Crobot au Hellfest 2016

Samedi – 12h50 – The Valley


On les avait découverts et beaucoup appréciés lorsqu’ils ouvraient pour Black Label Society début 2015. On avait alors été surpris par l’énergie de Crobot, et notamment celle d’un bassiste hors de tout contrôle. C’est donc avec un gros appétit que nous nous installons sous une Valley qui sait à quoi s'attendre, comme en témoigne son remplissage relativement dense au vu de l’horaire matinal – pour les tatillons, oui, une heure de l’après-midi, c’est très matinal au Hellfest ! Allez, c’est parti pour du gros son à la sauce retro, tout suant et tout poilu !

Gros son, oui. Mais surtout, bon son ! Tant du point de vue technique, car l’ingénieur façade fait un travail remarquable dès le début du set, que du côté musical. Les excellentes compositions de Crobot font inévitablement mouche, et ce en grande partie grâce à la voix du chanteur Brandon Yeagley, qui ne peut qu’impressionner l’auditoire. Montées suraiguës, et un léger grain rappelant vaguement Myles Kennedy ou même Robert Plant, rien que ça : tout est réuni pour des lignes de chant ravageuses. Brandon, s’accorde même quelques pas de danse ici ou là, accentuant plus encore le côté retro de la prestation, pour le plus grand bonheur des premiers rangs de la Valley.

Les musiciens sont déchaînés et parfaitement dans le ton, à l’image de Chris Bishop, dont la guitare tournoie en permanence autour de lui, et qui aura passé plus de la moitié du concert debout sur ses amplis, aux côtés du batteur Paul Figueroa. A la basse, mention spécial à son frère Jake, complètement possédé, qui vit son instrument à 200%, et bouge comme un diable sans jamais oublier d’apporter un groove sans pareil aux morceaux des Américains.

Ces morceaux, justement, sont variés et hauts en couleurs. Tantôt gras et puissants, tantôt très sautillants et joyeux, il y en a pour tous les goûts, et le tout reste lié par ces sonorités rétro, et cette attitude qui semble suspendue hors du temps. Forcément, on pense aux plus grands, d’Aerosmith à Led Zeppelin en passant par Deep Purple, mais jamais on ne soupçonne le plagiat, les membres de Crobot ayant leur son propre et leur identité bien définie.

Après l’excellent "The Necromancer" et son introduction parsemée d’harmonica, c’est un nouveau titre qui est interprété : il s’agit de "Not For Sale", le dernier single de Crobot, dévoilé sur la toile il y a tout juste dix jours. Le morceau permet aux musiciens d’exprimer toute leur spontanéité, et de faire osciller toutes les têtes grâce à un final ternaire très bien senti. L’ambiance monte, et le dernier morceau voit même le guitariste monter sur les épaules de son vocaliste, pour exhiber son torse face à la foule… pourquoi pas !

Avec un nouvel album qui arrive en septembre prochain, Crobot fait partie de ces groupes qui montent et se construisent une solide fan base au fil de prestations énergiques : le Hellfest n’a pas fait exception, et le groupe a bien réveillé les festivaliers en ce samedi matin. Merci Crobot !

Photographies : © Thomas Orlanth 2016
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



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