DevilDriver – Trust No One

Tous beaux tous flammes les gros bourrins de DevilDriver reviennent en cette belle année 2016 avec leur septième album. Il parait que sept est un chiffre porte bonheur. Alors les rednecks ont-ils réussi à mettre dame chance de leur côté? La réponse est un oui évident bien qu’un peu timide. Plus osé que chanceux, Trust No One s’affiche comme une album carré et maîtrisé qui pourrait bien permettre à DevilDriver d’attirer de nouveaux fans … mais également en laisser filer quelques anciens.

Probablement l’album le plus abouti et le plus « huge » de la discographie de ce bon vieux DD, Winter Kills s’affichait comme l’album de la démesure: des morceaux assez longs (quatre à six minutes), des compos cohérentes mais parfois trop « bordéliques » et, surtout, un Dez Farara aux limites de ses (impressionnantes) capacités vocales. De ce fait, Trust no One peut être considéré comme une réponse à Winter Kills tant il se veut efficace, accrocheur et intelligemment simple.

Sans parler de nouveautés ou de changement de style, on peut sans problème affirmer que DD est allé puiser quelques inspirations dans ce que le death mélodique fait de mieux ces dernières années. du coup, l’auditeur peut être un peu déstabilisé lors du premier contact avec des pistes comme « The Deception », « About It All » ou encore « Trust No One » où des passages catchy proches du metalcore prennent l’ascendant sur le côté southern cher au quintet.

Pourtant, l’ensemble est cohérent, et on peut facilement faire le rapprochement avec les changements opérés dans le line up. En effet, John Boecklin (batterie) et Jeff Kendrick (guitare) ont mis les voiles en 2014 suite au trop nombreuses tensions avec Dez Fafara. Ces derniers ont donc été respectivement remplacés par Austin D’Amond et Neal Tiemman. Quand on sait qu’ils sont arrivés dans la bande en 2015 et ont collaboré à l’écriture de Trust No One, on imagine donc aisément une certaine entente et une certaine cohésion en studio. On souligne évidemment la performance d’Austin D’Amond. Il a combien de bras ce mec sérieux?

Peut-être plus « light » que les productions précédente, Trust No One n’en demeure pas moins un album bien bourrin et défoulant avec ce qui fait la recette du combo depuis plusieurs années: du groove, de l’efficacité et des textes poignants. On peut d’ailleurs s’intéresser à la dernière piste « For What It’s Worth » qui n’est ni plus ni moins qu’une ode à l’amour de Dez Fafara porte à son épouse. Un OVNI dans les pistes qu’a pu proposer DD au fil des albums. C’est effectivement un aspect et un côté très positif qui émane de l’album en général. Notamment sur le refrain du morceau éponyme (peut-être le meilleur de la galette) où ce chant enragé et engagé accompagne un riff très mélodique et poignant. Si dans son ensemble Trust No One se veut plus « sage » que ses prédécesseurs, les amateurs de bourrinage ne devraient pas se sentir lésés grâce à des morceaux tels que l’ouverture « Testimony of Truth » ou encore « Retribution ». 

S’ils seront surpris, les fans purs et durs de DevilDriver devraient sans problème trouver leur compte dans ce nouvel album, même s’ils seront peut-être quelque peu perturbés par les éléments neo et mélodiques qui ponctuent cette production. Les curieux en revanche devraient être ravis en découvrant une oeuvre très accessible puisant intelligemment dans ce que la scène metal US offre de plus efficace ces dernières années. 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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