Goatsnake au Hellfest 2016

Samedi – 19h30 - Valley

Quand sifflent les serpents


La venue de Goatsnake est un évènement en soi, étant donné qu’ils n’ont jusqu’à présent donné qu’un seul concert en France, lors du Hellfest 2011. C’était d’ailleurs le premier concert depuis six mois d’une formation qui n’a jamais beaucoup tourné en Europe. Avec un album inégal mais contenant son lot de pépites sous le coude, tout indiquait que nous allions nous faire masser les oreilles de la meilleure des façons.

Le set démarre en effet de la meilleure des façons avec « Slippin The Stealth ». Greg Anderson a un son pachydermique servi par quatre amplis Sunn o))), difficile de faire plus lourd. D’ailleurs, en jetant un œil à la console, on peut voir que c’est son compère claviériste Tos Nieuwenhuizen (claviériste live de Sunn o))) ) qui se charge de la mise en son du concert, sous l’œil approbateur de Stephen O’Malley : autant vous dire que ça joue fort. Pour en finir avec la minute people, nous avons également aperçu Attila Csihar regarder le concert dans la fosse, avec une veste à patch minimaliste : un backpatch Screaming for Vengance, et deux patches Mayhem et Sunn o))), l’esprit de famille est là !
 

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De son côté, Pete Stahl impressionne avec son chant très expressif et juste, bien que relativement aigü. Il ponctue parfois les riffs d’Anderson de parties d’harmonica, on ne peut plus appropriées pour ce genre de doom qui pue le bayou. La setlist est axée sur le dernier album du groupe intitulé Black Age Blues. Cependant, on peut regretter que ce ne soit pas les meilleurs titres qui soient joués : point de « Tombs », « Grandpa Jones » ou même « Elevated Man ». On a à la place droit à la chanson titre, qui n’en finit plus avec son riff certes puissant, mais franchement, les Américains nous ont habitué à mieux !

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A la basse, le nouveau venu Scott Renner s’en sort vraiment bien, avec un jeu énergique ponctué d’un son lui aussi massif. Mais ces bons points ne suffisent pas à pleinement convaincre. On sent en fait le groupe beaucoup trop détendu, comme s’ils jammaient pour des potes, alors que ce n’est pas vraiment le cas ici. Pete, c'est sympa de trinquer à notre santé sur scène avec ta bouteille de rouge, mais nous ne sommes pas venus pour ça. Certes, il ne faut pas oublier que c’est le premier concert du groupe depuis plusieurs mois, mais il y a de quoi parier qu’avec un peu plus d’implication, Goatsnake aurait pu rendre une meilleure copie. C’était clairement un des concerts les plus attendus de la Valley, à cause de la rareté des apparitions du groupe, mais ce soir seul le son était là et pas la rage de vaincre.

Photos : © 2016 Thomas Orlanth
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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