Ayreon – The Theater Equation (DVD)

En 2004, le géant hollandais Arjen Lucassen venait de sortir The Human Equation, considéré encore aujourd’hui comme l’un des meilleurs albums d’Ayreon par les fans de metal progressif. Narrant une histoire où le personnage principal se retrouve plongé dans le coma après un accident de voiture, se confrontant à ses propres émotions et revivant les grandes étapes de sa vie, l’album a dévoilé à l’époque le talent d’écriture de Lucassen, revenant à une histoire – en apparence – éloignée de la SF chère à son cœur. Plus de dix ans après, le projet studio prenait vie sur scène, dans le cadre de trois dates à Rotterdam en septembre 2015. Mais penser que The Theater Equation n’est qu’une transposition live de l’album serait une erreur. Gardant la théâtralité propre aux œuvres d’Ayreon, ce CD/DVD est à considérer comme un véritable spectacle au casting cinq étoiles.

Si le géniteur de l’œuvre n’est pas présent sur scène (Lucassen a préféré assister aux représentations dans la salle, par pure humilité), les chanteurs qui se relaient dans les différents rôles sont presque les mêmes que ceux présents sur la version studio. Si ce n’est les absences de Michael Akerfeldt (Opeth), du regretté Mike Baker (Shadow Gallery) ou de Devin Townsend, on retrouve avec plaisir James Labrie (Dream Theater), Marcella Bovio (Stream of Passion), Irene Jansen ou encore Devon Graves (Psychotic Waltz), du cast d’origine. Et pour pallier les absences, certains chanteurs familiers de l’univers d’Ayreon sont venus prêter main forte. Ainsi, on retrouve Anneke Van Giersbergen, Michael Mills (Toehider) ou encore Wustik, respectivement chanteurs sur les albums Into The Electric Castle, The Theory of Everything et 01011001.

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Côté musiciens, les artistes qui collaborent régulièrement aux albums d’Ayreon sont de la partie, comme Ed Warby (batterie), Joost Van den Broek (claviers) ou Ben Mathot (violons). Mais l’apport non négligeable à la version studio réside dans les chœurs qui ponctuent l’œuvre et apportent un souffle épique aux compositions (« Childhood », « Pain reprise 2 »). A ce sujet, le final de « Loser » est l’un des grands moments de la représentation. On ne peut qu’apprécier également la relecture proposée sur le thème de « Pain » qui revient plusieurs fois tout au long de l’œuvre.

Les vocalistes délivrent tous une très belle prestation, notamment James Labrie, qui a montré récemment avec The Astonishing (Dream Theater) que ses meilleures interprétations vocales sont celles où il joue un rôle. C’est encore une fois le cas ici où non content de chanter, il se fond dans la peau du personnage qu’il interprète (« Isolation », « Voices », « Pain reprise »). Si les interprètes chantent tous de façon très théâtrale et presque forcée pour renforcer l’immersion dans le concept (notamment Michael Mills), cela permet à l’auditeur de comprendre parfaitement les paroles contées et de saisir toute la subtilité textuelle. Anneke Van Giersbergen est comme à son habitude impériale sur l’ensemble de l’œuvre et s’approprie avec talent les lignes de chant initialement interprétées par Michael Akerfeldt.

Les musiciens retranscrivent tous très fidèlement leur partition, et on retrouve presque un côté plus massif dans les riffs de guitare, qui donne encore plus de dynamique à The Human Equation.
Visuellement, le DVD permet d’apprécier tous les choix de mise en scène, notamment les décors recréant la voiture accidentée du personnage campé par Labrie ou la chambre d’hôpital où il se trouve plongé dans le coma. On regrette cependant une image un peu terne à l’écran et quelques choix de plans discutables (beaucoup de plans larges). 

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Ce témoignage live des trois représentations de The Human Equation confirme tout le bien que l’on pensait de la version studio. Cet opus est indéniablement l’un des meilleurs d’Ayreon, présentant une finesse d’écriture musicale et narrative rarement atteinte dans l’univers du metal progressif, courant au sein duquel l’exercice se prête pourtant bien.

On en vient à espérer que l’expérience se renouvellera, pourquoi pas avec un autre chef d’œuvre de la discographie du Hollandais, tel que 01011001 ou The Theory of Everything. En attendant que le prolifique musicien se replonge dans la composition et nous ressorte une autre pépite dont lui seul a le secret. 
 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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