Watery – Wordbreather (EP)

Lorsque l’on pense à la Finlande, ce n’est pas vraiment le hardcore qui nous vient en premier à l’esprit tant le pays a vu naître un nombre incroyable de groupes de metal aujourd’hui mondialement reconnus. Pourtant une scène hardcore existe bien au milieu des centaines de groupes de chevelus, et Watery est l’un de ses éminents représentants. Fondé en 2014 et auteur d’un premier EP pas forcément convaincant, le groupe monte d’un niveau cette année avec Wordbreather, nouvel EP bien plus appréciable et original.

Watery joue un punk hardcore comme on n'en fait plus beaucoup : chaotique, spontané et terriblement efficace. Les compositions n’hésitent pas à tirer vers les cinq minutes et les Finlandais empruntent des éléments à pas mal de genres pour se créer leur identité propre, loin des clichés du hardcore actuel.

Le principal atout de Watery, c’est sans conteste cette section rythmique ultra groovy qui donne à des titres comme « Get A Grip » ou « Egosystem » une puissance remarquable. A côté de cette solide base, la guitare d’Arttu prend pas mal de libertés, que ce soit en assénant des riffs metalcore très convaincants ou en faisant parler des influences punk à coups de petits riffs et solos du plus bel effet. On pense souvent à des groupes comme Stray From The Path chez qui le hardcore se teinte d’influences thrash et punk pour décrire la musique du groupe, terriblement catchy. Essayez de résister au riff qui ouvre « Words Stay Alive », ce n’est clairement pas si simple !

Sur un titre comme « Egosystem », on passe sans prévenir d’une rythmique thrash à un refrain metalcore, pour enchaîner sur un break beatdown que ne renierait pas Nasty,  tant pis si l’auditeur a parfois du mal à suivre. Ces variations feront le bonheur des amateurs de hardcore un peu chaotique et qui ne s’embarrasse pas des clichés du genre, même si évidemment Watery n’en est jamais vraiment débarrassé. Si tout n’est pas forcément digeste, certains passages sont vraiment bien trouvés comme ce break atmosphérique digne des meilleurs groupes de hardcore mélodique au milieu de « Fervor ». Encore une fois, cela est rendu possible grâce à la parfaite place prise dans le mix par la basse de Sami qui rayonne sur l’EP tout comme son camarade batteur Aapo.

Watery, Helsinki, Finland, chronique, 2016

Au milieu de tout cela, il ne faudrait pas oublier Onni, le vocaliste qui s’époumone comme un forcené derrière son micro pour ne pas faire perdre son intensité à la musique du combo. En plus d’avoir le de l’énergie à revendre, le frontman sait aussi varier son timbre avec un chant clair pas parfait mais qui fait le job, notamment sur le joli refrain de « Get A Grip ».

Certes, on voit passer ici ou là quelques mélodies clichées ou des moshparts un peu moins convaincantes, mais il ne faut pas oublier que le groupe n’a que deux ans et fait déjà preuve d’une maturité certaine sur ces cinq titres. Watery est donc une découverte aussi belle qu’inattendue, en espérant que les quatre Finlandais puissent sortir leur premier album rapidement tout en conservant la fougue qui les anime actuellement.

4/5

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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