Longlive Rockfest, jour 1 (13.05.16)


De une journée l’an dernier, le Longlive Rockfest prend du gallon cette année avec une répartition des groupes sur deux jours. Cette première journée fait la part belle au pop-punk avec en tête d’affiche de la journée… Simple Plan ! Et vu qu’on est ouvert d’esprit sur La Grosse Radio Metal, on vous raconte tout cela pour notre plus grand plaisir.

Pour cause de double interviews (Simple Plan et Chunk! No, Captain Chunk!) nous n’assistons malheureusement pas à la prestation des anglais de Dead! mais rassurez-vous, nous étions à leur concert un peu particulier ayant eu lieu le jeudi à Paris et on vous raconte tout ça très rapidement sur La Grosse Radio Rock !
 

Trash Boat
 

L’Angleterre sera à l’honneur au cours de cette seconde édition du Longlive Rockfest et ce n’est pas le combo Trash Boat qui nous fera mentir. Dans la pure veine du pop-punk nouvelle génération, Tobi Duncan et sa bande investissent la Clubstage devant une foule encore assez éparse au vu de l’heure pour nous envoyer dans la face des titres venant de leurs deux EP. Le son est assez brouillon, surtout le chant qui se retrouve noyé sous le reste des instruments mais on peut néanmoins apprécier l’efficacité des titres proposés par Trash Boat. Le combo nous offre même un extrait de son tout premier album à venir, Nothing I Write You Can Change What You’ve Been Through (à vos souhaits), avec le titre « Strangers ». On ressent dans la musique des Britanniques, des forts relents à la The Story So Far et il y a définitivement pire que les Américains comme influence principale. L’interaction avec le public, assurée par le frontman mais aussi par ses comparses qui haranguent la foule, fait plaisir à voir et c’est donc après trente minutes que Trash Boat se retire de la scène.


 

To The Rats And Wolves
 

Gros changement d’ambiance à venir sur la Clubstage avec l’apparition des Allemands de To The Rats And Wolves qui contrairement à leurs prédécesseurs officient eux dans la frange metalcore des groupes présents sur le festival. C’est avec deux chanteurs, chacun avec sa technique vocale (growl pour l’un et chant clair pour l’autre), que le combo nous assène ses riffs et ses breakdowns à la face accompagnés par de forts relents électro. Du côté des influences, on va chercher chez leurs compatriotes d’Eskimo Callboy (aussi présents sur l’affiche d’ailleurs), chez Crossfaith et bien entendu chez Motionless In White pour le look. Très concrètement, TTRAW n’apporte rien de neuf sur l’échiquier musical mais ils ont au moins permis au public du Longlive Rockfest de se réveiller et de commencer à faire la fête. Mention spéciale au maquillage du bassiste qui pourrait très facilement passer pour un musicien officiant dans le black metal !
 

Giants 


On laisse les tenues excentriques de côté après To The Rats And Wolves et on passe à Giants et son punk-hardcore tout droit venu d’Angleterre. Le set démarre sur les chapeaux de roues, le groupe dégage beaucoup d’énergie, ce qui permet de garder la bonne dynamique entreprise par ses trois prédécesseurs. Le chanteur bouge pas mal, la présence scénique est entraînante. Musicalement ça envoie, la basse claque bien et assure une rythmique plus que correcte pendant que la guitare suit mélodiquement et rythmiquement d’une manière honorable. Le chant résolument accrocheur qui alterne entre chant clair et chant screamé fait participer le public, et même le guitariste de Trash Boat qui s’invite devant la scène pour donner de la voix. Les breakdowns de Giants sont sympas et ils entraîneront les premiers mosh-pits du Longlive Rockfest. Le set des Anglais se termine sur la même énergie qu’au début, malgré un public réduit, ils ont tout donné.
 


 

The Earl Grey


Au tour des Français de The Earl Grey (comme le thé, même si ils n’en ont jamais bu), bien connus du public lyonnais. Ayant déjà fait leurs preuves en assurant la première partie de groupes comme PVRIS ou Chunk! No Captain Chunk, ils nous envoient une setlist bien rock valorisant les morceaux de leur dernier album, Odyssey, avec notamment la classique « Church Of Noise » ou « Beginners ». Les anciens titres un peu plus pop/rock sont toujours autant appréciés comme « We Are Young ». Au niveau du chant, on remarque une bonne amélioration pour Alexandre Ragon, qui semble avoir pris encore plus d’aisance au fil du temps, et c’est un bon point! Le groupe a vraiment l’air d’être heureux de jouer ce soir, et c’est toujours plaisant. Les guitares sont fortes, les musiciens transpirent et le public s’avère satisfait de ces trente minutes de show.

 

Eskimo Callboy


On enchaîne directement avec Eskimo Callboy, qui sont les premiers du week-end à jouer sur la mainstage. A l’image de leurs compères allemands vus deux concerts plus tôt, Eskimo Callboy portent aussi, pour certains, des tenues excentriques. Les cotillons et confettis sont de sortie pour cette ouverture de la scène principale, un petit plus festif non négligeable pour un groupe qui l’est tout autant. Le set ouvre avec « Crystals » et enchaîne sur « My Own Summer » et l’électronicore des Allemands fait mouche pour les personnes se trouvant dans le pit. Dans leur genre, les musiciens sont très bons et les deux chanteurs assument parfaitement leur rôle. Eskimo Callboy respecte son credo de musique festive et qui met l’ambiance, tout en restant très propre et carré. La salle principale du Transbordeur est à moitié pleine pour accueillir les Allemands en plein milieu de leur petite tournée de festivals de la saison. Le set est un peu court mais vu le nombre de groupe à faire jouer c’est tout a fait normal.
 

 


Blood Youth

On retour en Angleterre et sur la Clubstage pour apercevoir un groupe qui n’en finit plus de décoller : Blood Youth. Le groupe fait son entrée sur « 24/7 » issu de leur tout nouvel EP et d’entrée l’auditeur est prévenu, Blood Youth n’est pas venu pour rigoler et va faire étalage de tout son talent face au public lyonnais. Kaya Tarsus (chant) est véritablement possédé par la musique et surtout par les paroles qu’il éructe au visage du public. Il en profitera d’ailleurs pour descendre dans la fosse pour le tout dernier titre du set, « Failure », qu’il chantera avec les fans tout en leur laissant l’occasion de saisir le micro et de hurler avec lui pour un moment ultra marquant de ce festival. Pour le reste de la setlist et bien Blood Youth n’a sorti que des tubes pour le moment alors on pourra vous citer ce breakdown sur « Dead Space » avec ce « I’ll burn this house just to kill this disease, MOVE » qui aura fait des ravages parmi les mosheurs ou encore « Closure » issu de l’EP du même nom qui ne fait que confirmer le talent des Britanniques. On est impatient de revoir Blood Youth en tout cas, et le plus vite possible !
 

Stereotypical Working Class


Difficile de passer après le super set de Blood Youth, et pourtant, les presque Lyonnais de Stereotypical Working Class sont bien présents pour balancer leur rock puissant à la tête des festivaliers. Ils sont actifs depuis 1999 et jouent aujourd’hui sur le mainstage du Longlive Rockfest, au Transbordeur et quand on est Lyonnais, on sait ce que ça représente. Que dire de leur musique. Déjà, le bassiste est excellent tout comme le guitariste, ils assurent même un super passage de tapping en harmonie sur la quatrième chanson jouée. Sur les deux premiers morceaux la guitare est un peu camouflée par un chant trop fort mais ce souci est vite corrigé. SWC n’était sûrement pas le groupe le plus attendu de la journée par le public puisque la salle est très peu remplie au moment de leur concert. Mais ils ont le mérite d’avoir tout donné et d’avoir déployé une grande énergie tout au long de leur set, le tout en jouant du bon rock !


 


ROAM
 

Dire que ROAM était attendu par le public lyonnais est un euphémisme. Actuellement en tournée européenne avec Simple Plan, les anglais étrennent donc sur la route leur tout premier album Backbone, sortit en début d’année. ROAM, c’est la sensation pop-punk du moment qui va plaire à la fois aux fans du pop-punk des années 2000 nourris avec Blink-182 ou alors aux plus jeunes qui se sont nourris de All Time Low par exemple. C’est aussi la troisième fois que le quintet foule le sol français en peu de temps après un concert en tête d’affiche au Pop-Up du Label et la première partie parisienne d’Against The Current.

Emmené par Alex Costello au chant et assisté par le guitariste Alex Adams, ROAM nous propose une musique qui ne révolutionne rien mais qui est d’une efficacité redoutable. Essayez de ne pas sauter et danser à l’écoute de « Deadweight » ou « Cabin Fever » : impossible. Habitué des concerts, ROAM maîtrise à la perfection ses chansons, la scène ainsi que le public, Alex Costello n’hésitant pas à s’approcher un maximum des fans pour chanter avec eux. Petit par la taille, le chanteur est grand par sa présence scénique !

Au vu des discussions d’après concert, ROAM a réussi à conquérir même les plus réticents au pop-punk et c’est une preuve que ce groupe est le futur du genre.


 

Landscapes
 

 

Il est 20h quand les membres de Landscapes montent sur la mainstage du Longlive. Malheureusement pour le groupe, il aura affaire à un public peu receptif, la majorité étant venu pour la tête d’affiche du jour –Simple Plan– et reste de marbre face à la musique présentée par les Anglais. Evoluant dans une musique résolument issue du hardcore mélodique, Landscapes sur le papier parait isolé contrairement à ses compères présents le jour suivant. Pourtant, le groupe fait de son mieux pour s’attirer une partie de son auditoire et le chanteur ira même à l’encontre du public afin de le motiver. L’énergie produite par les membres du groupe est bonne, les musiciens sont justes et la batterie notamment est puissante et clairement mis en avant. On ne peut rien reprocher sur la performance des Anglais qui ont su donner ce qu’ils avaient malgré une foule peu conquise.
 

Lonely The Brave
 

Déjà lors de la mise en ligne du running-order et de la répartition des groupes, nous nous étions interrogés sur la présence de Lonely The Brave sur la Clubstage et Landscapes sur la Mainstage, l’inverse étant plus intelligent parce que Lonely The Brave a beaucoup plus de chances de plaire au public venu spécialement que le hardcore mélodique de Landscapes.  Les Anglais investissent la scène dans une configuration atypique puisque le chanteur n’est pas au premier rang, préférant se cacher un petit peu au niveau de la batterie et derrière un des guitaristes. Pour le reste, autant sur CD la musique de Lonely The Brave est ultra riche et entrainante autant sur scène, ça ne décolle pas et on se retrouve vite à regarder sa montre pour voir combien de temps il reste. Et vu que le groupe est mou et bien le public ne peut que l’imiter. Le résultat est donc peu flatteur et c’est dommage parce que les deux titres du prochain album (à paraître le 20 Mai) sont encourageants sur le plan musical.


Chunk! No, Captain Chunk!


Deuxième groupe français (de notre scène) le plus populaire sur les réseaux sociaux, Chunk! No, Captain Chunk! est un groupe un peu à part, plus américain que français grâce à une musique calibrée pour ce continent. Cela ne les empêche pas de jouer en Europe – et donc en France – avec le sourire. Aujourd’hui, c’est sur la Mainstage du Longlive Rockfest que le quintet va nous envoyer son easycore (savant mélange de sonorités hardcore alliés à du pop-punk) au travers de titres de ses trois albums et d’une reprise.

Emmenés par Bert au chant, son frère Eric à la guitare lead, Paul à la guitare et aux chœurs, Mathias à la basse et le petit nouveau Bastien à la batterie, Chunk! No, Captain Chunk! est un groupe carré sur scène qui occupe la grande scène du Transbordeur avec aisance, l’expérience des scènes aux USA se voyant dès le premier coup d’œil. Le début du set est une alternance entre les deux derniers opus des français entre « Haters Gonna Hate », « Playing Dead » ou « Taking Chances ». Bert viendra ensuite sur la barrière séparant la fosse de la scène pour chanter avec le public le titre culte de Smash Mouth, « All Star ». Un titre qui fera même chanter les fans de Simple Plan au premier rang même si on sent celles-ci désarçonnés par les moshpits qui se forment dans la fosse au son des breakdowns puissants envoyés par le quintet. Encore une fois, C!NCC! a démontré sa suprématie en France sur cette scène musicale.
 

Capsize
 

L’autre grand groupe du milieu hardcore monte sur le clubstage peu après 21h30. D’emblée, l’ambiance se veut plus chaleureuse et plus attrayante pour un des groupes montants de ces dernières années. Le son est impeccable, jusqu’à ce que le concert soit interrompu subitement. Un long problème technique perdure pendant le set des Américains. Le peu de personnes venues pour le groupe joue le jeu et aide Capsize à se relancer après une interruption assez longue. Le frontman de Capsize notamment est particulièrement en forme ce soir, sa voix est puissante et il domine la scène par sa prestance. Habitué des scènes, Capsize ne s’est pas laissé démonter par ce souci technique, et malgré un set écourté, le groupe a su livrer une prestation correcte.

 

Simple Plan
 

Après avoir patienté tout le début d’après midi devant une porte, puis toute la fin de journée devant la mainstage sans pour autant profiter des concerts qui leur étaient proposés, les fans hardcore de Simple Plan voient enfin leurs Canadiens débarquer sur scène. Un retour dans leur jeunesse pour beaucoup, une découverte pour d’autres, Simple Plan est un groupe mondialement connu, nominativement en tout cas. Une aubaine pour le Longlive Rockfest de voir leur tournée avec ROAM et The Bottom Line, passer du côté de chez nous.
 


C’est un voyage dans le temps que Simple Plan nous offre avec des titres comme « Jump », « Your Love is a Lie » et « Me Against the World » (pour la première fois en six ans), qui nous replongent dans leurs anciens albums. Mais aussi des chansons de leur tout dernier album, Taking One For The Team, avec « I Refuse », « Farewell » ou encore « Opinion Overload ». Le groupe communique beaucoup avec le public et est très proche de ses fans. C’est vraiment agréable et entraînant, et on a nous aussi envie de sauter ou de chanter. Simple Plan c’est une très bonne surprise au milieu de ces groupes un peu plus tournés hardcore. Pierre en rigole d’ailleurs en disant que les groupes ici sont plus violents que Simple Plan et que le chant dans le hardcore est beaucoup trop dur à faire pour lui. C’est marrant, on s’amuse bien et les Québecois clôturent ce premier jour du Longlive Rockfest d’une très bonne manière. On se souviendra d’eux comme un groupe extrêmement sympathique et proche du public, bénéficiant d’un show et d’une musique de très bonne facture en live.



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements