Entretien avec Perversifier de Merrimack au Fall of Summer

Le lendemain de la prestation de Merrimack au Fall of Summer (c'est à dire le samedi), nous avons eu la chance de nous entretenir avec Perversifier, guitariste du groupe. Ce dernier nous a parlé du prochain album qui devrait arriver début 2017, de leur prestation, et de leur démarche pour trouver un nouveau label.

Lionel / Born 666 : La dernière fois qu’on avait fait une interview c’était en juin 2012 pour la sortie de The Acausal Mass. A-t-il bien été reçu à l’étranger?

Perversifier : Pas de distinguo entre la France et l’étranger. The Acausal Mass a eu de bonnes chroniques, de bons retours. Bien sûr comme beaucoup de musiciens on pense toujours que notre dernier album est le meilleur. C’est logique sinon on ne les sortirait pas… et j’adore encore cet album.

Lionel : Et le prochain ?

Perversifier : Normalement début 2017.

Lionel : Quatre mois avant sa sortie peux-tu nous dévoiler certaines infos ?

Perversifier : Oui, il y aura sept morceaux, c'est un album plus court de ce qu’on a l’habitude de faire avec un petit retour aux sources. C'est-à-dire que l’on va essayer de faire une production un peu moins aseptisée car on trouve actuellement que tous les groupes ont à peu près les mêmes prod’.

Lionel : Donc vous n’irez pas en Suède.

Perversifier : Effectivement pour une fois on n’ira pas en Suède. Aussi bien dans les compositions que dans le son il y aura un retour au basic. Ces dernières années avec Merrimack on avait pris l’habitude de superposer des couches de guitares les unes par-dessus les autres. Là on a essayé de faire des choses un peu plus simples.

Merrimack


Lionel : Et pourquoi cette envie ?

Perversifier : Même nous en tant qu’auditeur on trouve que les choses qui sortent manquent d’âme. Et finalement on se rend compte que nos albums préférés restent toujours De Mysteriis Dom Sathanas de Mayhem, Under a Funeral Moon de Darkthrone et rien n’arrive à égaler ces albums. Ils avaient une personnalité, une aura, il y avait le son, la production sans oublier les compositions. Finalement on revient naturellement à ça, on ne s’est pas posé autour d’une table pour se dire « on revient à des trucs old school », ça s’est fait comme ça, on écoute beaucoup plus de vieux albums que des nouveaux qui nous parlent moins.

Merrimack


Lionel : Est-ce un album concept avec sept titres ?

Perversifier : Non, l’album devrait durer dans les 40 minutes. On trouve que le précédent était peut-être un peu trop long avec ses 60 minutes. On aurait pu enlever un morceau dessus. Il faut que les gens aient envie d’écouter l’album en entier dans l’ordre c’est pour cela qu’on va faire un album plus court. Ca va être différent.

Lionel : Donc les titres sont déjà couchés…

Perversifier : Ils sont maquettés, on a même fait des maquettes de maquette c'est-à-dire que les sept titres ont une maquette et après on a enregistré une démo trois titres très évoluée et bien produite qui va nous servir à démarcher les labels parce qu’on a fini notre contrat avec AFM records. La prochaine étape est de trouver le label qui sortira le prochain album. C’est pour cela qu’on a fait une démo.

Lionel : C’est difficile pour un groupe français de trouver un autre label pour vous soutenir alors que vous avez un bon « CV » ?

Perversifier : Ca va être la première fois qu’on va démarcher. Habituellement avant c’était les labels qui venaient nous chercher et de nombreux labels ne savent pas qu’on est libéré de nos obligations. On avait un contrat avec AFM et on n’avait pas dit pour combien d’album on avait ce contrat. Les labels ne le savent pas. On va juste annoncer qu’on a fini notre contrat, je ne suis pas inquiet, le plus dur c’est de trouver le bon label. Celui qui nous plaise et qui va faire ce qu’il faut pour nous…

Lionel : Genre un label allemand (rire)

Perversifier : Je ne sais pas mais AFM Records était un trop gros label qui en plus n’avait jamais fait de black metal et on a réalisé ensuite que notre album était mal distribué parce qu’ils n’ont pas le réseau pour distribuer cette musique. D’ailleurs je  pense que sur le prochain label on leur demandera si on peut rééditer The Acausal Mass.

Merrimack


Lionel : Vous avez toujours vos droits ?

Perversifier : Non sauf si AFM nous accorde les droits mais ce n’est pas gagné…

Lionel : Pendant ces quatre années vous avez tourné…

Perversifier : Oui avec Mayhem en 2014, des grosses dates, des festivals comme le Summer Breeze, le Hellfest. Pour tout t’avouer après avoir sorti l’album on s’est pris une petite année sabbatique où l’on n’a pas composé. C’est seulement depuis deux-trois ans qu’on s’est remis aux compositions, c’est le temps qu’il faut, c’est long de faire un album. On ne veut pas enregistrer trop vite après avoir composé car on veut laisser le temps aux morceaux d’évoluer et voir si un an après on les aime toujours autant.

Lionel : Auprès de certains, vous avez une image de musiciens prétentieux.

Perversifier : Je pense que c’est faux, mais bon on est cinq dans le groupe, on est tous différent et en termes de personnalité si quelqu’un est ressenti comme froid et hautain plutôt que prétentieux ce serait plutôt moi en fait. Mais ce n’est pas de la prétention, c’est ce que les gens ressentent quand ils ne me connaissent pas. Après les gens qui me connaissent savent que ce n’est pas du tout le cas mais c’est vrai, au premier abord je ne suis pas le mec le plus avenant avec quelqu’un que je ne connais pas. Notre bassiste est très sociable. On ne se prend pas pour le meilleur groupe de black metal…on ne se la raconte pas, on sait qui on est, on connait notre notoriété, on n’est pas Mayhem et je n’ai pas l’impression que l’on soit prétentieux.

Lionel : Pour ce nouvel album, qui a composé ?

Perversifier : Tout le monde compose mais pour cet album c’est A.K. (guitariste) qui a fait le gros du travail. Il a fait un bon 75% de l’album. Avant entre lui et moi on faisait 50/50 et les autres apportaient leurs touches personnelles. J’ai eu envie de le laisser faire, j’ai le dernier mot mais j’ai un rôle de coordinateur en donnant mes impressions mais au niveau des compositions c’est lui qui a fait le gros du boulot.

Merrimack


Lionel : êtes-vous satisfaits de votre prestation d’hier au Fall of Summer ?

Perversifier : Oui on est assez satisfait. Ensuite quand on est sorti de scène on était mitigé, on avait l’impression d’avoir fait notre show correctement. Moi je bouge peu sur scène, notre chanteur Vestal est quant à lui assez possédé, il se donne. Sans oublier Daethorn et A.K. qui headbanguent côte à côte, moi je suis plutôt impassible. Musicalement on a fait le « job » par contre on a ressenti qu’il y avait un truc qui ne passait pas très bien par rapport au public et on a pensé qu’on avait un mauvais son. C’était en regardant le visage des gens et quand tu vois qu’ils froncent les sourcils, tu te poses des questions. Ceci dit depuis hier j’ai été félicité un nombre incalculable de fois. Ce n’est pas notre meilleur concert mais ce n’est pas notre pire non plus. Et puis en « Open Air » le son est très difficile ; même pour nous sur scène le son n’était pas génial. En te déplaçant sur scène, un mètre à gauche ou un mètre à droite le son est complètement différent. Ce n’est pas comme dans une salle où les murs renvoient quelque chose de compact, là en « open air » quand tu passes devant ton ampli tu n’entends que ta guitare et plus rien d’autre, il en est ainsi pour tous les autres instruments. Hier on a aussi testé deux nouveaux titres sur scène, « Sights in the Abysmal Lure » et « Vanguard » : ça a bien pris et c’est bon signe pour l’album.

Lionel : Un bon souvenir d’un autre concert ?

Perversifier : Il y en a plein mais le Forest Fest en Suisse il y a un mois. On jouait en tête d’affiche la nuit dans une forêt. C’était génial, l’ambiance correspondait à Merrimack. On a quand même de nombreux passages atmosphériques qui fonctionnent bien quand on joue de nuit et qu’on peut jouer longtemps.

Lionel : Dommage qu’en France on fasse jouer nos groupes nationaux si tôt dans la journée, on se souvient de votre passage aussi au Hellfest à 11H30…

Perversifier : On passait tôt le matin, 30 minutes de set. Ce qui est bien c’est qu’on a joué devant du monde. En France, on part du principe que les groupes français sont des petits groupes qui ne méritent pas une meilleure place dans un running order, regarde Hell Militia qui joue à midi aujourd’hui. En fait sur un festival où il a beaucoup de groupes on ne devrait pas obligatoirement mettre les meilleurs à la fin. Ils devraient mélanger les ordres de passage comme ça tout le monde serait content…
Je suis sûr que si on retournait au Hellfest, Ben nous reprogrammerait à 11H30 alors que depuis 2012 Merrimack a évolué et qu’il pourrait nous mettre sur un slot de 14/15 heures mais c’est comme ça pour tous les groupes français, ils doivent jouer en premier comme avec Otargos, Temple of Baal

Photographies : © Thomas Orlanth 2016
Toute reproduction interdite sans l'autorisation du photographe.



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