Puscifer au Hellfest 2016

Dimanche – 23h40 - Valley

V is for Victory


Aller voir Puscifer au Hellfest signifiait faire un grand sacrifice : faire l’impasse sur le (supposé) dernier concert de Tony Iommi en train de jouer des riffs qui font partie des plus importants de l’histoire de la musique amplifiée. Car on peut se moquer de l’état actuel d’Ozzy autant qu’on veut, Tony assure toujours et met tout  le monde au tapis dès son premier accord.

Le souci : ce n’était pas Joe le clodo qui jouait en même temps sur la Valley. On parlait bien de Maynard James Keenan, alias Midas, puisqu’il transforme tous ses projets musicaux en or. Cela faisait presque dix ans qu’il n’avait pas joué en France, et en une petite heure, il devait nous convaincre que son groupe était à la hauteur des attentes. Et rarement un groupe aura dissipé des doutes aussi rapidement. On parle ici d’un amalgame subtilement dosé entre indus, desert rock et trip hop. Avec des catcheurs sur scène. Vous en avez rêvé, Puscifer l’a fait. La musique n’est certes pas révolutionnaire, mais c’est diablement bien fait, et les musiciens délivrent ici une prestation époustouflante, à la fois professionnelle mais aussi très vivante.
 

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Ne nous voilons pas la face : pour un certain nombre de lecteurs, imaginer des catcheurs masqués jouer un Vaudeville potache et faire des acrobaties sur la scène d’un groupe de rock, ça s’apparente beaucoup à un cauchemar. Mais cette mise en scène est en adéquation totale avec Maynard, le créateur du groupe, qui s’est essayé comme humoriste et acteur à plusieurs reprises au cours sa carrière. Connu pour son humour pince sans rire, il va d’ailleurs être à la hauteur de sa réputation ce soir en disant : « Dildo Sacquet n’était jamais venu au Hellfest auparavant. Pourtant, il est tombé par hasard sur Legolas et lui a dit qu’il y passait un excellent moment. » Venant d’un type qui a nommé son groupe Puscifer (NDLR : comprendre « pussy fur »), cette sortie n’a rien de surprenant.

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Le son, les instrumentistes, les harmonies vocales de Maynard et Carina Round, les ajouts multiples par rapport aux versions studio : tout pue la classe dans ce concert. Le groupe n’a d’ailleurs pas besoin de meneur sur le devant de la scène pour marquer les esprits : c’est bien l’excellente performance collective qui retient l’attention. On se surprend régulièrement à regarder l’heure : le temps passe beaucoup trop vite avec eux. A fortiori pendant les quelques moments de fulgurance que Puscifer délivre, à commencer par l’interprétation de « Grand Canyon », un bel hommage à la nature en musique.  Quelle première, tudieu ! Puscifer aura prouvé qu’il méritait cette place en haut de l’affiche de la Valley, et il y a fort à parier que ce concert restera longtemps dans les mémoires des festivaliers, en tout cas bien plus qu’un énième concert de Down avec un Phil Anselmo à la voix cassée. En espérant que ce concert incitera Maynard à revenir au Hellfest avec le groupe qui l'a rendu célèbre.

Setlist :

Telling Ghosts
Galileo
Vagina Mine
Horizons
The Remedy
Grand Canyon
Breathe
Toma
Conditions of My Parole
Money Shot
Man Overboard

Photos : © 2016 Thomas Orlanth
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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