Apocalyptica au Download Festival France 2016

Après une date en demi-teinte au Zénith en novembre dernier, la faute principalement à la concurrence d'un solide Children Of Bodom le même soir au Bataclan, Apocalyptica signe un court retour en terre gauloise, pour 45 minutes de cordes frottées énergiquement.

La foule est assez dense, et le public est bien chauffé par le set survolté que vient d’envoyer Shinedown sous la tente adjacente, couvrant la Stage 3. Une légère bruine tombe, et donne un petit côté dramatique à l’entrée en scène des trois violoncellistes.

L’attente semble grande, et sera plus ou moins déçue selon les personnes. D’un côté il y a celles qui savaient que le groupe est accompagné depuis 2014 par le chanteur Franky Perez, et qui savaient donc à quoi s’attendre, pouvant ainsi profiter pleinement du set. De l’autre côté, nombreux sont les spectateurs qui attendaient un groupe uniquement instrumental, avec éventuellement un guest sur un ou deux titres, comme c’était le cas aux débuts du groupe. Cette frange du public est donc fort surprise de voir le chant prédominer, et on les comprend ! En effet, le mix met complètement en avant la voix de Perez, et relègue les violoncelles loin derrière, effaçant quasi totalement toute l’originalité du combo. En conséquence, si l’on remplaçait les violoncelles par de simples guitares et basses, le résultat n’en serait parfois pas différent… C’est fort dommage, d’autant que le son n’est pas mauvais près de la scène, et qu’on aurait aimé plus profiter du son limpide des cordes frottées.

Le charisme du vocaliste est également à mettre en cause, tant il semble aseptisé, et peu naturel sur scène, en particulier lors des ponts instrumentaux et s’adonne à des poses forcées sur le riser de la batterie.

En majorité, les Finlandais interprètent des reprises, dont deux de Sepultura, qui sont l’occasion de rendre hommage au jeu strident du regretté Dimebag Darrell en utilisant une whawha sur le violoncelle lead : quel son renversant ! Les solos de "Refuse/Resist" et "Inquisition Symphony" n’en sont que plus saisissants et rattrapent la déception de voir les riffs couverts par le chant le reste du temps.

A l’approche des vingt ans du Plays Metallica qui les avait propulsés sur le devant de la scène, le groupe rappelle la sortie d’une réédition de cet album culte, et en profite pour lancer sa version de "Seek & Destroy", qui réveille le public et fait secouer les tignasses dans le pit.
 


Enfin, un dernier regret concerne l’absence de morceaux des débuts du groupe : parmi les seulement trois compositions originales interprétées en ce début d’après-midi, deux sont extraites du récent Shadowmaker, et l’autre provient de Worlds Collide. Bref, en dehors de la reprise de Metallica, le set manque de standards de la formation, et c’est bien dommage, d’autant plus en configuration festival. A la décharge d'Apocalyptica, il est très délicat pour un groupe au répertoire si fourni et riche de proposer un aperçu de ses talents sur un créneau si court.

Le groupe sera de passage au Grand Rex prochainement, et nous y serons malgré tout, en espérant que ces petites erreurs seront gommées, et que le groupe saura exprimer son plein potentiel, comme il le fait le plus souvent.

Setlist :
Refuse/Resist (reprise de Sepultura)
I'm Not Jesus
House of Chains
Shadowmaker
Inquisition Symphony (reprise de Sepultura)
Seek & Destroy (reprise de Metallica)
Hall of the Mountain King (reprise de Edvard Grieg)



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