Cannibal Corpse – Torture


Cannibal Corpse
Torture

Chez Metal Blade Records

Attention: le contenu de cette séquence est purement fictif et ne sert en rien à nuire à l’image de Cannibal Corpse, de ses membres, ni de leurs proches. 

Connexion…
78%…
79%…

(Des bruits de pas…)

– « Merci chérie.»
– « De rien, fais attention, il est brûlant ».

Dans cette forêt ténébreuse, dont les brumes ont été savamment disséminées par les créateurs de Blizzard, un Orc avance à grands pas.

« Merde, c’était quoi ma quête déjà ? » – Pense George Corpsegrinder devant son écran de PC dans son salon, en sirotant son café très chaud, sous le regard bienveillant de ses jolies filles. Elles savent qu’elles peuvent être fières de leur papa. Ce père qui les a mises au monde, magnifiques, et qui vient de sortir un nouvel album, intitulé Torture, sur lequel il a longuement travaillé, des nuits, des jours durant. Leur père qui fréquentait le gentil Paul (Mazurkiewicz) et aussi le gentil Erik (Rutan) qui les abreuve de cadeaux chaque fois qu’il vient à la maison. Leur papa dont elles peuvent être fières parce qu’il est toujours là pour elles… sauf quand il joue à World of Warcraft.

 

QUETE 1 : « Demented Agression »


« Ah ouais, Tenir l’ennemi à distance ». Allez hop ! On change de décor. L’Orc de niveau 70 s’avance dans les contrées de l’Ile de Quel’Danas, la mystérieuse, l’envoûtante. « Tu dois mourir !»- lui lance le prêtre, « Pas de problème », je vais te poutrer la tronche lui rétorque George, sous le pseudonyme GeorgetheCorpsegrinder. La quête ne semble pas lui poser de soucis, comme d’ordinaire, puisque l’orc blaste tout sur son passage, à l’instar de ce premier titre ravageur. A coups de riffs (qu’il manie comme la double hache), tantôt haletants, tantôt menaçants et toujours desservis avec une puissance folle d’un Mazurkiewicz à la batterie, malgré les problèmes de dos de ce dernier. La voix de Corpse se pose dessus comme un Kouign Aman, lourde, étouffe-chrétien ou chrétienne. Les guitares de Rob Barrett et Patrick ‘O Brian, travaillant merveilleusement en duo avec la basse d’Alex Webster, sont la plus belle chose que l’on a entendue !!

Bam! Dans ta gueule ! 12,650 points d’expérience dans les fesses de l’orc qui le rendent encore plus menaçant. Rien ne l’arrêtera sur sa route pendant les quelques quêtes restantes. En route vers la consécration ? Les fillettes en jeans Levi’s et t-shirt à col en V avec un bonnet sur la tête qui constituent l’équipe de Blizzard ne pourront jamais avoir la tête de son personnage. Alors ce n’est certainement pas l’occasion de la ramener. A condition qu’il n’en oublie pas de boire son café.

 

QUETE 2 : « Sarcophagic Frenzy »
 


Dans le monde de Cataclysm, Corpsegrinder avance à grands pas jusqu’à la bataille pour Fossoyeuse. Il est armé à bloc, chauffé à blanc, déterminé. Etape ultime du jeu, la quête lui permettra de sauter plusieurs étapes pour passer au niveau suivant. Il faut aider Thrail et Sylvanas à reprendre Fossoyeuse pour la Horde ! La putain de Horde, mec ! Le côté obscur, le Mal ! Pas ces tapettes de l’Alliance ! Nous, on saigne, on éventre, et on mange vos cadavres !  Pas comme ces connards de Noobs* qui m’ont farmé* mon premier perso au cimetière ! Bande de racailles !

/General : « Fuck l’Alliance !! » – s’écrie Corpsegrinder remonté à travers le chat.

Il en oublie même son pack de bières au frigo, puisque aujourd’hui il n’a qu’un but : gagner cette bataille.

De manière rythmée, à coups d’accélérations puissantes, de riffs de guitares mélodiques et de passages mid-temp, « Sarcophagic Frenzy » vous emmène sur le chemin des batailles les plus sanglantes. D’une avancée rythmée, ses riffs dégringolent rapidement comme un corps criblé de balles du haut des collines. Ca saigne, ça pisse, les solis de guitare vous transpercent de part en part. La voix de George souligne la rythmique, sans plus, mais on commence à y être accoutumés. En revanche, la production de Erik Rutan souligne la puissance et la précision des instruments leur permettant de s’entrechoquer comme des armes de guerre.

« Que la bataille de Fossoyeuse commence !! Sonnez les cors de guerre !! Champions de la Horde, soyez portés par la puissance de votre chef de guerre !! En avant !!!!!! »

Les lames s’entrechoquent, la course effrenée à la victoire de la Horde commence, sous le regard de Thrail et Sylvanas, on s’apprête à encercler les dragons, prêts à les vaincre, déterminés à batailler jusqu’au bout de la nuit… ça tombe bien c’est samedi ! Le corps de Corpse se met à rougir, son sang bout dans ses veines à l’idée excitante de déchiqueter ces monstres si puissants ! La lutte sera impitoyable et Corpse vient d’élaborer une stratégie d’attaque sans faille…

Il clique sur « Enter »…

 

Il semble que l’un de nos serveurs connaisse actuellement quelques déconnexions.  Il est donc, pour l’instant, impossible de vous connecter à certains comptes de jeu, et ce, pour une durée indéterminée. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée. *

« Putain de meeerde !!!! »

 

QUETE 3 : « Scourge of Iron »

C’est ainsi que le titre « Scourge of Iron » est né.

Après une attaque tumul «tueuse », Cannibal Corpse nous révèle le titre « Scourge of Iron », le plus groovy de l’album. Ce morceau contient des riffs lourds à vous faire headbanguer jusqu’à vous taper la tête par terre. Un massacre tout en mid temp, accentué par des cymbales très présentes lui donnant une coloration cannibale. Les paroles de George avancent en rythme telle une locomotive sans freins. Comme la bile, chaque note se déverse à allure lente, en cadence. Pour terminer, un solo trépidant, angoissant vous transperce jusqu’aux tripes. Un solo menée ainsi, on le suit jusqu’aux portes de l’enfer et on ferme sa gueule.

« Lash Them
Rip their Skin
Scourge of Iron
Rending Flesh ! »

 

 

QUETE 4 : « Encased in Concrete »
 


/DarkElf666 : Salut !
/DarkElf666 : Eh, ce serait pas toi Corpsegrinder ?
/Corpsegrinder : Et qu’est-ce que ça peut te foutre ?
/DarkElf666 : Ben je voulais savoir si c’était toi, j’ai entendu dire ke ta un compte.
/Corpsegrinder : Apprends déjà à parler et je te répondrai par l’affirmative.
/DarkElf666 : C’est cool mec, j’adore ce que tu fais.
/Corpsegrinder : C’est bien mais je suis pas homo, comme ton elfe de la nuit. T’as pas intérêt à me faire une danse du ventre par derrière, ou je te massacre.*
/DarkElf666 : Non, t’inquiète, je vais pas faire ça à mon idole.
/Corpsegrinder : Justement ! S’il y en a un ici qui sodomise les autres ici c’est bien moi !
/DarkElf666 : Sinon je peux rejoindre ton groupe ?
/Corpsegrinder: J’ai une gueule à jouer en groupe?!
/DarkElf666 : Sinon je voulais te demander… je me suis un peu paumé, Cataclysm c’est vraiment mal foutu !
/Corpsegrinderl : Je te conseille d’aller tout droit et de ne pas te retourner.
/DarkElf666 : On se fait une baston sauvage à 3 heures du mat’ dans la vallée d’Ombrelune, tu veux venir ?
/Corpsegrinder : Seulement si tu m’apportes l’épée de Deuillegivre, chienne ! Allez, cours ! Que je te rattrape !!

« Encased in concrete » démarre sur les chapeaux de roue, comme une course effrénée exécutée par un solo démoniaque ! Puis, c’est au tour de la machinerie de guerre de prendre le relais, puisque une force oppressante émane du morceau. Un titre dévastateur qui vous rattrapera peut être par derrière.

 

QUETE 5 : « As deep as the knife will go »

Dans le repaire d’Onyxia, l’orc sauvage, qui a déjà quelques déboires à son actif, s’avance pour tuer le Dragon de fin, en raid. Une mission qui lui plaît tout particulièrement parce qu’il pourra saigner le dragon au corps à corps. Aussi loin que le couteau pénétrera sa chair de dragon.

« As deep as the knife will go » ne révolutionne en rien le monde de la musique avec ses blasts répétitifs cédant place à un morceau tout en mid-temp. Ce sont ici véritablement les paroles qui sont sublimes évoquant le couteau qui pénètre les chairs en de multiples endroits… cou, poitrine, coeur.

« Je devais le faire… » – nous susurre George en toute simplicité. On est dedans, tant ces paroles languissantes se conjuguent bien avec les riffs doucereux évoquant la souplesse des chairs.

 

QUETE 6 : « Intestinal Crank »


George rêva cette nuit. Ce n’est pas souvent qu’il se souvient de ses rêves pourtant. Il rêve de ces saloperies de fufu. « Intestinal Crank » évoque une méthode d’éventration bien connue durant 4 minutes de Death plus technique, riche en accélérations, mais, qui encore une fois, est loin de nous donner des frissons. Quelques notes s’emportent, quelques breaks ponctuent ce titre assez fade. Ce n’est que passée la moitié du titre que l’on arrive à s’accrocher à un bridge assez agréable suivi d’un solo ultra élaboré et à la douce voix de George scandant un dernier « Intestinal Crank » bien furax !

 

QUETE 7 : « Followed Home then Killed »

Ce qui est sûr, c’est que les fufu, George ne les porte pas dans son coeur. Les fufu sont la plaie de tout joueur de World of Warcraft. Ces assassins invisibles poignardent le joueur une fois dans le dos, avant d’exécuter une danse devant lui pour se foutre de sa gueule. Le joueur reste immobilisé pendant ce temps, petit laps durant lequel le fufu disparaît de nouveau pour lui défoncer la gueule en toute impunité. Ils se terrent en attendant leur proie qu’ils observent au préalable, à l’instar des psychopathes qui viennent à votre domicile pour vous charcuter dans votre propre lit. Encore une fois, la production de Erik Rutan est exceptionnelle et met en relief les guitares. Les riffs sont bien directs, saccadés et s’entremêlent avec des notes de guitare plus acérées, à en racler les cordes.

 

QUETE 8 : « The strangulation Chair »
 


En ces premiers jours de printemps, à mesure que les jours s’allongent, les églantiers aromatiques font apparaître leurs premières fleurs, les glycines désobéissantes s’enroulent autour des tuyauteries dans une danse infernale, l’herbe se farde en vert et devient bourrue,  les rosiers mériteraient d’être taillés, les branches mortes ramassées…

George a les yeux rivés sur son PC et manque ce spectacle de la vie qui renaît.

Il y a tellement de choses plus intéressantes à faire! Comme pécher quelques poissons virtuels et remplir le coffre de la Horde. Ce havre de repos, George l’a bien mérité. Avec « The Strangulation Chair » il pose une sévère pierre à l’édifice Cannibal Corpse. Le morceau est, en effet, une pure merveille et nous fait renouer avec une certaine lassitude qui commençait à s’instaurer dans le contenu de l’album. (Car c’est bien de cela qu’on parle finalement… non?)

Virages en tous sens à nous donner le tournis, notes de basse exécutées a capella, riffs échauffés qui nous donnent envie d’explorer ce titre encore et encore. «The srangulation Chair» est absolument remarquable par sa construction groovy mais qui mise tout sur la puissance d’exécution, tant dans les aïgus que dans l’éboulement de batterie. Dommage pour le solo, un peu en retrait sur la bande. La sauce passe toutefois parfaitement et déstabilisera tous les fans du groupe.
 

 

QUETE 9 : « Caged…Contorted »

Avec un drapeau en main, Corpsegrinder se sent pousser des ailes. En avant pour la Horde, sur le goulet de Chanteguerre, il est déterminé à le rapporter dan son camp. Le prendre n’a pas été une mince affaire, le rapporter le sera encore moins. Les ennemis sont nombreux tout autour, avec une pensée commune, lui reprendre le drapeau dérobé. Protégé par ses compères de la Horde, il doit éviter de nombreux obstacles. L’un d’entre eux ? Le fufu. Et cette fois-ci, il va se le faire. Drapeau balancé par terre, bien nourri de poisson, l’Orc se jette sur le fufu  pour lui faire la peau. Tout aussi déterminé, le titre « Caged…Contorted » ravira les newbies du Death Metal, mais satisfera-t-ils les fans de la première heure ? Tout comme l’Orc qui oublie sa quête la plus importante sur le milieu du champ de bataille, la horde à George nous balance un titre bien lourd mais cliché au dernier degré. C’est dans ces moments pénibles de l’écoute de l’album qu’il faut s’accrocher !

 

QUETE 10 : « Crucifier Avenged »


Parmi les obstacles, un titre « Crucifier Avenged » tombe dans l’album comme un cheveu sur la soupe. De ses nombreux changements de rythme, des riffs monotones et une batterie  disant le… aussi excitante que celle du lapin Duracell, on ne sera pas séduits par l’exécution de ce titre. Une fatigue s’installe ? Cela est normal, elle est provoquée par les nombreuses heures de jeu…
 

QUETE 11 : « Rabid »


Tourner en rond n’est jamais bon. Ca vous fait retomber au point de départ.

Alors à moins que vous ne vouliez carrément éteindre votre lecteur CD à ce stade, votre écoute sera subtilement récompensée par «Rabid», qui vous offrira 4 autres minutes de violence cannibale. Une réflexion sur l’évolution de ce groupe que certains appellent déjà les Marduk du Death Metal viendra toutefois mitiger votre enthousiasme. Combien de fois Cannibal Corpse a-t-il déjà joué ce riff ? Combien de changements de rythme ? Combien de capitaines ? Cannibal Corpse peut il encore surprendre ?

 


QUETE 12 : « Torn Through »

Une chose est sûre. Cannibal Corpse s’est littéralement cassé la tête pour délivrer un Death Metal de qualité. Torture contient sa brutalité. Elle devient subtile, tantôt délivrée dans les paroles, tantôt dans la musique. Assagi, le Death de Cannibal préfère se complaire dans des rythmiques groovy plutôt qu’une violence démesurée. Si des morceaux comme « Demented Agression » deviendront à coup sûr des hymnes, on peut dire que l’album délivre des titres de qualité inégale. Ainsi, « Torn Through » reste un titre très agréable à écouter, et se démarque par sa musicalité. Il peut faire des ravages sur scène, à condition toutefois de s’y intéresser de plus près.
 

CONCLUSION


Sans égaler ses prédécesseurs, dont Evisceration Plague, sans être une surprise, et avec une qualité de production assez inégale (notamment avec des Live comme « Death Walking Terror » enregistré au fond d’une bouteille), Torture contient quelques perles sur lesquelles il faut absolument s’arrêter.

Je ne pense pas que l’objectif de Cannibal Corpse soit aujourd’hui, comme le clament certains détracteurs, de « farmer plus pour looter plus » (je vous laisse le soin d’en deviner le sens). Je pense que le groupe continue de jouer avec coeur et honnêteté.

Ce que l’univers de Cataclysm a en commun avec Cannibal Corpse, c’est que les fans se sentent perdus dedans. Le jeu s’essoufle parfois, mais Cannibal continue de nous surprendre et de déplacer des masses de Murlocs* fous furieux en concert. Ce qui prouve que le jeu en vaut encore la peine.

Katarz

 

Un grand merci à ma denrée pour les explications au sujet du jeu

PETIT LEXIQUE : 

Noob = jeune joueur débutant à World of Warcraft 
Farmer au cimetière = technique qui consiste à mettre un personnage à terre puis le cueillir pour le finir au cimetière quand il n’ a plus que la moitié de ses points de vie. 
Danse du ventre = la danse du ventre exécutée par un elfe derrière un autre personnage ressemble à s’y méprendre à une sodomie.
La bataille de fossoyeuse = cette bataille comprenant de nombreuses quêtes a été effectivement retirée du jeu.
Murlocs = petites créatures très pénibles à tuer, poussant un cri ressemblant à « Allah Wakbar »
 
 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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