Entrevue avec Barney Greenway de Napalm Death

 

« Faire les choses à moitié n’a aucun intérêt »


Il est aux alentours de minuit. Le concert donné toute à l’heure, à la Puce à l’Oreille de Riom, résonne encore dans les oreilles. Le groupe prend un peu l’air avant de repartir dans leur van pour de nouvelles aventures musicales.

Barney Greenway, le chanteur boule de nerf de Napalm Death, accepte de me donner une rapide interview imprévue, au pied de son véhicule. 

Thomas Orlanth: Bonsoir, et merci de m’accorder quelques minutes de ton temps en cette heure tardive. Je te promets que je vais être bref. Nous t’avons déjà interviewé assez longuement il y a quatre ans maintenant, et je ne vais donc te poser que quelques questions.
Vous êtes sur la route depuis tant d’années. Qu’est-ce qui vous motive encore ?

Barney : Pas de soucis. On doit encore prendre la route, mais oui, tu peux y aller.
Pour répondre à ta question, c’est le public. Les gens viennent pour ça, pour voir un show de Napalm Death et je leur donne ce qu’ils attendent.

Pour le public, seulement ?

Barney : Eh bien oui ! En tant que groupe, on se donne à 100% pour le public car il nous fait vivre et vibrer. Faire les choses à moitié n’a aucun intérêt.
 


Vous êtes dans un groupe, avec des gens depuis des années. Les mêmes personnes. Est-ce que ce n’est pas trop difficile d’être sur la route avec les quatre mêmes types, à chaque fois ?

Barney : Être dans un groupe comme Napalm Death c’est faire partie d’un concentré du monde qui nous entoure. On a notre petit monde à nous. C’est comme le monde au-dehors mais en plus petit. Et comme nous sommes tous différents on a appris, comme devrait le faire tout être humain, que nous devons accepter les gens avec leurs propres caractéristiques. Si on ne le fait pas on rend les autres malheureux. On doit apprendre à vivre en communauté avec les qualités et les travers de chacun. La tolérance est ce qui fait que les choses marchent.

Vous qui avez fait autant de concerts et d’albums, avez-vous un vrai but ? Quelque chose que vous voulez vraiment ?

Barney : Tu sais, mon but est très simple. Tout d’abord, je voulais voir le monde avec mes amis, ce que j’ai fait et continue à faire. Et aussi, ce que je pense est commun à n’importe quel groupe, c’est de faire passer un message à travers nos paroles.

J’ai promis une interview courte de cinq minutes, donc je vais tenir ma parole et arriver déjà à ma dernière question, celle que je pose à tout le monde.
Pour vous, maintenant en 2016, quel est le mot qui représente Napalm Death ?

Barney : Je vais te résumer ça en trois mots. C’est une entité. Notre groupe est devenu si grand qu’il est devenu une entité. On essaye toujours de catégoriser les groupes et on nous a mis dans la case death metal, mais on est bien plus que ça. Et à mesure que les années avancent on évolue, on grandit. On devient nous-même, une entité avec une identité propre, unique.


As-tu quelque chose à rajouter pour le public français ?

Barney : Tu sais, la France est en fait, apparemment, le meilleur endroit pour nous. C’est là qu’on vend le plus d’albums, et après plus de trente ans de carrière cela représente beaucoup pour un groupe underground comme Napalm Death. On existe grâce au soutien du public, sans ce soutien nous ne serions pas là où nous sommes aujourd’hui.

Un grand merci à Eloïse Morisse pour la traduction de l’interview !
 

Thomas Orlanth
 

Photos : © 2016 Thomas Orlanth  – galeries complètes sur le site internet: www.thomasorlanth.com / Facebook . Toute reproduction interdite sans autorisation spécifique du photographe.



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