Meshuggah – The Violent Sleep Of Reason

Après le colossal obZen en 2008 et le monstrueux Koloss en 2012, les Suédois de Meshuggah reviennent sur le devant de la scène cette année avec un excellent nouvel opus nommé The Violent Sleep Of Reason.

Que serait Meshuggah sans son accordage ultra bas digne d’un séisme niveau 8 sur l’échelle de Richter ? Et bien pas grand chose, c’est bien ça qui rend le combo Suédois absolument unique. Ce nouvel album qu’ils nous livrent merveilleusement bien en cette fin d’année est sûrement un des meilleurs moyens de la terminer. The Violent Sleep Of Reason est cet album très complet et très lourd que l’on attendait tous depuis quatre ans. Et comme souvent le combo ne nous a pas déçu !

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Les premières minutes d’écoute sont plus effrayantes que jouissives, ce qui est plutôt inquiétant. « Clockworks » débute sur un riff extrêmement gras, donc tout ce qu’on demande à Meshuggah, mais il s’éternise au point que l’on commence à avoir peur que tout le disque suive cette image. Heureusement, passée la barre des trois minutes, on découvre enfin tout cet univers subtilement dissonant, qui nous accompagnera tout au long de cette petite heure.

L’album reste tout de même très sage lors des premiers titres, c’est pourquoi on retrouve dans « Born In Dissonance » et « MonstroCity » des compositions assez strictes pour faire accrocher n’importe quel amateur de musique hyper heavy. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’écoute, on se retrouve face à des compositions de plus en plus dévergondées et farfelues. Meshuggah pousse le progressif moderne à l’extrême ici avec ses guitares lourdes, lentes et des riffs tranchants et saccadés. Chaque petit solo est une merveille de dissonance, à croire que Mattias «IA» Eklundh (Freak Kitchen) et Fredrik Thordendal sont tout droit sortis du même berceau. C’est beau la Suède n’est-ce pas ?

Pour en revenir à notre sujet, les solos de « Ivory Tower » et « Stifled » sont par exemple splendides, et ce ne sont que deux exemples parmi les huit autres se trouvant sur l’album. « Stifled » se termine d’ailleurs par un somptueux arrangement mélodique, presque classique, officiant d’intro pour « Nostrum » qui vient casser la baraque juste après. Sûrement un des morceaux les plus rapides de The Violent Sleep Of Reason et techniquement il n’y a rien à redire. Chaque accord, chaque arrangement, chaque solo, chaque note est dosée au millimètre et exécutée à la perfection.

Les guitares mises de côté, on peut aussi faire plus attention à la batterie qui prend une place vraiment imposante sur ce CD. Elle peut être parfois un peu arrogante et agressive, tout comme elle peut être douce et soyeuse. L’usage de la grosse caisse est juste parfait pendant que la caisse claire et le reste peuvent paraître un peu brouillons par moments (mais en fait non). Évidemment, la basse de son côté est tellement basse qu’il est difficile de la différencier au milieu des deux guitares rythmiques. En revanche, comme d’habitude, le chant de Jens Kidman n’est pas décevant pour un sou ! Une grosse régularité dans son chant aussi rauque que les instruments qui l’accompagnent.

Pour faire court, à part une chanson n’ayant pas supporté le poids sur ses épaules (« Into Decay »), ce nouvel album de Meshuggah est très homogène et joue sur les qualités principales du combo. On y retrouve les gros riffs ultra gras que l’on aime entendre chez eux, les solos dissonants qui font du bien et un chant tout aussi épais que le reste. Pas réellement de fausse note pour un album qui se laisse très bien écouter et apprécier dans son entièreté. Pas le temps de s’ennuyer et pas de moments d’hésitations. Meshuggah a encore beaucoup à nous donner, c’est certain. 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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