Neurotic Deathfest (Tilburg, Pays-Bas – 1ère partie : 2-3 mars 2012)

NEUROTIC DEATH FEST
2-3 Mars 2012 (Tilburg, Pays-Bas)

 

VENDREDI 2 ET SAMEDI 3 MARS 2012

   Nous nous sommes rendus, Thomas Orlanth (à l’insu de son plein gré) et moi-même dans l’autre pays du fromage avec la malsaine intention de s’arracher la nuque sur des rythmes Death Metal et Grind à cette édition 2012 du Neurotic Deathfest. L’édition s’est déroulée exceptionnellement au mois de mars cette année (la plupart du temps le Festival se déroulait en mai pendant la fête de la Reine avec les rues animées pour l’occasion), mais malgré ce changement de date, la salle, située en centre ville, tout près de la gare de Tilburg, semblait comble. Le Neurotic Deathfest est en effet un festival couvert avec trois salles (l’une gigantesque, les deux autres étant riquiqui mais on vous en parlera plus tard), un accueil charmant et tous les trois « B » d’un festival réussi : Bière, Barbus et Bon son.

 

   VENDREDI 2 MARS 2012
 

 

   VOMITORY


   En début de soirée, c’est en regardant tourner un gros morceau de viande bien dégueu au Kebab du coin que je pense à Vomitory, ce combo Suédois que j’adore depuis quelques années déjà et je commence sérieusement à m’impatienter. Joueront-ils des titres groovy de leur dernier album, Opus Morits VIII ou des vieux morceaux surblastés de Primal Massacre ? Régurgiteront-ils sur scène ?  auront-ils un accueil froid comme une morgue ou au contraire, une foule infernale headbanguant sur  « Terrorize, Britalize, Sodomize » ?

   Mais à force de rêver à tout ce qui pourrait se passer dans une morgue et essayer de mâcher la viande infecte qui nous est servie, nous arrivons au show de Vomitory avec quelques minutes de retard, juste assez pour rater l’excellent titre « Regorge in the Morgue » avec ses riffs acérés tiré de leur dernier album.

 


  
   En revanche le public, lui, est déjà bien chaud et ne se laissera pas refroidir jusqu’à la fin du set. Il y a pas mal de monde en bas, dans la fosse. Les Suédois sont bien ancrés sur la gigantesque scène et ont un jeu assez statique. Mais cela ne gêne en rien leur brutale prestation comprenant des titres comme « Hollow Retribution », « Blood Rapture », « Raped in their own Blood » et pas mal d’autres.

 


 

  

   Pendant les 40 minutes qui leur seront imparties, la bande à Erik Rundqvist va nous servir un Death bien exécuté et tous les morceaux que le public adore, comme « Terrorize, Brutalize, Sodomize », « Serpents », « Chaos Fury ».

 


 


   Une excellente prestation, le groupe a rencontré ses fans ce soir-là.

   De plus, les zicos se sont révélés très sympas et complètement dézingués, en particulier Erik, et en plus d’avoir créé des liens amicaux, ils nous ont accordé une interview, à paraître bientôt sur La Grosse Radio !
 

Katarz

 

ASPHYX

   Asphyx est grand. Très grand. Il nous le prouve encore une fois ce soir. Dès que le combo envoie sa première note, c’est un son d’une autre envergure qu’on va prendre dans les dents. Le public visiblement en redemande. Normal, les Hollandais aiment leur combo national de Death dans la plus pure tradition du genre.

 

   La bande à Martin Van Drunen communiera littéralement avec le public, et scandera les morceaux avec lui comme « Deathhammer », tiré du dernier opus que le groupe vient clairement promouvoir ici.

 

   La réputation du groupe et le charisme de Martin ne sont plus à refaire et le son sera réglé pour donner à la musique d’Asphyx toute sa lourdeur.

 

   Certains morceaux comme « Wasteland of Terror », sonne presque doom avec des changements de rythme extrêmes. « Food for the Ignorant » ultra-rapide et brutal, va mettre la foule en délire. Une véritable  leçon.

 


Katarz

 

NAPALM DEATH

 

Ah Napalm Death…  Quand je pense qu’ils fêtent cette année leurs trente ans d’existence, ça me fait tout drôle de me dire qu’un groupe de grind death metal puisse avoir trente ans ! J’ai l’impression de me retrouver dans la peau d’un vieux fan d’Elvis.

Bon, pas tout à fait quand même. Dès que Mark « Barney » Greenway entre en jeu, ma première pensée est qu’il n’a pas trop vieilli. Ma deuxième pensée, une chanson plus tard, est « mais bordel, est-ce qu’il va arrêter de bouger comme ça, comment il veut que je puisse prendre une photo nette, j’ai l’impression d’être devant une course de formules 1 ! »

Mais évidemment, mes petits problèmes techniques ne l’intéressent pas et il  continu allégrement de sautiller partout pendant tout le show.

 

Je ne suis guère un expert de Napalm Death, mais j’ai crû comprendre qu’ils ont joué pas mal de nouveaux morceaux au début de leur prestation, sans oublier quelques classiques nécessaires comme « Nazi Punks Fuck Off », « Scum », « Human Garbage », « You Suffer » et «  Can’t Play Won’t play » (et pourtant, ils jouent ! Et bien !!!).

Trente ans d’expérience, forcément, ça donne un spectacle de qualité, alternant les moments de blabla face au public et les sauts frénétiques sur une putain de bonne musique !

Bref, la tête d’affiche de ce premier jour de festival a tenu avec brio son rôle ! On en redemanderait presque s’il n’y avait pas encore une foule de groupes intéressants à venir !

 

Thomas Orlanth

——————————————————————————————————————-

SAMEDI 3 MARS 2012

 

 

ORIGIN


   Origin est venu nous en mettre plein la gueule. Et pour cause, le voyage fut long depuis le Kansas et la première surprise est de taille puisque l’on aperçoit Jason Keyser (Detriment, Mucopus) derrière les rideaux ! Avec sa réputation de fou furieux, on sait qu’il va nous en mettre plein les oreilles ! Il semble particulièrement surexcité, davantage encore qu’un Devin Townsend pendant un show de Strapping Young Lad.

 

   Le concert qui va suivre va être tout bonnement monumental. Un des meilleurs de tout le festival. L’endroit et l’heure où il fallait être parce que les surprises vont se succéder. Un show qu’on voudrait revivre « again and again and again »…..

  Armée de ma guitare gonflable rose « Peace and Love » pour leur rendre hommage, je me place, devant mon vénéré bassiste Mike Flores qui ne va faire qu’un avec son instrument pendant tout le set. C’est ça aussi le Neurotic, une très bonne ambiance dans le public puisque personne ne vous tabasse pour se ruer au premier rang. Vous pouvez donc vous placer un peu où vous voulez. Sans lâcher la basse des yeux, Mike va accomplir des miracles sous mes yeux en délivrant une vague de notes exécutées à la perfection à une vitesse fulgurante. Mike, c’est plus ou moins ce qui reste du groupe puisque ni Jeremy Turner, ni le chanteur James Lee ne seront présents. Mais ce n’est pas grave ! Paul Ryan, l’homme à tout faire est de nouveau présent aux guitares et l’on peut dire que l’excellent son de la salle rend hommage à la qualité du jeu qu’il va nous donner ce soir. Des solis parfaits.

 

  Les fans sont dans l’attente et nombreux sont venus à ma plus grande surprise ! Pourtant, pour apprécier le Death technique d’Origin il faut bien plusieurs écoutes de chaque album, tant la complexité des compositions est poussée à l’extrême. Mais qu’à cela ne tienne, Origin nous envoie un sample froid comme l’espace et Jason débarque sur scène tel un pitbull et nous crache à la figure les morceaux « Origin », « Expulsion of Fury », « Purgatory and Conceiving Death ». Dès le début du set, le pogo part immédiatement, mais cela est normal, la prestation du frontman est juste exemplaire.

 

   Il nous propose même de faire un Circle Pit silencieux, auquel les Hollandais encore frais et pas trop enfumés se livrent avec plaisir.

   Un peu plus tard après un « Finite » excellement bien exécuté, Jason invite sur scène la belle Simone Pluijmers de Cerebral Bore pour exécuter le morceau « Staring from the Abyss » et le duo fonctionne à merveille. Les growls de cette jeune femme sont juste hallucinants.

 

   Le groupe nous a aussi servi un de mes titres préférés, « The Afermath », mais là je n’étais plus en état de quoi que ce soit !

   Jason est littéralement un fou furieux, il se mêle à la foule, lui hurle dessus, la fait hurler avec lui, et s’empare même de ma guitare gonflable pour jouer quelques notes de Air Guitar ! Jugez plutôt !

 

 

Katarz

 

MORGOTH 


J’écoute Morgoth depuis l’époque des cassettes audio et j’étais très curieux de les voir sur scène.
Malgré un public du festival globalement un peu mou, un pogo s’est vite déclenché dans la fosse.

 

La prestation scénique, notamment grâce au charisme survolté de Marc Grewe, est simple et efficace. Certes, ils ne sautent pas dans tous les sens comme certains, mais la puissance de leur death metal old school est incontestable. Il est clair qu’ils jouent pour leur public et pour se faire plaisir sur scène : deux ingrédients qui ne peuvent qu’aboutir à un spectacle de qualité !

 

« Burnt Identity » et « Pits of Utumno » sont à peu près les seules chansons dont je me souvienne. En effet, après avoir pris quelques photos, j’ai confié mon matériel à Katarz, et je me suis jeté dans le pit où je suis resté à peu près tout le concert en semi-transe.

 

 

Que dire de plus, à part « vivement la prochaine fois ! ».

 

Thomas Orlanth

 

ANAAL NATHRAKH


   Il fallait pourtant s’accrocher parce que les Anglais d’Anaal Natrakh étaient attendus sur scène juste après Origin. Dave Hunt et sa bande de dégénérés s’attendaient à un show d’envergure mais ils ne rencontreront pas leur public ce soir là. Cela est étrange parce que de nombreuses personnes arboraient des t-shirts à l’effigie du groupe. D’ailleurs, j’en fais moi-même la promotion auprès du chanteur Erik et de Peter de Vomitory, qui ne connaissent pas bien le groupe. Je les traîne alors pour qu’ils assistent à ce concert. Mais dès le début du set, il semble que la foule ne partira pas dans le voyage que Anaal nous propose.

 

   Le set démarre avec « In the Constellation of the Black Widow », très bien exécuté, notamment par le nouveau batteur d’Anaal. A noter aussi l’absence de Mick, qui écrit tous les titres. Dave me dira un peu plus tard que son compère est coincé aux Etats-Unis et ne pouvait venir. Mais ce qui est encore plus dommage, c’est que le public n’a pas rendu hommage au groupe comme il se doit et cela ne tient pas à la performance du groupe.

 

   Certes le son est assez brouillon de temps à autre. Le titre préféré de Dave, « The Final Absolution » n’a pas la puissance nécessaire pour nous faire décoller au plafond de la salle, le « 013 ».

   On tente un bain de foule sur « Submission is for the Weak » parce que Dave nous l’ordonne. Sur « Between Shit and Piss We are Born » ça démarre un peu, mais on sent encore de la distance.

   La foule s’attendait à des titres comme « Do not Speak », « Paragon Pariah », mais on n’a pas été servis. Pourtant cela aurait peut être été la solution pour chauffer la salle ?

    En tout cas Anaal Nathrakh est très attendu au Hellfest 2012 parce que le Hellfest ne propose pas que du Death Metal ! Alors on compte sur vous pour faire péter la tente !!! 


Katarz

 

GORGUTS


   Après une absence qui ne fut que trop longue, Gorguts sont de retour au Neurotic DeathFest et comptent bien partir en tournée prochainement. On a donc pu assister à un show où les musiciens étaient particulièrement en forme et ont trouvé leur public. Vu l’heure tardive, la salle commence à devenir comble et assiste à l’exécution de titres comme « The Erosion of Sanity » ou encore « Nostalgia ».

 

   Ce qu’il fallait noter c’est la présence de Patrice Hamelin du groupe français Martyr à la batterie ce jour là.

   Gorguts place le public dans un état d’esprit particulier, le berce avec ses rythmiques complexes, et la voix de Luc Lemay est profonde et chaude. Ca change du set très froid de Anaal Natrakh !

 

   Un très bon concert souligné d’un son exceptionnel, qui met à l’honneur la technicité des compositions de Gorguts, à l’instar de celles d’Origin.

 

 

  Katarz


 

SUFFOCATION


   Le clou du Festival, un des moments forts du week-end, a été la prestation des Américains de Suffocation, programmés en tête d’affiche. Décontractés et très attendus, c’est devant une salle comble que Suffocation va se produire ce soir.

   Frank Mullen apparaît en jogging, un peu comme sur un certain grand bâteau de 70.000 tonnes que je ne citerai pas, où on pouvait le voir chanter sur « New York New York » dans un état d’ébriété évident… il nous précise d’ailleurs de ne pas regarder la vidéo sur Youtube. Ce que bien sûr j’encourage la plupart d’entre vous à faire car c’est un grand moment…

 

   Le set sera également une succession de titres ravageurs comme le très groovy « Funeral Inception » sur lequel Frank invite Keith deVito de Internal Bleeding à pousser la chansonnette avec lui.

   Lorsque Frank annonce « Effigy of the Forgotten » de 1991, les foules deviennent folles. Il souligne par ailleurs qu’à cette époque là, c’était la bonne époque du Death, puisque Nickelback n’existait pas encore.

 

   Le majeur souci du set tenait en effet aux longs développements entre les morceaux : Frank est bavard ce soir et s’oublie un peu sur scène lorsqu’il parle de religion, de sexe, et de tellement de choses, qu’il nous refroidit un peu entre les morceaux. Alors que le public, lui, en redemande !

   Heureusement le public sera servi avec « Pierced from Within », « Catatonia », Liege of Inveracity » et d’autres titres que j’ai noté sur un joli carnet rouge. Si quelqu’un le retrouve, envoyez moi un mail ! 🙂  

 

Katarz

A voir aussi : NEUROTIC DEATHFEST Dimanche 4 mars 2012  
 



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements