Rammstein au Download Festival France 2016

C’est LE concert que tout le monde attend ce troisième et dernier jour du Download. Ce dimanche est jour le plus fréquenté de l’édition et ça se voit : alors que la foule quitte, à tort, le pourtant excellent show de Megadeth pour se placer au plus proche de la scène qu’enflammera Rammstein dans quelques minutes, la densité de personnes au mètre carré explose. La foule est compacte et s’étale à perte de vue face à la scène. On attend bien sûr tous de se faire réchauffer par le show explosif des Allemands, et rapidement, il y a un point sur lequel tout le monde tombera d’accord : Rammstein en a mis plein les yeux au public parisien !

Une minute avant le début des hostilités, un décompte géant apparait sur les écrans et le backdrop, et fait habilement monter la pression. L’entrée en scène est spectaculaire, avec d’immenses fumigènes rouges, puis des explosions tandis que les musiciens arrivent par les airs, debout sur les structures mobiles où s’alignent les lumières robotisées. Tout ce manège se déroule sur fond du nouveau morceau des Allemands, « Ramm 4 ».

Ce qui frappe tout de suite, c’est la qualité extrême de la balance, malgré des conditions météo peu favorables. Certes, les sons synthétiques et froids utilisés par la formation facilitent quelque peu la sonorisation, mais tout de même ! Chaque élément est parfaitement à sa place, et on comprend les moindres détails du jeu de chacun. On profite ainsi de la rythmique lourde et précise de « Reise, Reise », qui excite plus encore la foule extatique.

On ne peut par ailleurs qu’être impressionné par le timbre de voix du frontman Till Lindemann, qui est autant voire plus caverneux et glauque que sur album : cette sonorité si caractéristique ne fait que renforcer l’aura dégagée par le spectacle. Mais le vocaliste sait également chanter de façon plus usuelle, comme il le prouve sur « Seemann », qui met en valeur sa voix et ses aspects les plus mélodiques. Pendant le rappel, « Frülhing in Paris » joue partiellement le même rôle, notamment à travers les courts extraits d’Edith Piaf qui le jalonnent.

Les effets visuels s’enchaînent à une vitesse dingue, avec pêle-mêle des masques lance-flammes, une visqueuse, feux d’artifice, jets de liquides, objets et matières incandescentes en tous genres… Le summum du mauvais goût est atteint lorsque sur « Zersören », Till révèle une ceinture d’explosifs et l’actionne en fin de morceau. Le malaise est palpable dans certaines zones du public, d’autant que le morceau s’achève par le visuel Pray For Paris sur les écrans. Il s’agit plus de maladresse que de malveillance de toute évidence, l’enchaînement étant à prendre au second degré, mais tout de même.

Visuellement, rien n’est laissé au hasard, même les éléments aussi classiques que les lumières : des faisceaux de beams absolument magnifiques parsèment la scène et l’illuminent d’une dentelle multicolore du plus bel effet. Tout est calé sur les riffs des morceaux, et est actionné en rythme, ce qui apporte une dynamique visuelle imparable. Un seul léger incident est à signaler, avec le blocage de l’un des ponts de lumière pendant « Du Hast », qui est ensuite tombé, provoquant une légère panique sur la scène.

Parmi les moments forts de la soirée, qui mobilisent au maximum la foule, il y a bien sûr les hits comme « Du Hast », justement, ou encore « Amerika ». Mais le summum est atteint sur le final « Sonne », qui soulève littéralement le public. La reprise de « Stripped » de Depeche Mode est aussi à souligner, notamment avec son pont instrumental où les guitaristes se répondent à coup de riffs assassins : imparable !

Forcément, on peut objectivement reprocher à Rammstein le côté répétitif de ses morceaux, et la linéarité de ses prestations, mais comment ne pas être comme un gosse devant un tel spectacle ? Le pari est en tous cas remporté haut la main ce soir, et il n’en sera de toute évidence pas autrement dans une semaine au Hellfest !

Setlist :
Ramm 4
Reise, Reise
Hallelujah
Zerstören
Keine Lust
Feuer frei!
Seemann
Ich tu dir weh
Du riechst so gut
Mein Herz brennt
Links 2-3-4
Ich will
Du hast
Stripped (reprise de Depeche Mode)

Rappel :
Frühling in Paris
Amerika
Engel
Sonne



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