Death DTA (+ Bodyfarm) au Divan du Monde (25.04.2016)

Guérison spirituelle à Paris


Cela fait maintenant trois bonnes années que le cover band officiel de Death tourne dans le monde entier pour faire vivre la musique de Chuck Schuldiner sur scène. Malgré la réticence persistante de certains fans à soutenir le projet, à cause de l’absence de son meneur historique, la formation a réussi à trouver son public en proposant des interprétations fidèles et réjouissantes du combo floridien. Cette fois, Death DTA nous proposait de revisiter un autre album culte : Individual Thought Patterns.

 


Bodyfarm

Pour cause d’obligations de tournée avec Testament, Gene Hoglan et Steve DiGiorgio ont forcé le groupe à décaler certaines dates de la tournée, entraînant par la même occasion un changement de première partie : exit les allemands d’Obscura, bonjour les hollandais de Bodyfarm. Et malheureusement pour nous, les bavarois vont très vite se faire regretter.
 

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Ne soyons pas mauvaise langue, nous avons affaire à de très bons musiciens, et le son est plutôt satisfaisant pour une première partie. Mais les compositions sonnent comme un melting pot réchauffé au micro-onde d’une multitude de groupes classiques de la scène death metal, sans que Bodyfarm n’arrive vraiment à égaler l’un des dits groupes. On pourrait notamment penser à Bolt Thrower, ou encore Asphyx pour rester dans le metal batave.
 

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En plus de cela, force est de constater que les musiciens n’en imposent pas vraiment sur scène. Certes, ils jouent bien, et c’est exactement ce qu’on attend d’eux, mais on ne sent pas vraiment de volonté de conquérir l’audience de leur part. Et c’est justement ce qui peut faire la différence quand un groupe ne joue pas de la musique vraiment originale, mais qu’il arrive à se démarquer avec une prestation scénique imposante. Peut-être était-ce un mauvais jour pour Bodyfarm, le dernier d’ailleurs, puisque c’était la dernière date de la tournée. En tout cas, ce concert sera vite oublié, malgré les quelques très bon riffs entendus ça et là.

Death DTA
 


Le concert commence sur une frayeur, ou plutôt un doute. En effet, si la performance des musiciens est on ne peut plus impressionnante, on remarque que la setlist est presque calquée sur celle de l’année dernière, pour une tournée qui était censée être consacrée à Symbolic, autre album légendaire de Death. Autant on peut comprendre que les musiciens veulent faire plaisir aux fans en jouant les classiques, autant il est vraiment dommage de voir une telle répétition d’une année sur l’autre. D’autant plus que la discographie de Death est suffisamment fournie pour permettre un certain nombre de fantaisies, notamment de jouer des morceaux jamais interprétés sur scène par la formation originale ! Voilà donc une belle occasion gâchée par le groupe de briller et de proposer quelque chose de vraiment inédit au fan, au lieu de se contenter de nous injecter une simple dose de nostalgie.
 

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Enfin bon, toujours est-il que le groupe est en fin de tournée, et que ça s’entend. On a rarement entendu Death DTA dans une telle forme, et ça fuse dans tous les sens. On ne sait tout simplement pas où donner de la tête, entre DiGiorgio qui envoie ses lignes de basse de l’espace ou Gene Hoglan qui exécute ses parties de batterie virtuoses avec une facilité déconcertante. La machine à riff est on ne peut plus affûtée, et fait des ravages sur les cervicales du public à grand coup de « Trapped in A Corner », « Suicide Machine » ou bien « Living Monstrosity ».
 

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Comme d’habitude, ce n’est pas le jeune Max Phelps, assurant le rôle de Chuck sur scène, qui s’adresse au public, mais Steve DiGiorgio. Sauf que ce soir, il ne va pas se contenter de nous inviter à faire la fête avec eux pour célébrer l’héritage de la musique de Schuldiner. Il va en plus partir plusieurs fois dans des discours inutiles de présentation des musiciens ou de harangue plus ou moins adroit et démagogique pour dire à quel point le public parisien est génial, compte tenu des récents évènements au Bataclan. Il fallait y être pour la ressentir, mais imaginez bien que la gêne est là, venant nous glisser un léger frisson dans le dos. En plus, ces séances de parlotte tuent le rythme du concert, heureusement que les musiciens et les compositions sont suffisamment au niveau pour relancer la machine à chaque fois !
 

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Enfin, on peut s’interroger sur l’apposition du sigle « Thought Patterns Tour » sur la tournée. En effet, seuls quatre petits titres de l’album seront joués, soit juste un de plus que lors de la tournée Symbolic en 2015. Est-ce vraiment honnête de la part du groupe ? On laissera le lecteur juge. En tout cas l’interprétation de « Destiny » était fort appréciable. Le plus ironique dans tout cela est que les seules autres vraies exclusivités du soir auront été des reprises… D’autres groupes que Death !! Pour une formation dont le fonds de commerce est de faire des reprises de Death, c’est un comble. M’enfin, encore une fois, il était fort appréciable d’entendre « Raining Blood » joué par des musiciens hors pairs (ce qui n’est pas forcément vrai pour tous les membres de Slayer).
 

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Bref. Il est vrai qu’il s’agit ici de pinaillages de service après vente. Le concert était excellent, et le groupe n’a jamais déçu dans la restitution de la musique de Death, et c’était avant tout pour cela que tout le monde avait payé son billet. Mais disons que tout ce qu’il y avait autour a empêché le concert d’être encore plus appréciable. Par ailleurs, il devient moins intéressant d’aller voir un tel groupe en concert, s’il y a aussi peu de renouvellement dans le programme. Affaire à suivre.

Setlist :

The Philosopher
Leprosy / Left to Die
Living Monstrosity
Suicide Machine
Overactive Imagination
Trapped in a Corner
Raining Blood / Black Magic (reprise de Slayer avec solo de basse)
Lack of Comprehension
Spiritual Healing / Within the Mind
Flattening of Emotions
Destiny
Symbolic
Zero Tolerance
N.I.B. (reprise de Black Sabbath avec solo de basse)
Bite the Pain
Spirit Crusher
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Zombie Ritual / Baptized in Blood
Crystal Mountain
Pull the Plug

Photos : Arnaud Dionisio / © 2016 Deviantart
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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