Björgvin Sigurðsson, guitariste et chanteur de Skálmöld

"Skálmöld est avant tout une grande histoire d’amitié !"

Après une chanson a cappella totalement improvisée du groupe Skálmöld, nous avons rencontré Björgvin Sigurðsson, guitariste et chanteur du groupe, au détour de quelques moulures et autres gargouilles du merveilleux cadre du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse.

 

On classe souvent votre groupe dans le Folk Metal mais il est difficile de vraiment définir votre style musical. Comment définiriez-vous votre style ?

Björgvin Sigurðsson : Lorsqu’on a commencé à jouer, l’idée était de mélanger la musique folk avec le metal. On voulait inclure des instruments folks traditionnels, mais après notre première répétition on a jeté cette idée aux oubliettes et on a commencé à jouer avec trois guitares électriques et aucun instrument folk ! Je pense que notre première idée était de faire de notre musique quelque chose de plus folk, mais quand on a commencé à écrire des chansons pour notre premier album c’était bien plus metal que folk. Je peux comprendre que les gens aient du mal à définir notre musique. C’est un peu de folk par-ci, un peu de metal par-là, une pincée de punk et de thrash metal, des sonorités avec lesquelles nous avons grandi. La raison pour laquelle on retrouve autant de styles différents dans notre musique est que nous écrivons des morceaux tous les six. Habituellement, l’un de nous arrive avec une idée en répèt’ et on bosse tous ensembles sur cette idée. La musique ne vient pas que d’une personne, on y met tous un peu du nôtre avec nous influences différentes, nos styles différents. C’est pour ça que nos albums sonnent comme un genre de melting pot. Mais pour donner une réponse claire et précise, je pense que notre musique est tout simplement metal.

Ce mélange de styles différents donne quelque chose d’unique. Je vous ai vu jouer plusieurs fois que ce soit en festivals ou dans de petites salles et à chaque fois, même les gens qui ne vous connaissent pas vraiment m’ont dit que vous étiez le meilleur groupe qu’ils aient vu sur scène.

Björgvin Sigurðsson : Merci !

Je ne dis pas ça pour faire un compliment, ce sont mes propres statistiques. Vous avez un public très large grâce à toutes ces influences différentes. Et lorsque l’on vous voit jouer, on sent une réelle harmonie entre les membres du groupe. Souvent, cette harmonie est feinte, mais chez vous on sent un lien très fort entre chaque membres du groupe.

Björgvin Sigurðsson : C’est vrai, Skálmöld est aussi avant tout une grande histoire d’amitié !
 


Et en-dehors de la musique, faites-vous autres choses ensembles, comme de la reconstitution historique par exemple ?

Björgvin Sigurðsson : Aucun de nous ne fait de la reconstitution historique, aucune bataille viking ou autres choses du genre. Lorsque nous avons débuté nous voulions parler de notre histoire, de nos racines, essayer d’honorer les religions anciennes qu’il y avait en Islande. On est plus intéressé par la mythologie nordique que dans les faits historiques. Je suis sûrement le moins accroc aux trucs vikings du groupe, mais notre idée est vraiment de pouvoir allier musique et mythologie ancienne avec le metal. On se focalise davantage sur la musique.

Tout à l’heure vous étiez pris en photo dans le monastère et d’un coup vous vous êtes mis à chanter. Quelle était cette chanson ?

Björgvin Sigurðsson : C’était une harmonie provenant de la deuxième chanson de notre premier album. C’est une intro très traditionnelle, typiquement islandaise. C’est notre première vraie chanson, la première mélodie, de notre premier album. C’est l’une des toutes premières chansons que l’on ait écrites.

Et cela a une signification pour vous ?

Björgvin Sigurðsson : Alors la vrai raison pour laquelle on s’est mis à chanter, c’est qu’un des photographes nous a demandé de le faire… Ce n’était pas un moment de pure inspiration. Mais c’est une chanson qui nous tient tous à cœur parce que c’est l’une des toutes premières.

Revenons à la musique. Est-ce que vous êtes actuellement en train de travailler sur un nouvel album ?

Björgvin Sigurðsson : Oui ! Nous sommes en pleine session d’enregistrement pour notre prochain album. On a commencé à enregistrer il y a deux semaines. On en a presque fini avec la musique, et quand on rentrera à la maison la semaine prochaine, on enregistrera la guitare soliste, le hautbois et les voix. On arrivera peut-être presque à sortir notre album en temps voulu. Bizarrement, on travaille bien mieux quand on est sous pression ! Mais bon, on avait déjà fini d’écrire tous les morceaux un mois avant de commencer à enregistrer. On connait bien nos chansons, mais le planning d’enregistrement est plutôt serré. On  n’a pas tant de temps que ça en studio, parce qu’en réalité, ça nous coûte énormément d’argent. On n’est pas Metallica… on a un budget légèrement plus serré…

Quand sortira ce nouvel album ?

Björgvin Sigurðsson : On n’a pas encore de date de sortie précise, mais ce sera pour fin septembre 2016 ou fin octobre 2016. On est en train de négocier pour une tournée l’automne prochain et c’est plutôt bien de sortir un album pour une nouvelle tournée.

C’est plutôt une bonne nouvelle.

Björgvin Sigurðsson : Oui, on essaye de sortir un nouvel album tous les deux ans. On essaye de garder ce rythme.
 


Vous venez de dire qu’enregistrer vous coûtez de l’argent. Si vous aviez des fonds illimités, que feriez-vous que vous ne pouvez pas faire actuellement ? Quel serait votre rêve ?

Björgvin Sigurðsson : Déjà, je travaillerais moins en dehors du groupe. On ne peut pas vivre de notre musique et on a besoin de travailler pour joindre les deux bouts. Donc, oui… je travaillerais moins et je consacrerais plus de temps à la musique et à ma famille. On aime aussi découvrir de nouveaux endroits avec le groupe, et jusqu’à maintenant, on a seulement joué en Europe et pour cette croisière 70000TONS OF METAL. C’était notre seul show en-dehors de l’Europe. Du coup, je pense qu’on irait jouer dans de nouveaux endroits. L’une des meilleures choses dans un groupe, c’est de pouvoir voir de nouveaux pays, de nouvelles villes, rencontrer des gens, se faire de nouveaux fans, de nouveaux amis dans le monde entier. Certains membres d’autres groupes et même des fans sont devenus nos amis et sont venus passer quelques jours chez nous en Islande. C’est quelque chose de précieux pour nous. Et ça c’est quelque chose qui ne s’achète pas avec de l’argent ! Et même aujourd’hui, je suis heureux d’être ici de pouvoir voir un ami français que j’ai rencontré il y a quelques années à un concert. Il est venu me voir en Islande et je suis content de le voir ici. Mais même si l’argent n’a rien à voir avec l’aspect humain qui est sûrement le plus enrichissant, on ne peut tout de même pas cracher sur l’argent. Notre groupe se construit et se fait une réputation petit à petit et ce n’est que maintenant que partir en tournée et faire des concerts à vraiment un sens. On ne perd plus d’argent. L’argent n’est pas la raison pour laquelle on fait de la musique, mais on a toujours besoin d’un peu d’argent pour mener une vie descente et pouvoir faire des cadeaux à nos enfants. Je crois que si on voulait vraiment gagner de l’argent, on ferait quelque chose de complètement différent.

Dernière question, probablement la plus difficile. Si vous deviez définir Skálmöld en un mot, quel serait-il ?

Björgvin Sigurðsson : Aventure ! Quand on a commencé à jouer ensembles, notre but était de pouvoir se voir au moins une fois par semaine et écrire un morceau pour que l’on puisse sortir un album. On a tous était dans des groupes différents depuis nos treize/quatorze ans. On a tous joué des styles différents, mais aucun de nous n’avez jamais enregistré un album de metal. C’était vraiment notre seul but, et sans savoir comment, c’est arrivé plutôt vite. Aujourd’hui, on aime toujours autant jouer ensembles et on le fera tant que ça nous plaira.

 

Avez-vous quelque chose à dire à vos fans français ?

Björgvin Sigurðsson : Euh … Merci (en Français NDLR). Quand on a fait notre première tournée en 2011, on a seulement joué une fois en France et c’était le meilleur concert de la tournée et depuis on a dû faire une trentaine de concerts en France et tous ont été géniaux. Les Français sont vraiment à fond dans notre musique. On adore venir jouer en France. Encore merci.
 

Interview : Thomas Orlanth
Traduction : Eloïse Morisse

 

Photos : © 2016 Thomas Orlanth  - galeries complètes sur le site internet: www.thomasorlanth.com / facebook
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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