Sixx:A.M. au Hellfest 2016

Samedi - 15h05 - Mainstage 1

Avec la fin de Mötley Crüe laissant Nikki Sixx libre de tout engagement, la reformation du line-up historique des Guns N’ Roses libérant également DJ Ashba, Sixx:A.M. a désormais le champ libre pour prendre son envol. Avec un récent album Prayers For The Damned Vol.1 marquant un vrai tournant, tant dans la forme que sur le fond, le supergroupe américain a à cœur de venir chercher les fans chez eux, avec de nombreux concerts partout dans le monde, des plus petites salles aux plus grands festivals. Une volonté féroce et pleine d’authenticité, comme en attestent les nombreux concerts acoustiques donnés après certaines de leurs dates, littéralement au cul du tourbus…

Le groupe est très attendu, comme on le constate dans les premiers rangs, où les fans se massent à la barrière. Sans détour, les membres du groupes débarquent sur scène, Sixx se faisant un peu désirer en arrivant en dernier, et embrayent sur leur hit "This Is Gonna Hurt". La mayonnaise prend immédiatement, les fans reprennent le refrain qui leur est cher tous en chœur, et l’énergie sur scène s’en trouve dopée. On peut en revanche être surpris de ne pas voir le groupe débuter par leur dernier single, "Rise", qui aurait probablement permis une entrée en scène sympathique, mais le choix effectué fonctionne également.

La mise en scène est simple, avec un backdrop à l’effigie de Sixx:A.M., mais de magnifiques costumes. Des vêtements noirs tâchés de rouge, comme à la craie, qui ont un rendu bad-ass à souhait, et créent une identité visuelle forte. En dehors de ces éléments, le groupe ne triche pas et mise tout sur la musique, et son énergie.

Concernant le dernier opus du groupe – qui est, rappelons-le, la première moitié d’un double album -, il est largement représenté dans la setlist, avec quatre titres sur un total de huit. Ainsi, "Rise" et son thème révolutionnaire articulé autour d’un motif a cappella permet à James Michael de faire participer le public, et le titre éponyme du disque apporte un peu de tension, avec ses mélodies dramatiques et intenses. Dans le registre de la grandiloquence, on est heureux de voir l’excellent "When We Were Gods" pointer son nez pendant le set : véritable réussite en studio, rappelant inévitablement Muse, le titre passe l’épreuve du live haut la main, et permet à James Michael de démontrer l’étendue de son registre. Ce dernier est d’ailleurs impressionnant de fluidité et son timbre cristallin réjouit nos oreilles. Il ne triche par ailleurs aucunement, et lorsqu’occasionnellement, une note pourrait être à la limite de ses cordes vocales, il modifie subtilement les lignes vocales. Passé la surprise lors du premier changement, rien de bien gênant ! Enfin, le chanteur est accompagné par deux choristes qui apportent des harmonies intéressantes, et dont la prestation est à saluer !

Enfin, on est un peu déçus par le choix d’"Everything Went To Hell" en tant que quatrième titre de Prayers For The Damned : non pas qu’il soit mauvais loin de là, mais il prend la place de véritables bijoux, comme "I’m Sick", ou "Belly Of The Beast", qu’on aurait adoré voir interprétés sur scène. Encore une fois, ce n’est pas bien grave, il s’agit juste de souhaits personnels, et comment satisfaire tout le monde ?

A la guitare, DJ Ashba envoie tout ce qu’il a, et impressionne par sa mobilité. Un coup assis sur les retours, il marche quelques secondes plus tard sur la pointe des pieds à l’extrême bord de scène avant de galoper au coin opposé de la Mainstage pour distribuer des mediators… Ses solos sont assurés avec classe, et chacun de ses riff est millimétré et envoyé avec la bonne dose de groove. Il revêt pendant un titre un drapeau français qui lui est tendu par le premier rang en guise de cape, le temps d’envoyer quelques solos bien sentis. Il joue également beaucoup avec les caméras, en les regardant, leur assénant de faux coups de poing, ou en prenant des poses décalées devant celles-ci : que c’est appréciable de voir un musicien aussi joueur et heureux d’être sur scène, malgré son expérience déjà longue !

Nikki Sixx est égal à lui-même : il assure ses parties en se mettant légèrement en retrait, comme pour ne pas voler la vedette à ses comparses, et impose par son assise et son aura naturelle. En fin de set, il distribue des mediators et en expédie un plein gobelet dans le pit, où tout le monde se rue sur les morceaux de plastique.

Bref, un gros concert de Sixx:A.M. qui confirme ce que le dernier album annonçait : le groupe deviendra probablement, et très rapidement, une formation majeure sur laquelle les plus grandes salles pourront bientôt compter. On peut tout juste regretter une sortie de scène, alors que le temps pour un neuvième titre était disponible. Mais comment trouver du négatif dans une prestation sinon pleine de générosité, d’authenticité, de fun, et surtout de qualité musicale ? Plus qu’une chose à faire : attendre le passage de Sixx et sa bande près de chez vous pour vous ruer passer un bon moment de hard rock, une bière à la main !

Setlist :
This Is Gonna Hurt
Rise
When We Were Gods
Everything Went to Hell
Prayers for the Damned
Lies of the Beautiful People
Stars
Life Is Beautiful

Photographies : © Nidhal Marzouk 2016
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



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