Delain – Moonbathers


En quelques années, Delain a réussit à entrer dans le cercle très fermé des groupes de metal symphonique qui ramène beaucoup de monde. Ainsi, on peut aisément placer le combo juste derrière Nightwish, Within Temptation et Epica en terme de notoriété. En ce mois d’août, les Néerlandais vont encore plus loin dans leur conquête des sommets avec un cinquième album, Moonbathers, qui se révèle être d’un calibre largement supérieur à ses prédécesseurs. Partons ensemble à sa découverte.

Il y a quelques mois Delain avait offert à ses fans avides de nouveautés un EP, Lunar Prelude, qui n’était pas une franche réussite dans sa globalité non pas à cause des titres inédits mais surtout pour des versions lives des morceaux décevantes dans le son. Deux de ces titres se retrouvent aujourd’hui sur la version finale de Moonbathers : « Suckerpunch » et « Turn The Lights Out ». Nous avions d’ailleurs pu découvrir ce dernier lors de la tournée automnale du combo en 2015 et le titre avait déjà accroché nos oreilles par son côté novateur pour les habitués de Delain que nous sommes.

C’est avec une certaine confiance que nous nous lançons donc dans l’écoute de Moonbathers, Delain n’ayant encore jamais flanché depuis le début de sa carrière et ce n’est pas l’arrivée officiel lede Merel Bechtold au poste de guitariste qui nous fera douter, bien au contraire. Cette dernière apportant un grain de folie supplémentaire aux prestations scéniques du combo, c’est avec impatience que nous attendons de voir ce qu’elle peut apporter en studio. Spoiler alert : elle apporte un panache bienvenue aux compositions.


Etant à la base un groupe conçu pour ne pas avoir de personne fixe derrière le micro, Delain s’est trouvé une frontwoman de talent en la personne de Charlotte Wessels. Néanmoins de Lucidity à The Human Contradiction de nombreux invités faisaient leur apparition sur une grande partie des titres. Renversement de situation sur Moonbathers puisqu’il n’y a qu’un seul titre qui bénéficie d’un invité et c’est justement celui par lequel nous allons commencer notre découverte, « Hands Of Gold », qui voit Alissa White-Gluz (Arch Enemy) poser son growl surpuissant. Elle qui terminait The Human Contradiction, la voici qui commence Moonbathers. Une simple coïncidence ? Pas si sûr. L’auditeur en prend déjà plein les oreilles au cours de ces quatre premières minutes, la production est carrée, militaire, offrant à chaque protagoniste son espace d’expression. Charlotte Wessels (chant) montre déjà l’étendue de ses capacités vocales avec des parties qui nous ramènent à Phantasma, son projet annexe ayant vu le jour en 2015 avec Georg Neuhauser (Serenity). Et surtout ce titre est épique à souhait, Delain n’avait encore jamais proposé dans sa carrière un morceau aussi fouillé sur le plan orchestral, signe d’un groupe ayant plus de moyen et pouvant donc maintenant atteindre un tout autre niveau dans sa recherche du meilleur metal symphonique possible.

Le sourire qui a illuminé notre visage durant ce premier titre ne nous quittera pas de l’écoute allant de surprises en surprises autour des onze titres de Moonbathers. Le single « The Glory and the Scum » (qui n’est pas sans nous faire penser à du Nightwish notamment dans l’utilisation de l’orchestre) permet de mettre en avant l’énorme travail sur les riffs du duo Timo SomersMerel Bechtold, qui s’est surpassé sur cet album. Il faut parfois tendre l’oreille pour se focaliser sur certains riffs mais ce n’est que du bonheur et on sent que la patte de la guitariste (que l’on a pu voir sur scène avec The Gentle Storm ou avec MaYan) est présente par un côté plus démonstratif, plus technique. Ainsi des titres comme « Fire With Fire » ou « The Monarch » apportent un côté « metal » plus prononcé à la musique de Delain ayant pu être qualifié de « pop » à une époque. Le duo a musclé son jeu sans pour autant verser dans la démonstration inutile, pari réussi.


Un peu plus haut, nous vous parlions des orchestrations et des parties aux pianos/synthétiseurs. Il faut ici féliciter Martijn Westerholt pour la qualité des compositions de Moonbathers. Impossible de passer à côté de l’énorme évolution que nous propose le combo, on se rapproche beaucoup plus de la qualité d’un Nightwish qu’auparavant, signe des moyens mis en place par le label pour faire de Delain un acteur incontestable du marché. On a pu dans le passé avoir une impression de kitsch en écoutant certains passages symphoniques, que nenni sur ce cinquième album où tout transpire la réflexion, la cohérence et l’aventure. Martijn Westerholt réussit le tour de force de quasiment nous faire autant voyager dans ses orchestrations qu’un Tuomas Holopainen !

Un album de Delain sans ballade ou titre mid-tempo ne serait pas véritablement un album de Delain. La tâche est dévolue à « Chrysalis – The Last Breath » (et ses parties piano – voix envoûtante), à « Turn The Lights Out » (qui met en avant la voix cristalline de Charlotte Wessels, rappelant par moment le titre « Sleepwalkers » sur Lucidity) et à « The Monarch ». Ce dernier titre étant véritablement la petite pépite de l’album, un morceau inédit dans la carrière des néerlandais qui commence doucement au piano rejoint par des violons et un choeur murmurant. Quasi instrumental, c’est ensuite la batterie et les guitares qui règnent en maître avant de s’étendre au profit de la voix de Charlotte Wessels, qui prend une intonation inédite pour nous compter son histoire avant de se terminer tout en douceur avec ce piano et ces murmures rassurant. Un choix parfait pour clore l’album.


Coup de projecteur pour terminer sur un titre un peu à part puisque c’est une reprise d’un groupe que tout le monde connaît et que quasiment tout le monde adore. Sauf que Delain s’attaque ici à un titre un peu méconnu de la carrière du dit groupe. Cessons le suspens ici, les Néerlandais ont décidé de s’attaquer à un mastodonte de la musique : Queen et le titre « Scandal ». Certains crieront au scandale, justement, voir même à l’hérésie complète mais Freddy Mercury aurait été fier de la version de Delain. Jouant sur ses forces, le combo offre une version qui lui est propre avec beaucoup de charme et de sincérité.

Ce cinquième album de Delain pourrait bien être celui qui donne une nouvelle dimension au groupe tant Moonbathers est une réussite du début à la fin. Charlotte Wessels est une fois de plus époustouflante derrière le micro, sa voix se bonifiant avec les années. Martijn Westerholt est au sommet de son art en terme de composition et le reste du combo n’est bien sûr pas en reste. Avec trois dates en France durant l’automne, espérons que le groupe nous gratifie d’une belle setlist.

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements