Ghost – Popestar (EP)

Ghost poursuit son rythme effréné, et réussit à entretenir l’excitation qui l’entoure malgré les années qui passent. Après un Meliora qui avait dépassé toutes les attentes, et révélé le groupe au monde entier suite aux deux premiers albums qui avaient plutôt touché la scène metal, place à un nouvel EP. Comme If You Have Ghosts, qui avait fait patienter les fans entre Infestissumam et Meliora, Popestar déroute, et à coup sûr, divisera.

Traitons d’abord le sujet de tout ce qui entoure le contenu musical, et qui recueillera probablement des suffrages unanimes. La campagne de teasing de l’album, à la fois obscure et originale, comme le groupe en a l’habitude, a créé un vrai buzz autour de l’EP : pari réussi ! Et l’artwork : quelle claque ! On retrouve le mélange élégant d’éléments rétro futuriste à la Metropolis, dans un visuel magnifique. A tel point qu’on se demande comment la barre pourra encore être réhaussée lors du prochain virage visuel opéré par les Suédois. En tous cas, tout cet univers en perpétuelle évolution reste un régal pour les fans, qui naviguent de nouveauté en nouveauté tout en ne perdant jamais le fil rouge constitué par la patte bien identifiable de Ghost.

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L’écoute débute par le single original "Square Hammer", dévoilé à la radio en début de semaine, et dont vous pouvez visionner le clip ci-dessous. C’est du pur Ghost, qui rentre dans la tête et n’en sort plus pendant des heures. Alors certes, le groupe ne révolutionne pas son monde, mais ça fonctionne. On reproche tout de même une structure un peu facile et passe-partout, mais surtout, un pont instrumental et un solo qui ont un goût de déjà-entendu, en rappelant trop fortement le hit "Monstrance Clock".

Seul nouveau morceau de la galette, "Square Hammer" est accompagné de quatre reprises plus improbables les unes que les autres. Par où commencer, tant l’EP semble partir dans tous les sens à la première écoute ? Passons en revue les morceaux par ordre d’apparition, ce qui semble le plus simple face à cet OVNI.

"Nocturnal Me". Un morceau à base de guitares acoustiques par le groupe de rock anglais Echo & The Bunnymen, auquel Ghost arrive à imprimer modernité, grandiloquence, et même une profondeur que l’original n’avait pas. D’un morceau aux sonorités insouciante et presques légères, on obtient une pièce dramatique et complètement raccord avec le dernier opus de Ghost.

Puis, summum de l’insolence et du challenge, Ghost reprend sans préavis un titre d’electro : ce sont les réputés friands de rock Simian Mobile Disco qui font les frais du traitement papal, via leur morceau “I Believe”. Autotune massif utilisé pour colorer le son et donner cet arrière-goût electro délicieux, chœurs voluptueux : avec un style radicalement différent et des arrangements totalement revisités, l’esprit du morceau reste sensible, et la patte Ghost fait mouche. Impressionnant !

Puis, c’est l’un des derniers hits d’Eurythmics, “Missionary Man” qui prend le relai. C’est une version musclée que proposent les Suédois, qui met bien avant la voix de crooner du Papa Emeritus version dandy apparu sur la dernière tournée. Solo d’harmonica distordu et seconde voix féminine que ne renierait pas une Elin Larsson (Blues Pills)… le virage est radical et surprenant !

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Enfin, Popestar - qui si le jeu de mot n’était pas là aurait très bien pu s’appeler Popstar au vu de son contenu ! - s’achève par un reprise bien plus obscure du groupe Imperiet, intitulée “Bible”. Là, c’est la panique : si on se savait pas que Ghost était aux commandes, on ne saurait le deviner ! Invariablement, l’entrée de la voix me rappelle Jean-Jacques Goldman… Si on m’avait dit que j’écrirais un jour ça de Ghost ! Les choeurs sont, il est vrai, magnifiques et puissants, et on sent que le morceau pourrait devenir un beau moment de communion sur scène. Mais la composition traine en longueur, ne démarre jamais vraiment et se répète. Dommage, tant certains passages sont réussis.

En définitive, cet EP de Ghost surprend énormément : de nouvelles sonorités, qui rappellent étonnamment et à plusieurs reprises Muse, un grand écart des styles, et des reprises inattendues... A ce compte, ce sont bien “Nocturnal Me” et “I Believe” qui sont les plus réussies, et dont l’effort de réécriture a été le plus fort et prolixe, pour deux vraies réussites. Les deux derniers morceaux sont pour leur part un peu plus faibles et moins prenants, tandis que l’opener 100% Ghost peine à surprendre. Papa et sa bande proposent donc là un EP qui fera couler beaucoup d’encre et divisera la communauté de fans, sans doute possible. Mais la magie de Ghost, c'est que malgré ces reproches, on sort de l'écoute de Popestar envoûtés et séduits par l'univers si particulier de ce clergé métallique...

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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