Joe Satriani au Hellfest 2016


Samedi – 18h35 – Mainstage 1

Au gré des contretemps et imprévus semés sur son chemin, votre serviteur n’avait jamais pu assister à une messe orchestrée par le légendaire Satriani. C’est maintenant chose faite, grâce au Hellfest, qui a organisé la venue du plus célèbre chauve à lunette champion de tapping du monde, rien que ça ! Un set quasi best-of avec de rares déceptions, mais un niveau tout bonnement hallucinant, voilà ce qui nous était réservé : retour sur ces cinquante minutes de surf aux côtés des martiens.

L’entame du set est directe, sans fioriture, avec le titre éponyme du dernier album du cordiste, « Shockwave Supernova ». Le son est absolument excellent, et pour la première fois aujourd’hui – heureusement me direz-vous ! – la guitare lead est parfaitement mixée sur les Mainstages. Le dernier né de la discographie de Satch sera assez représenté dans la setlist, avec pas moins de trois morceaux répartis tout au long de la prestation, tournée de promotion oblige. Et force est de constater que ça fonctionne bien sur scène : « On Peregrine Wings » s’avère grisant, et donne lieu à quelques plans techniques hallucinants, qui font retenir son souffle à l’assemblée estomaquée par tant de facilité. Du tapping main gauche, modulé par un Floyd à la main droite, sérieusement ?!
« Cataclysmic », également tiré de Shockwave Supernova, se révèle en revanche bien moins digeste sur scène : son interprétation tourne à la pure démonstration technique, et se retrouve qualifié par de nombreux spectateurs d’astiquage de manche fretté, pour rester politiquement correct.

Visuellement, le goût habituel du guitariste pour l’extravagance est de mise, avec un costume métallisé du plus mauvais goût, mais qui étrangement colle tout à fait au personnage scénique campé par Satch, et ne peut être porté que par lui. Entre chaque piste, il change d’instrument pour une nouvelle guitare, chacune ayant son look propre, mais jamais sobre. Joe communique brièvement au micro à une ou deux occasions, mais la majeure partie de l’échange avec ses fans se fait par la vibration de ses cordes, et s’exprime par sa maîtrise pharamineuse de toutes les technique guitaristiques imaginables, en particulier les bruitages.


Autour du personnage au centre de toutes les attentions, un groupe excellent et discret fait le job de façon irréprochable, et se montre aussi efficace et régulier qu’une backtrack. Mike Keneally, le second guitariste, se fend de quelques lignes de claviers entre deux accords, avec un bon feeling mais un son un peu trop brut, et surtout un effet de « touche-à-tout » très sympa. Il est d’ailleurs mis en avant sur « Ice 9 », où il affronte Satch dans un duel de lead puissant et décapant. Le bassiste Bryan Beller n’est pas en reste, avec un court solo de slap aux insiprations funk, toujours sur le même moceau. Seul le batteur Marco Minnemann est un peu plus en retrait, malgré un jeu carré et sans faille.

 

Les hits sont aussi de la partie, avec les plans d’harmoniques de « Summer Song », ou encore le groove imparable du culte « Satch Boogie ». La séquence émotion n’est pas oubliée avec « Always With Me, Always With You », caricature ô combien jouissive de la ballade lancinante, et qui rappelle à beaucoup un certain épisode de la série American Dad. La conclusion se fait de façon tout à fait prévisible, mais pas moins bonne pour autant, par « Surfing With The Alien », que les spectateurs se prennent en pleine face sans détour.


Certes, certains grincheux s’évertueront à expliquer qu’un tel set n’a pas sa place en festival, et n’a pas mis une ambiance de folie. A ceux-là on répondra que ce n’est pas le but, et que le concert était excellent, et n’avait pas besoin d’un pit sans dessus-dessous pour faire mouche. D’autres râleurs – moi en tête – regretteront le manque de certains hits, en particulier ceux de Super Colossal… Honnêtement, « Crowd Chant » dans un festival, ne serait-ce pas la meilleure façon de se mettre le public dans la poche ? A ceux-ci, je leur (et me) répond : Satch a tout de même été impérial, et le set était relativement court, donc impossible de contenter tout le monde. Bref, comment décemment trouver des point négatifs à ce concert ? Impossible si l’on aime un minimum l’œuvre du bonhomme…

Setlist :
Shockwave Supernova
Flying in a Blue Dream
Ice 9
On Peregrine Wings
Crystal Planet
Cataclysmic
Summer Song
Always With Me, Always With You
Satch Boogie
Surfing With the Alien

 

Photographies : © Nidhal Marzouk 2016
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



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