Gorod – A Perfect Absolution

Gorod

A Perfect Absolution

 

Chez Listenable Records

 

« Le clou souffre autant que le trou »

   Les Bordelais de Gorod marquent une évolution dans le registre musical Death technique progressif, pour nous pondre A Perfect Absolution. Avec Cryptopsy, je me suis littéralement effondrée à l’écoute du deathcore de The Unspoken King, avec le dernier Morbid Angel, Illud Divinum Insanus, j’avais l’impression d’être en boîte de nuit allemande,… alors que dire de cet opus de Gorod, si ce n’est qu’il est tout simplement décevant…

   Le combo a été amputé de ses principaux membres, le guitariste Arnaud Pontaco et  le vocaliste Guillaume après la sortie de leur EP Transcendace, du coup, le visage de ce nouvel album qui reprend déjà quelques bons titres de l’EP, a une toute autre saveur…

   Les anciens zicos sont remplacés par le jeune Nicolas Alberny (Arcania) aux guitares et Julien (ex-Zubrowska) dont la voix colore la musique de Gorod d’une façon toute différente. 

   C’est à croire que le récepteur souffre autant que l’émetteur de la musique… une musique de Gorod que nous aimions par dessus tout. Parce que la force de Gorod a toujours résidé dans son intelligence. Lorsque Gorod composait un nouvel opus, on s’inclinait, on se plongeait dedans pour ne pas en laisser une miette, comme dans l’excellent Transcendance avec ses passages langoureux sonnant parfois jusqu’à un Tool (en ce qu’il a de plus beau, hein? Je vais encore me faire des ennemis avec mes comparaisons), avec ses excellentes voix Death et voix claires qui nous poussaient jusqu’aux cieux! Ah ! Que cette époque semble loin !

   Ici, on nous sert un Death/Jazz qui perd en originalité et intelligence là où il ne gagne pas forcément en technicité. Un album sans saveur malgré, je le redis, la présence d’excellents titres comme « Birds of Sulphur » que l’on avait déjà sur l’EP de 2009. Merci.

   Puis, vous assisterez à un enchaînement de titres prémâchés sans qu’aucun riff de l’album ne vous entraîne vraiment loin. La voix est tout simplement dégu…, core.  Même la production de l’album n’arrive pas à le sauver, les riffs peu travaillés sont trop mis en avant et la batterie finalement peu audible, tout comme la voix. Résultat, vous serez contraints de pousser le volume jusqu’au bout pour entendre l’espèce de gargarisme de Julien tout au long de cet opus. Je ne vous parle même pas de ses voix criées comme sur « The Axe of God », à 1:43. Quel supplice !

   En exemple, « Birds of Sulphur » va vous saoûler au bout de deux minutes et je vous assure, ce morceau ne vous mènera nulle part.

  Heureusement, quelques titres valent la peine d’être écoutés comme « Elements and Spirits », avec des breaks intéressants, une jolie rythmique jazzy et une certaine musicalité qui s’en dégage. Profitez-en bien, c’est un des seuls morceaux où vous aurez des tappings de guitare comme celui-ci.

  

   Je ne dis pas, Gorod mise ici sur la rythmique comme dans « The Axe of God » qui n’a sans doute rien d’autre à proposer. Mais, pour enfoncer le clou, je dirai que même les changements de rythme sont bâclés et trop trépidants pour vraiment les déguster. Cela va en pis avec « 5000 at the Funeral » qui regorge de riffs inutiles et franchement décevants. Lorsque le titre retombe enfin sur ses pattes et commence à nous emporter, vers la fin, il est déjà trop tard. 

   Alors que reste-t-il pour les amateurs du Gorod d’antan, de l’époque Process of a New Decline? Pas grand chose en somme. Même « Carved in the Wind » qui a un joli riff de base, finit par tourner en rond et à partir de 3 minutes 30 jusqu’à la fin du morceau … on n’en peux plus.

   Quant à l’intelligence ? Il y a certes des éléments intéressants disséminés de-ci de-là dans l’album comme par exemple la manière dont est amené le morceau « Varangian Paradise » avec son intro rafraîchissante, très séries 70’s (Miami Vice) doucement amenée vers un riff rythmique super frais… pour aboutir sur un riff des plus monotones et cette voix… du coup pourquoi ne pas utiliser son intelligence pour jouer des rythmes de samba de manière plus poussée pour en colorer tout le titre ? Nous, récepteurs, nous sommes assez intelligents et ouverts pour apprécier ces prises de risque alors pourquoi nous en priver ? Là, la musique samba a plutôt l’effet d’un cheveu sur la soupe.

   Je suis sûre qu’une partie des fans apprécieront cet opus, plus rythmique et moderne. Un choix, un virage musical que Gorod assume totalement mais en ce qui me concerne, cet album ne me donne pas envie d’en explorer davantage malgré tous les efforts du monde.

 

Katarz

  
 

NOTE DE L'AUTEUR : 6 / 10



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