Steel Panther (+ Inglorious) à  la Cigale (09.10.2016)

Déjà plus d’un an et demi depuis le dernier passage du félin lubrique dans la capitale, et Steel Panther compte bien rappeler son existence par ce passage remarqué à la Cigale. Ambiance plus intimiste que dans le précédent Olympia, déconne à gogo, et visions mammaires par demi-douzaines : les ingrédients du cocktail habituel étaient réunis pour une soirée regorgeant de nouveautés, mais aussi de petites déceptions. Retour sur une soirée hollywoodienne salace au millième degré.

 

Inglorious
 

On avait découvert le combo britannique il y a moins d’un an, à la sortie de leur excellent premier effort éponyme. Puis, après une interview très sympathique, et une prestation énergique aux côtés des Winery Dogs, on était carrément tombés amoureux d’Inglorious, dont les relents délicieusement rétros côtoient une voix ahurissante, dont ne rougiraient ni le jeune David Coverdale, ni Robert Plant, rien que ça.

inglorious, paris, live, France, 2016, cigale

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le public parisien, présent en masse pour cette première partie, ne s’y est pas trompé : c’est une ambiance chaude et dynamique qui accueille les Britons sur scène, et projette instantanément un large sourire sur le visage de chacun des membres.

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Après une intro sur bande des Who (« Won’t Get Fooled Again »), le groupe embraye sans transition sur l’excellent « Until I Die », qui réveille immédiatement une foule avide de gros son et de rythmes entêtants. Ce sont au total sept titres du premier album Inglorious qui sont interprétés, et tous semblent taillés pour le live, malgré leurs ambiances très variées. On profite en particulier beaucoup de « Breakaway », ou encore « You’re Mine », où le frontman Nathan James se prend pour Bruce Dickinson période Accident Of Birth. Mais la palette vocale du chanteur est bien plus large, et rien ne semble lui résister, comme le prouve le final de la reprise de « Fool For Your Loving » de Whitesnake, où il surpasse le Coverdale originel, qui d’ailleurs a récemment dit beaucoup de bien de la version interprétée par ces jeunes musiciens.

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Tout au long des 40 minutes de set, le public a répondu présent, s’est manifesté, a sauté en rythme, levé les poings, chanté… bref, on avait rarement vu tel accueil pour une première partie : Inglorious quitte la scène sous une ovation méritée, et montera très haut, c’est certain !

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Setlist :
Until I Die
Breakaway
I Surrender (reprise de Russ Ballard)
High Flying Gypsy
Warning
Fool for Your Loving (reprise de Whitesnake)
You’re Mine
Holy Water
Unaware

 

Steel Panther
 

Les Californiens se font un peu désirer en démarrant le set en retard, mais cela permet à la tension de monter, au son d’une playlist passant en revue nombre de classiques du metal old school : AC/DC, Iron Maiden, Saxon, tout est là pour occuper les quelques 1400 fans avides de glam parodique et graveleux. « I Love It Loud » de Kiss permet à tout un chacun de peaufiner ses dernières vocalises, avant le départ en trombe sur « Eyes Of A Panther ». C’est tout de suite la folie dans le pit, les paroles semblent connues de tous, et la bonne humeur s’empare de la salle. Le son est très bon, même aux abords de la scène, et les musiciens semblent remontés à bloc.

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Comme d’habitude, Michael Starr étonne par son timbre constant et sans faiblesse, qui semble tout droit tiré des versions studio des morceaux. Il en fait une démonstration imparable sur le hit « Asian Hooker », qui voit par ailleurs Satchel assurer les chœurs japonisants avec une savante dose de caricature. Le micro du guitariste est d’ailleurs mis à profit tout au long de la soirée, tant le bonhomme est volubile. Entre les morceaux, les vannes et commentaires tour à tour gras, vicieux ou ridicules s’enchaînent comme dans un one man show. La plupart sont préparées mais font mouche, tandis que d’autres naissent d’échanges avec le public et montrent la spontanéité des musiciens. Morceaux choisis : le récit mimé de l’assassinat involontaire d’une groupie par le guitariste, dont les coups de reins sont soutenus par la grosse caisse de Stix Zadinia, ou encore les vents à répétition infigés au pauvre Lexxi Foxxx, qu’on en viendrait presque à plaindre !

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Mais on touche à au premier reproche que l’on peut faire au groupe ce soir. Steel Panther a énormément renouvelé son stock de gags, certes, et c’est drôle, certes. Très drôle même ! Mais le concert finit par être composé à presque 50% de vannes et discours, ce qui est un peu dommage : disons qu’avec quatre ou cinq titres de plus dans la setlist – et un solo de guitare plus concis – l’équilibre serait bien meilleur !

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Puisqu’il est question de setlist, celle proposée ce soir est bien équilibrée et plaisante : elle pioche allègrement dans les deux premiers disques, et plus légèrement dans le plus récent All You Can Eat, objectivement moins fourni en hits. Alors forcément, certains regrettent l’absence de « Tomorrow Night », ou encore « If You Really Really Love Me » et « The Shocker », mais si ces titres manquent, c’est au profit de morceaux plus rares comme « She’s On The Rag », jouée pour l’occasion en acoustique. Pendant ce titre, le batteur quitte son siège et rejoint le devant de scène, pour assurer les chœurs et le clavier sur son téléphone, un iPhone 8 d’après lui… hilarant !

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Profitant de la configuration acoustique, Steel Panther en chaîne sur l’excellent « Girls From Oklahoma ». Mais comme la panthère d’acier ne fait jamais rien comme tout le monde, elle invite sur scène une fan du prénom de Julia. Cuisinée aux petits oignons par les membres du groupe, et en dépit de la présence de sa moitié dans le public, la demoiselle se dévêt sans se faire prier, pour passer le morceau assise et seins nus. Le groupe lui fait la cour avec toute la finesse qu’on connait, improvisant même une chanson d’amour sur le prénom de leur victime. Le tout dans une ambiance bonne enfant, qui aura fait rire (presque, suivez mon regard) toute la salle.

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Le set principal s’achève par quatre morceaux joués en présence d’une ribambelle de fans plus ou moins vêtues, et plus ou moins délurées sur scène. C’est bien sûr le moment phare des concerts de Steel Panther, mais un ou deux morceaux suffiraient, tant le chaos sur scène rend le concert illisible par moments. Mais malgré tout, on profite bien de ces quatre derniers hits, qui font monter l’ambiance d’un cran supplémentaire dans le public. Mention spéciale à « Community Property », dont la première minute est reprise a capela par toute une Cigale conquise.

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Le groupe revient pour un court rappel sur « Fat Girl » et « Party All Day », qui font toujours leur effet sur scène, et quittent déjà la scène, sous une ovation plus que méritée. Le concert a duré presque 1h50, mais avec tous ce blabla (et la qualité de la prestation, c’est vrai), on a l’impression que tout est passé en une petite heure. On chipote certes, mais il faut bien essayer de nuancer notre avis sur ce concert d’un groupe très constant et invariablement bon en live. Pour résumer, malgré quelques petites réserves, Steel Panther a encore offert à Paris une soirée de fun, où tout le monde a pu se lâcher en laissant ses soucis à l’entrée. Pari réussi, et rendez-vous bientôt pour un nouvel album dont on attend beaucoup !

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Setlist :
I Love It Loud (bande)
Eyes of a Panther
Just Like Tiger Woods
Party Like Tomorrow Is the End of the World
Asian Hooker
Turn Out the Lights
Let Me Cum In
Guitar Solo [incl. Iron Man, Sweet Child O’Mine, Breaking the Law, Crazy Train, Master of Puppets, Smoke on the Water]
It Won’t Suck Itself
She’s on the Rag (version acoustique)
Girl From Oklahoma
17 Girls in a Row
Gloryhole
Community Property
Death to All but Metal

Rappel :
Fat Girl (Thar She Blows)
Party All Day (Fuck All Night)

 

Photos : © 2016 Régis Peylet
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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