Tarja au Hellfest 2016

Dimanche – 15h50 – Mainstage 2


Si il y a bien quelque chose que l’on ne peut pas reprocher à la belle Tarja Turunen, c’est de se tourner les pouces. The Brightest Void est son tout nouvel album en date, sorti le 3 juin donc juste avant le Hellfest. Mais ceci n’est qu’un avant goût puisque qu’un autre album, The Shadow Self, sortira le 5 août. Deux sorties d’albums en deux mois, des passages dans plusieurs festivals, voilà de quoi ravir les fans.

Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est le passage de Tarja sur la Mainstage 2 du Hellfest pour la dernière journée du festival. Le concert démarre en trombes avec « No Bitter End » qui se trouve sur le dernier opus en date. Jusque là rien à dire, c’est conforme à la version studio, le chant est plutôt bon et régulier, les effets pyrotechniques sont beaux et le show est parfait.

C’est pourtant en enchaînant avec « Never Enough » tirée de Colours In The Dark, sorti en 2013 que les premiers soucis arrivent. Si Tarja arrive à user de son chant d’opéra à merveille depuis son départ de Nightwish, en ce qui concerne la musique c’est quand même autre chose. Comparé à ce qu’elle faisait avant, il n’y à rien a dire c’est original et différent. Par contre si l’on superpose « No Bitter End » et « Never Enough » qui se suivent dans le set, la ressemblance des riffs de guitare est frappante. Si l’on avait pas eu la petite pause entre les deux titres, on aurait pu penser que c’était un seul et même morceau pendant dix minutes.

En revanche ce qui est intéressant dans ce dernier, et surtout en live, c’est ce grand pont suivi d’un redémarrage en furie avec une instru surpuissante. Même si ces deux morceaux se ressemblent énormément, on ne peut en revanche pas reprocher à Tarja et ses musiciens de ne pas essayer. La confirmation que musicalement, ce que fait le groupe est excellent arrive avec « Shameless » qui se trouvera sur l’album à paraître en août. Comme depuis le début du concert, on a le droit à de gros riffs rapides avec un son de guitare qui accroche à l’oreille, mais plutôt plaisant comparé au son lisse de certains autres groupes. Ce titre est plutôt mystique et sombre, de par le chant, les choeurs et une basse s’imprégnant bien de l’univers de la chanteuse. Les « ouh ouh, ouh ouh » version opéra en fin de chanson sont quant à eux juste insupportable.

On a ensuite le droit à « Ciaran’s Well » sortie en 2007, puis « Calling From The Wind » qui sortira en août. Mais c’est là que les choses deviennent intéressantes ! Vous avez sûrement déjà entendu la chanson « Supremacy » de Muse ? Et bien Tarja se permet de la reprendre dans son futur album, Shadow Self. Rien à dire, le style de Muse et de cette chanson collent parfaitement aux aisances vocales de Tarja. On aura même tendance à dire que l’on préfère cette version qui penche plus vers le metal, que le rock du groupe original, même si le tout reste vraiment plat et sans grand intérêt. 

Pour les fans de sa gloire passée, la chanteuse se permet un medley de quelques titres de Nightwish. A savoir « Tutankhamen / Ever Dream / The Riddler / Slaying the Dreamer ». Et mon dieu ! Que la partie sur « Ever Dream » est magnifique, sûrement l’un des points culminants de ce concert. Et surtout, sûrement un des titres les mieux chantés par Tarja ce jour-là. On se croirait sur le live End Of An Era de Nightwish en 2005, c’est vraiment incroyable.

Le set se terminera avec « Die Alive » et « Until My Last Breath » qui nous laisseront un peu de marbre comparé à ce que l’on vient d’entendre. On retiendra du bon et du moins bon de ce concert. Notamment les montées vocales de Tarja qui sont parfois difficilement supportables, son manque de justesse dans son chant sur le début du set (problème qui sera rectifié par la chanteuse par la suite). On peut aussi reprocher au groupe d’avoir interprété trop de nouveaux ou futurs morceaux, même si ceux-ci sont excellents. On aurait peut-être préféré voir et entendre l’incroyable « Falling Awake » et ses excellents solos plutôt qu’une plate reprise de Muse. Surtout qu’à un jour près Satriani aurait pu venir y poser son solo. Les gros points forts en revanche, se trouvent dans la grande énergie de la chanteuse et sa grosse envie de faire les choses bien, ainsi que sa proximité avec son public. A voir aussi avec les deux albums de cet été, si le style dans lequel évolue Tarja n’est pas un peu à bout de souffle ou bien si au contraire le groupe arrive à se renouveler. En tous cas en live, cela nous a paru un peu faible comparé à ce que l’on attendait de ce concert. 

Setlist : 

No Bitter End
Never Enough
Shameless
Ciarán’s Well
Calling from the Wild
Supremacy
Victim of Ritual
Tutankhamen / Ever Dream / The Riddler / Slaying the Dreamer
(Nightwish cover)
Die Alive
Until My Last Breath

Photographies : ©  Nidhal Marzouk 2016
Toute reproduction est interdite sans accord écrit du photographe.



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