Evanescence – The Open Door (2006)

Découvert par le grand public en 2003 avec la sortie de l’album Fallen, c’est pourtant trois ans plus tard avec son successeur qu’Evanescence aura atteint le pic de génie de sa carrière. Album méconnu par le grand public, The Open Door est pourtant l’opus le plus intéressant de la carrière du combo américain. En 2016, nous fêtons les dix ans du deuxième album d’Amy Lee et sa bande et pour l’occasion, on vous propose un petit retour en arrière pour vous remémorer ou vous faire découvrir The Open Door.

Dès 2006, la rengaine était la même pour les français qui n’écoutent que la radio « Ah bon ils existent encore ? ». Et bien oui, ce n’est pas parce que NRJ, Europe 2 (à l’époque) ou d’autres radios ne passaient pas les singles de The Open Door qu’Evanescence était mort, bien loin de là. Et pourtant la genèse de cet album aura été un long parcours semé d’embûches. Dès 2003, Ben Moody (guitare) quittait le navire en pleine tournée alors qu’il était avec Amy Lee (chant) le principal compositeur de Fallen. Remplacé par Terry Balsamo (ex-Cold), c’est ce dernier qui prit la casquette de compositeur pour cet album, toujours en duo avec Amy Lee.

La composition et l’enregistrement de l’album s’étalèrent sur quasiment dix-huit mois, retardés aussi par l’attaque subie par Terry Balsamo ainsi que la perte du manager de l’époque et c’est à la fin du mois de Septembre 2006 que paraît The Open Door. Le succès commercial de l’album ne se fait pas attendre avec quasiment 500 000 ventes en première semaine aux USA et la première place du fameux classement Billboard 200 pour au final vendre un peu plus de quatre millions d’unités. Pour la France, cela représente soixante quinze milles albums vendus, pas mal pour un groupe de notre scène.
 


Mais revenons-en à ce qui nous intéresse, l’album en lui-même. Promu par le single « Call Me When You’re Sober » – un titre supposément dédié à Shaun Morgan (chant, Seether) de la part d’Amy Lee – c’est un choix assez discutable puisque c’est le titre le moins bon de l’album et de loin. On sent que le poids du label a été important dans ce choix et on ne pourra que continuer à détester Wind-Up pour cela, n’étant pas la seule erreur faîte par le label et de très loin.

Composé de treize titres pour une durée de cinquante quatre minutes, The Open Door est un album très dense par la richesse de son contenu, les innombrables petites touches que l’on découvre au fur et à mesure des écoutes mais qui en font un album plus difficile d’accès que son prédécesseur. « Sweet Sacrifice » ouvre le bal et Amy Lee nous met tout de suite dans le bain avec les paroles « It’s true, we’re all a little insane » et on comprend que l’on va entrer dans un univers aux contours bien définis. D’entrée la qualité de la production de l’album saute aux yeux, chaque instrument est à sa place, distinct mais parfois discret et le travail fait sur les ambiances (avec ces nappes qui entourent les guitares notamment) promet un album loin de la linéarité que l’on pouvait ressentir parfois sur Fallen.


Variant les plaisirs, quatre titres ont bénéficié d’un clip dans des styles et des ambiances différentes. « Call Me When You’re Sober » (un single calibré) pour commencer puis « Lithium » (un titre mid-tempo), « Sweet Sacrifice » (un titre plus classique) et enfin « Good Enough » (la véritable ballade piano-voix). Des choix intéressant pour les trois derniers et que l’on pourra difficilement critiquer parce que ce n’est pas non plus ce qui intéresse le plus le fan ou même l’auditeur lambda qui aura écouté l’album d’une traite au moins une fois sans attendre les singles et clips vidéo.

En comparaison de Fallen, The Open Door offre une nouvelle envergure à Amy Lee sur le plan de l’écriture. Privée de Ben Moody, la jeune femme a ainsi commencé seule l’écriture de cet opus avant de travailler véritablement avec Terry Balsamo (guitare) ainsi que John LeCompt (guitare) sur le titre « All That I’m Living For ». De cette période de travail en solitaire, trois titres terminèrent sur l’album : « Lithium », « Like You » et « Good Enough ». Il est assez facile de reconnaître la maternité de ces titres sur le plan musical tout d’abord puisque ce sont des morceaux mid-tempo, basé sur une mélodie au piano ainsi que dans les paroles. Pour ceux d’entre-vous qui ne sont pas plus familier que cela avec l’histoire de la frontwoman, sachez que celle-ci a perdu à l’âge de six ans sa petite sœur Bonnie d’une maladie inconnue. Cette tragédie a profondément affecté l’enfant qu’elle était et cela a donné « Like You » sur The Open Door qui fait suite à « Hello » sur Fallen, deux titres donc en forme d’hommage mais aussi de thérapie. Pour l’anecdote, sachez qu’aucun de ces titres n’a été joué en concert et ne le sera probablement jamais.


Bien sûr, Amy Lee est la pièce centrale d’Evanescence, elle incarne le groupe comme beaucoup de chanteurs/chanteuses au cours des dernières décennies mais pour The Open Door, il faut mettre l’accent sur deux hommes. Tout d’abord Dave Fortman (guitariste de Ugly Kid Joe) qui a conféré par sa production un cachet inimitable à l’album et une direction que l’on a malheureusement perdu sur le dernier opus en date et bien entendu Terry Balsamo, guitariste et co-compositeur. Ancien de Limp Bizkit au tout début puis de Creed, le guitariste baigne dans le nu-metal depuis sa jeunesse et pourtant, sur The Open Door il a repoussé ses limites. Les riffs typiques du style sont bien présent mais on y retrouve aussi des parties de guitare ambiante voire atmosphérique comme sur « Cloud Nine » et « Lose Control ».

Alors que d’habitude la moitié de l’album est régulièrement le moment faible, c’est tout l’inverse avec Evanescence qui nous propose un enchaînement « Snow White Queen » – « Lacrymosa » impressionant. Sur le plan des paroles, le premier traite  des stalkers et des paparazzis qui ont commencé à suivre la chanteuse suite au succès de Fallen, changeant complètement ses habitudes, tandis que le second reprend une séquence d’un requiem de Mozart. Deux titres différents mais complémentaires et qui soulèvent un autre point remarquable sur cet album, l’ordre des morceaux. Tout semble avoir été réfléchi minutieusement pour offrir une expérience optimale.
 


Dix ans après sa sortie, The Open Door reste à ce jour le meilleur opus d’Evanescence. Il regroupe tous les éléments qui ont fait le succès du combo : la voix d’Amy Lee, des riffs qui restent en tête, une forte propension à ajouter du piano et tout simplement des tubes à la pelle. Cet album est à conseiller même à ceux qui n’ont pas aimé ou pas accroché plus que cela à Fallen car l’expérience n’est pas du tout la même et ce petit bijou mérite que les mélomanes s’y attardent ne serait-ce qu’une fois. Dix ans après sa sortie, The Open Door reste l’album quasi parfait qu’il était. Cinq ans après la sortie du dernier album en date, les fans d’Evanescence qui existent encore peuvent faire la grise mine car le hiatus engendré par Amy Lee semble devoir se continuer.



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