Whitesnake à  l’Olympia (19.07.2016)

La dernière date française de Whitesnake remontait au Hellfest 2013, et la dernière venue de David Coverdale et sa bande à Paris datait d'il y a plus de sept ans : autant dire que le concert de ce soir est un petit événement dans la sphère musicale, et que nous n'allions pas le manquer ! Si nous n'avons pas eu la chance de profiter de la tournée suivant la sortie du Purple Album, c'est cette fois une tournée best-of, avec une setlist aux allures de playlist idéale, qui passe par chez nous. Retour sur cette belle soirée.

 

The Answer


Lorsque nous débarquons dans l'Olympia, c'est avec effarement que nous constatons le faible remplissage de la fosse... Comme l'avaient laissé penser les offres de réduction à répétition, les ventes ont été assez peu satisfaisantes : période estivale, prix trop élevé du billet, les facteurs sont nombreux, et le résultat est malheureusement là. Bien heureusement, la salle se remplira peu à peu, et si elle ne sera jamais comble, le public sera tout de même d'une densité décente pour l'arrivée de Whitesnake sur scène.

Le choix de The Answer comme première partie faisant parfaitement sens, c'est avec joie que nous voyons débouler Cormac Neeson et ses comparses sur scène, pour une demi-heure de hard aux relents 70's. La tournée actuelle du combo célèbre les dix ans de son premier album Rise : ce sont donc cinq titres de cet opus qui débutent le set, ce dernier étant ensuite conclu par deux nouveaux morceaux, qui figureront sur le prochain album Solas, que les Irlandais sortiront à la rentrée.

C'est une grosse déception de voir le dernier et excellent Raise A Little Hell sur la touche, ses compositions avaient en effet été de grands moments des dernières venues du groupe en France. De plus, on se rend compte du chemin parcouru par les musiciens en dix ans, tant les titres joués semblent plus simplistes et moins aboutis que les dernières offrandes. Concernant les deux titres inédits, ils semblent étrangement ficelés au premier abord : lents dépouillés, assez peu dynamiques... bref, le choix de setlist semble assez malheureux et la mayonnaise ne prend que partiellement.

C'est d'autant plus dommage que le groupe affiche sinon une forme olympique, avec un son carré, et une prestation pleine de volonté et de qualités. Le chant de Cormac est toujours aussi caractéristique et provoque toujours les mêmes frissons, la section rythmique est efficace au possible - mention spéciale au bassiste Micky Waters - et le guitariste envoie la purée. Un léger bémol sur la balance de ce dernier, mais rien de bien méchant.

Bref, The Answer est toujours aussi plein de fougue, mais le choix de setlist a été mal mené, et peu adapté à un temps de jeu si court : vivement leur retour avec les Dead Daisies en décembre, où ils pourront s'exprimer plus longuement et plus pleinement, à coup sûr.

Setlist :
Under the Sky
Come Follow Me
No Questions Asked
Sometimes Your Love
Preachin'
Thief of Light
Solas

 

Whitesnake

 

 

Après une brève pause, Whitesnake débarque sur scène, face à une fosse décemment remplie, mais surtout fournie en fans dévoués et bruyants au possible. David Coverdale apparait sous une véritable ovation, et brise son pied de micro en deux avant d'entamer la ligne de chant de "Bad Boys". Avec entre autres "Love Ain't No Stranger" et "Fool For Your Loving", c'est une première salve de cinq hits en puissance qui ouvre le set, pour le plus grand plaisir de tous, avant que le frontman ne prenne la parole, pour exprimer son plaisir de se produire sur la scène de l'Olympia. Il se fait aussi offrir un présent bien original par un fan du premier rang : une boule à neige contenant la Tour Eiffel ! Moment cocasse, durant lequel le chanteur ne sait pas très bien si l'objet est pour lui, ni même si c'est bien un cadeau : hilarant !


La classe et le charisme du frontman sont intacts, et tous les yeux sont braqués sur lui : il occupe toute la scène, échange beaucoup avec son public et fait preuve d'une belle générosité. A ses côtés, les musiciens sont solides : on apprécie tout particulièrement le jeu carré et maîtrisé du relativement nouveau venu Joel Hoekstra, débarqué pour remplacer Doug Alrich. Musicalement, rien à redire, tout est à sa place, c'est propre, le son est assez massif, et on profite bien des subtilités des arrangements. Seule la sonorisation des solos est étrange, avec cette lubie de l'ingénieur façade à balancer les solos à droite ou à gauche selon le guitariste concerné : ça rend probablement bien depuis la régie, mais c'est un vrai désastre à l'avant du pit... 

 

On apprécie particulièremet le jeu spectaculaire de Tommy Aldridge à la batterie, qui malgré la présence de son imposant kit, arrive à attirer l'attention sur lui, par son jeu aux mouvements amples et fluides. Il aura d'ailleurs l'occasion de se faire remarquer lors d'un solo majoritairement assez dispensable, jusqu'au moment où il l'achève à mains nus, une fois que ses baguettes ont été expédiées dans les premiers rangs du public : ça c'est du rock !

Les soli, puisqu'il en est question, sont l'un des points noirs du concert, puisque chacun des musiciens dispose pendant le set d'un peu plus de cinq minutes seul en scène. Soit plus de vingt minutes allouées aux seuls soli, qui tournent globalement à la démonstration technique répétitive et rébarbative. On notera tout de même, en plus du passage de batterie à mains nues déjà cité, un plan intéressant mais trop court de guitare acoustique exécuté par Joel, ainsi qu'un excellent solo de basse de Michael Devin, construit autour de motifs percussifs loopés, et franchement bien foutu. Mais à part ces quelques séquences, le seul véritable intérêt de ces moments à rallonge reste les minutes de répit qu'ils constituent pour la voix de David Coverdale.


 

Si l'on mentionne ces précieuses minutes de repos, ce n'est pas par hasard. Un seul sujet de conversation semblait occuper les fans avant le concert, et il se résume à la question suivante : "David sera-t-il en voix ce soir ?"

La réponse est rapidement assez satisfaisante, si on garde à l'esprit le poids des années, que Coverdale n'a pas amorti aussi bien que certains de ses homologues. Le chant est juste tout au long du concert, ce qui est un début. Mais on remarque vite que la voix du frontman n'est plus aussi cristalline qu'à l'époque de gloire de Whitesnake. Toutefois, il en fait fi, et se jette à corps perdu dans sa prestation, et se donne à fond autant qu'il peut : dans les tons médium, sa voix est sensationelle, mais elle perd en puissance dans les aigus, qui sont interprétés par un timbre cassé plus prudent. Derrière lui, les guitaristes assurent des chœurs abondants et fournis, et doublent la quasi intégralité des lignes de chant, pour minimiser les éventuelles pertes de régime du maître de cérémonie, complètement assumées par Coverdale : un choix payant et au rendu plaisant ! Et le public, fidèle, joue à la perfection le rôle de sixième homme du groupe, assurant l'intérim lors des rares trous dans les couplets. En tous cas, on ne peut que saluer une telle humilité du frontman, qui assume son âge, et ne s'évertue pas à massacrer ses titres les plus exigeants, comme le font certains vocalistes de sa génération. 


 

En définitive, c'est une très belle soirée que nous ont fait passer les membres de Whitesnake. Si l'on oublie quelques légers défauts, les longueurs des soli en tête, on ne trouve pas grand chose à redire : le job est fait, et en prime, le groupe semble prendre autant de plaisir que son public, ce qui mérite d'être sigalé pour un groupe à la longévité exemplaire ! Proximité avec les fans et rock'n'roll attitude, tout est là : la retraite de David Coverdale est sans doute assez proche, mais on espère tout de même avoir au moins une dernière occasion de replonger le temps d'un concert dans la légende Whitesnake !
 

Setlist :
Bad Boys
Slide It In
Love Ain't No Stranger
The Deeper the Love
Fool for Your Loving
Ain't No Love in the Heart of the City / Judgement Day
Guitar Solo
Slow an' Easy
Bass Solo
Crying in the Rain
Drum Solo
Is This Love
Give Me All Your Love
Here I Go Again

Rappel :
Still of the Night

Photographies : © Nidhal Marzouk 2016
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



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