Erik Rundqvist et Peter Östlund, du groupe Vomitory, au Neurotic Death Fest


Interview avec
Erik Rundqvist (Chant, Basse) et Peter Östlund (Guitare)
du groupe Vomitory

Au Neurotic Death Fest

Réalisée le vendredi 02 mars 2012

Par Katarz

J’ai eu le plaisir d’interviewer Erik et Peter de Vomitory au Neurotic Deathfest, après leur prestation de folie que je vous invite à lire dans notre Live Report. Les membres de Vomitory se sont révélé extrêmement sympathiques, avec un humour bien solide. J’ai eu énormément de mal à garder mon sérieux tout au long de l’interview, perturbée par ces deux gaillards moqueurs (notamment à la vue de ma prise de notes pour l’interview.) Autant vous dire que leur deuxième degré est dur à retranscrire, en tout cas les fou rires ont été de mise tout au long de cette conversation. En attendant de les voir au Hellfest, je vous invite à partager ce moment de… douceur ? 

 

Alors salut à vous, merci pour ce show énorme ! Qu’en avez-vous pensé de cette prestation au Neurotic ?

Erik : C’était très fun ! On n’avait pas joué ici depuis 8 ans or c’est un des meilleurs endroits en Europe pour jouer ! Donc on est très contents de cette prestation.

Et que diriez-vous du public ?

Erik : Une très bonne réponse, super réaction. Je n’ai jamais connu ça, tu sais je suis un « newbie ». (Rires)

Peter : Le son était juste bon, c’était difficile.

Erik : Oui, la scène est très grande et du coup le rendu son est très étrange.

C’est très difficile aussi en tant que musicien, on doit se trouver une place...

Erik : Ouais, et si tu la trouves,…  restes-y.

Vous avez l’habitude de tourner avec Cannibal Corpse, encore une fois vous vous retrouvez ensemble au Neurotic Deathfest, puisqu’ils joueront dimanche…

Erik : Oui, on a tourné avec eux trois fois, il y a quelques années. C’est génial de tourner avec eux. Mais malheureusement on ne reste pas pendant tout le festival, nous partons dimanche matin, parce que nous devons être au boulot lundi. On se reverra au Hellfest.

Peter : Moi je les ai vus à Göthenburg, en Suède, mardi. C’était un très bon show.

C’est comment de tourner avec eux ? Du fun j’imagine !

Erik : C’est juste les meilleurs. Ce sont les mecs les plus gentils, un groupe énorme, ils amènent du public en masse…on aimerait tourner avec eux de nouveau. Et si tu croises George dis-lui qu’il est aussi bon qu’un joueur de synthé (Rires). Et dis lui aussi que son compte World of Warcraft il craint ! (Rires)

Et revenons-en au Neurotic : comment décrieriez-vous ce Festival en un seul ou en deux mots ?
Peter : « Hollandais » (Rires)

Erik : Ouais je rois que c’est comme ça que je le décrirais aussi. Les Hollandais sont si gentils et on a toujours un accueil super ici.

Peter : « Metal et Alcool » (Rires). Ca fait deux mots.

Erik : Oui, généralement ça résoud le problème.

 

Si on écoute votre dernier album, Opus Mortiis VIII , on peut dire qu’il est un petit peu plus accessible, davantage en tout cas que Primal Massacre. Je le trouve même plus groovy. Qu’en pensez-vous ?

Erik : Oh oui, il est définitivement plus groovy que les précédents. C’est la manière dont nous travaillons. Nous ne voulons jamais abandonner le son Vomitory, mais nous ne nous privons pas d’inclure de nouvelles sonorités.

Peter : A la fin, on en vient tous à écrire sans se poser de questions. Tu écris des riffs, ça fait une mélodie… On essaie de sonner le mieux que l’on peut. On ne se réunit jamais un an avant en se disant : tiens on va essayer de sonner comme ça sur le prochain album. Simplement, on écrit et quand on se rend compte que ce que l’on vient d’écrire sonne bien, on part sur cette idée et voilà. Aussi, la production entre en ligne de compte. Parfois tu as du bol avec la Prod, parfois un peu moins… Mais tu fais de ton mieux et c’est ce qui compte et il y a toujours des choses à améliorer. Peut être que notre prochain CD sera…. je ne sais pas… un peu plus grind ?

Et que pensez-vous de la production du dernier opus ?

Erik : Très bonne… peut-être trop bonne… (Rires) La prochaine je la veux plus crade. Celui-là sonne un peu trop propret à mon goût.

Un peu comme le dernier Aborted, Global Flatline, je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de l’écouter ?

Peter : Oui, je l’ai écouté en arrivant ici, ce matin. On parlait tous en même temps donc je n’en ai pas encore une idée précise mais il m’a sonné pas mal du tout, à l’exception de cette précision justement, une précision presque clinique dans la production.

Et ça ce n’est pas le genre de choses vers lesquelles vous tendez ?

Erik : Ouais je trouve que notre dernier opus sonne un peu trop « clean », un peu trop « sec », je l’aurais voulu plus gras…

Peter : Ouais un peu comme le premier album, puis Terrorize, Brutalize, Sodomize. Il y avait ce son des guitares avec pas mal de distorsion, un peu plus « in your face ».

Mais ne vous inquiétez pas, j’adore le dernier album ! Tout comme votre clip pour le morceau « Regorge in the Morgue », qui est absolument génial, super drôle.

Erik : Non il est brutal. (Sourire)

Mais j’ai une question à propos de ce clip: quelle était al composition de la substance que vous régurgitez ?

Erik : Du vomi et du sang ! (Rires) Non c’était du yaourt avec du müesli et une crème de cassis. Les mecs qui ont fait la vidéo ont voulu faire en sorte que ça ait le meilleur goût possible pour que nous puissions le garder dans la bouche le plus longtemps possible !

(Pendant ce temps, Peter énumère longuement les ingrédients…)

Erik : En gros si tu veux ils ont mélangé des ingrédients de manière à ce que ça ressemble à du vomi et du sang. (Rires)

Peter : Et il y avait aussi ces deux filles qui nous ont maquillés avec du faux sang, j’en avais plein la tête… Et l’un d’entre nous avait la bouche éventrée…

Erik : Non. Ah si…. (Rires)

Moi j’ai vomi ce matin au réveil ! C’était ma manière de vous rendre hommage aujourd’hui.

Peter : T’es enceinte ou quoi ?

Erik : Moi y’a de fortes chances que je vomisse demain matin. (Rires)

Que pouvez-vous dire des ventes de cet album? Etes-vous satisfaits les gars ?

Erik : On en a aucune idée et on s’en tape. On sait qu’on a bien vendu quand on s’aperçoit qu’on a assez d’argent pour faire le prochain album. Et quand on a pas assez, ben on sait qu’on a pas si bien vendu.

Peter : Notre label nous a dit qu’apparemment jusque là nous en avons vendu à peu près autant que les précédents, disons 4000 à 5000 copies. Peut être 6000 ? Je ne sais plus. On n’en vend pas des dizaines de milliers en tout cas, c’est sûr.

Erik : Généralement on doit attendre un an pour le savoir, donc on le saura à l’approche de l’été. Mais nous avons de très bonnes critiques et c’est la première fois que nous faisons une vidéo digne de ce nom. On en fera d’autres, tu sais ? Il faut qu’on répande plus de vomi.

Vous devriez vomir sur scène, je ‘y attendais un peu…

Erik : Ouais mais je ne veux pas abîmer ma basse. (Rires)

Peter : Parfois nous sommes pas loin pourtant ! (Rires)

 

Je voudrais aborder la question des solis de guitare sur le dernier album, si courts mais excellents…

Erik : Je ne veux pas en parler. (Rires) Demande-lui.

Peter : Ils me forcent à faire des solis de guitare… Ils me disent : « Peter, tu dois faire un solo de guitare ici ». Je leur réponds : « O.K. » (Rires) Ensuite je fais de mon mieux. Parfois je suis seul dans le studio et je fais de la magie, parfois je ne sais même pas ce que je joue… mais…

Erik : … mais ça sonne. Parfois il nous fait des solis à la Slayer, et parfois il nous fait des trucs plus mélodiques. Sur le dernier album les solis sont courts mais rudes, ils collent bien à la musique à chaque fois. Sérieusement, depuis qu’il est là on a de vrais solis dans nos chansons, parce que sur les premiers albums, les solis ils craignent. Maintenant ça joue.

Diriez-vous que vous êtes encore un groupe de Brutal Death Metal ?

Erik : On a jamais dit qu’on l’était ! On est un groupe de Death Metal de Suède. (Rires)

Peter : Ouais c’est les autres qui disent que l’on est Brutal.

Erik : Effectivement, quand tu écoutes des vieux groupes de Death Suédois comme Unleashed par exemple, tu sais à quoi tu as affaire. Nous aussi on se considère comme étant de cette vieille vague de Death Metal, même si certains peuvent nous qualifier de … je ne sais pas… du Rock de Floride ? (Rires)

Peter : Exact. On a un son Vomitory, même si on a aussi des sonorités diverses, tu peux nous rapprocher d’autres groupes. Mais comme c’est Tobias qui écrit, tu peux être sûre qu’il est influencé par le vieux Death comme Bolt Thrower, Napalm Death, Carcass… Mais dans les critiques, ou les chroniques d’albums, tu peux parfois lire que nous avons telle ou telle influence, genre Obituary etc. Et nous on est genre : « Quoi ?? ».

Mais de toute façon on reconnaît toujours votre son.

Erik : C’est cool, ça fait plaisir. C’est un privilège pour un groupe de se dire, tiens on sonne comme ça et on reconnaît notre son.

Peter : Mais oui, c’est sûr qu’on est influencés par les vieux albums de Death que j’ai cités, et puis moi, quand j’ai rejoint le groupe, j’ai apporté des influences plus Thrash, comme Slayer...

Erik : Il est de la White Thrash. (Rires)

Peter : Quand j’étais gamin j’ai baigné dans ce vieux Thrash avec Slayer, Kreator, Iron Maiden, Metallica, Exodus…

Et au début quand tu grattais tes premières notes de guitare, tu t’entraînais sur quels titres ?

Peter : Ha, tu sais je jouais du Metallica, du Slayer, Iron Maiden. Et beaucoup de Metallica. « Shit Load Metallica ». (Rires)

 

Et toi Erik ? Quelles ont été tes influences ?

Erik : Iron Maiden est de loin mon groupe préféré, Dantzig, AC/DC, les vieux Black Sabbath… voilà avec qui j’ai grandi. Mais je suis un peu plus vieux, c’est pour ça. Peter c’est notre jeunot.

Alors si vous regardez cette affiche (je leur montre du doigt l’affiche du Neurotic avec la liste complète des groupes), avec tous ces groupes, qu’est-ce qu’il faut selon vous faire aujourd’hui pour faire la différence, pour se démarquer, ou même pour avancer dans le Death ?

Erik : Selon moi ça marche plus par cycles. Tu vois, à un moment le Punk reviendra à la mode, puis ce sera le Grind de nouveau etc.

Peter : Il y a tellement de groupes aujourd’hui en Suède, tu en crèverais. Des jeunes d’à peine 20 ans qui essaient de sonner comme les pionniers, Dismember, Morbid Angel… Nous on essaie pas de sonner nouveau tu vois, parce que l’on est persuadés qu’on finira par sonner comme du Vomitory. Mais déjà on se concentre sur le fait d’écrire de bons titres, avoir une bonne production… Personne ne peut dire comment on finira ni quand ça s’arrêtera, mais en attendant on continue.

Et vous écrivez déjà quelque chose de nouveau là ?

Peter : Non, non du tout. On a tourné l’an dernier avec Prostitute Dysfigurement et on était en train de se dire que l’an prochain on va la jouer cool, qu’on allait se faire quelques festivals. Du coup on va se produire un peu en Suède, puis quelques Festivals en République Tchèque, Allemagne, quelques shows en Finlande. On va eut être écrire quelque chose cette année mais on ne va certainement rien enregistrer. Urban il va sur ses 42 ans, il a des enfants, un boulot, moi aussi je vais bientôt avoir mon premier enfant, Erik a plein de trucs à faire aussi, alors on ne peut pas juste tout balourder pour se mettre à la musique ou tourner dans le monde entier. Surtout que l’on en vit pas. Plus tu deviens vieux et plus tu dois planifier les choses. Quand on te demande si tu peux jouer à ce concert, tu dois vérifier avec ton patron.

Erik : Nous on continue l’aventure parce que tant qu’on va s’amuser à faire ça, on continuera. Mais quand on commencera à ne plus y trouver du plaisir, ça se ressentira parce qu’on va sonner comme de la merde.

Nous on attend avec impatience de vous revoir en France, au Hellfest.

Erik : Nous aussi on est impatients parce que jouer en France c’est énorme.

Peter : Malheureusement je ne pourrai pas être présent parce quej’attends mon bébé. J’ai mis ma femme enceinte. (Rires) Je serai remplacé par Danny (Tunker) de God Dethroned.

Vilain garçon !

Erik : Oui, on aura le gratteux de God Dethroned, il est trop bon pour nous, on ne sait pas ce qu’il fout là. (Rires)

Oh excellent !

Erik : Ouais il est là haut tu peux lui dire bonjour.

En tout cas merci mille fois de nous avoir accordé cette interview. On a hâte de vous revoir dans nos contrées.

Erik : Merci à toi !

Peter : Merci !
 
 



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