur. Pas facile de trouver de grands chanteurs de heavy, avec Rob on était servi ! Même chose pour Michael Starr avec qui j’ai eu envie de jouer dès que je l’ai entendu chanter.

En 1996, tu as joué sur un album hommage à Ace Frehley (la chanson « Rock Bottom » avec Sebastian Bach au chant). Est-ce qu’il fait partie de tes « guitar heroes » et quels sont les autres dans le style qui ont pu t’inspirer ?

Ace c’est un peu l’un des fondateurs du heavy metal, avant même Van Halen. Lui et Tony Iommi sont pour moi en quelques sortes les pères fondateurs principaux du genre, pas forcément des techniciens comme Eddie Van Halen mais avec ce feeling rock ‘n’ roll plutôt unique.

As-tu déjà joué avec Ace en concert ou autres évènements ?

Non jamais, dans Steel Panther on est quelques uns à avoir joué avec Paul Stanley, Gene Simmons, Tommy Thayer et Eric Singer (NDLR : le quatuor actuel de Kiss) mais jamais Ace. Nous connaissons bien les Kiss cependant.

Bientôt un nouvel album d’ailleurs…

On l’attend tous au tournant celui-là, un nouvel album de Kiss est toujours un évènement. Y compris pour nous musiciens.

Steel Panther 2012 Balls Out La Grosse Radio interview

Terminons avec tes habitudes musicales… Aujourd’hui, écoutes-tu quelques « nouveaux groupes » ou restes-tu globalement fidèle à tes classiques ?

J’écoute pas mal de nouvelles choses, là par exemple je viens d’acheter le nouveau Van Halen… 1984, c’est bien ça ?

Je crois que t’es un peu en retard ! (rires)

Ah mais c’est bien un nouvel album qu’ils ont sorti ? D’accord, c’est vrai que c’est resté très fidèle à ce qu’ils faisaient auparavant, au moins on ne peut pas le nier ! (rires)

Et d’autres découvertes notamment l’an passé ?

Le meilleur album de 2011 reste sans aucun doute Balls Out de Steel Panther, bien évidemment. Sinon j’ai enfin découvert Machine Head l’an passé, j’ai bien aimé leur nouvel album, ça passe plutôt bien. Je crois qu’on sera sur quelques festivals avec eux cet été. A part ça j’écoute toujours beaucoup de Black Sabbath…

Aucun groupe ou album dit « extrême » ?

Tu sais, je préfère me concentrer sur la mélodie qui reste pour moi primordiale lorsque j’écoute du gros rock. J’ai besoin d’une bonne mélodie vocale sur de bonnes guitares bien saturées. A partir de là, je suis plutôt attiré par des Def Leppard ou Mötley Crüe, ces groupes qui savent mettre les bons refrains là où on les attend. Et qui nous permettent aussi de serrer quelques petits minous ! (rires)

Un grand merci pour cette très sympathique entrevue ! As-tu un dernier mot pour les fans français de Steel Panther ?

Ce sera le premier show de Steel Panther en France donc soyez au rendez-vous. Et je dirais aux mecs de ne pas trop être énervés ou jaloux car il y a de fortes chances qu’on baise vos petites amies ce soir-là, désolé les gars ! (rires)

On devrait organiser un concours sur nos antennes pour vous ramener les meilleures filles, ce serait une idée… (rires)

Faites donc ça, ce sera excellent ! (rires)

Steel Panther Live Paris Bataclan France 25 mars

 
 



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