Joe Tal, guitariste de Textures

" Nous voulions que la musique soit plus exigeante pour nous en tant que musiciens."
 

Il est toujours difficile de remplacer une membre fondateur de longue date dans un groupe, particulièrement quand celui-ci était l'un des principaux contributeurs à la composition de la musique. C'est un des nombreux défis qu'a dû relever Joe Tal en remplaçant Jochem Jaccobs au sein de Textures. Nous avons évoqué tout cela avec lui par e-mail, dans le cadre de la sortie de la première partie de leur double album : Phenotype.

J’ai appris d’une précédente interview avec Daniel et Bart que tu avais eu la possibilité de pleinement contribuer à la composition du nouvel album de Textures. C’est plutôt inhabituel pour un nouveau membre. Comment décrirais-tu ton apport créatif à Phenotype ?

Joe Tal : Tu as tout à fait raison. Je dirais que j’ai pu pousser le groupe sans complexes dans une direction plus lourde et expérimentale. Le processus de composition a été très démocratique, donc il a naturellement fallu faire des concessions, mais c’est une bonne chose. Je pense que ça a contribué à rendre l’album unique, agressif et éclectique. 

A quel stade d’avancement était l’album quand tu as intégré Textures ?

En fait, rien n’était encore écrit quand je suis arrivé, à part deux brouillons d’idées qui avaient été écrites il y a des années de cela, vers la période Silhouettes.

Il semblerait que Phenotype soit l’album le plus agressif de Textures avec le premier. Les instruments sont plus mis en avant par rapport à la voix : des parties de guitare et de batterie complexes qui laissent un peu moins de place au chant. Il y aussi deux morceaux qui sont consacrés à des solos instrumentaux. Est-ce que vous avez consciemment voulu écrire quelque chose de plus dense et agressif ?
 
De fait oui, avant d’écrire l’album, nous nous sommes réunis plusieurs fois, et nous avons alors convenu qu’il était temps de refaire un album agressif. Nous voulions aussi que la musique soit un peu plus exigeante pour nous en tant que musiciens.
 

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Vous allez donc sortir un double album constitué de Phenotype et Genotype, qui doit sortir prochainement. Comment décrirais-tu les liens entre les deux albums, sont-ils vraiment différents d’un point de vue musical ?

Oui, je dirais que bien qu’il soit agressif, Phenotype n’en demeure pas moins un album très accrocheur  et plutôt accessible. Alors que Genotype est plus éclectique, il comprend aussi bien des parties acoustiques comme de l’atmo, de la musique de film, du rock, du post rock, du jazz fusion, du death metal, et même du doom. Et tout cela en une chanson !

Comment avez-vous réalisé que vous devriez faire cette chanson longue d’une heure ?

Au départ, nous voulions qu’elle fasse partie intégrante de Phenotype, pour qu’elle soit la chanson finale de l’album avec une durée de quinze/vingt minutes. Nous avions déjà réservé nos créneaux en studio, et nous aurions eu vraiment peu de temps pour finaliser Genotype et les autres chansons. Il nous restait encore beaucoup d’idées en stock, et nous avons senti que Genotype pouvait être plus long, comme si nous n’avions pas fini de raconter notre histoire. C’est comme ça qu’on a eu l’idée de sortir un deuxième album. Phenotype est sorti d’abord parce que son écriture était finalisée.

Tu as eu la tâche difficile de remplacer Jochem Jaccobs, qui avait une place énorme dans la musique de Textures. Est-ce que tu as souhaité suivre le chemin qu’il avait tracé, ou ne pas en tenir compte et plutôt faire complètement comme tu le sentais ?  

Un peu les deux. Je voulais vraiment apporter ma propre personnalité au groupe, mais il était important pour moi de garder leur son caractéristique. Après tout, c’est cela qui rend Textures si unique.

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Jochem était le producteur de Phenotype. Comment était-ce de travailler avec lui en studio. Il n’y a pas eu de moment où tu t’es senti bizarre ?

C’était super, je connais Jochem depuis un bon moment, c'est-à-dire son concert d’adieu qui s’est passé en Inde en 2013. Nous avions alors joué tous les trois de la guitare. Travailler avec lui en studio était vraiment agréable, il a évidemment une profonde compréhension de la musique de Textures, et il est extrêmement encourageant en temps que producteur.

Est-ce toi qui a réintroduit les solos de guitare sur le nouvel album ?

J’ai toujours dit qu’il était possible d’intégrer des solos de guitare, mais je n’ai pas vraiment insisté pour qu’il y en ait sur Phenotype.

Les claviers ont maintenant un vrai rôle dans Textures. Est-ce que tu penses que c’était nécessaire pour que le groupe puisse aller de l’avant ?

Selon moi, les claviers ont toujours eu un rôle dans la musique de Textures, particulièrement dans les atmosphères. Cette fois, ils ont eu un rôle de premier plan ici et là. C’est cool, parce que nous aimons expérimenter avec de nouvelles choses. Les solos de clavier sont une part non négligeable du style de Uri (NDLR : claviériste du groupe) et c’était important pour nous tous qu’il puisse s’exprimer et montrer ce dont il était capable, tant que cela convient à la musique que nous écrivons.

Qui a eu l’idée de faire la tournée avec Amorphis ? (haha)

Eh bien, cette tournée était au bon moment, et les conditions nous plaisaient vraiment. Je comprends bien qu’une telle tournée puisse sembler bizarre, mais je trouve que ça peut être cool !

Qu’écoutes-tu en ce moment ? Est-ce qu’il y a un artiste qui a particulièrement attiré ton attention ?

Rien de nouveau. En ce moment, j’écoute surtout Mr. Bungle, particulièrement les albums Disco Volante et California.

Photos : Arnaud Dionisio / © 2016 Deviantart
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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