Fall Of Summer 2016 : Jour 1


Troisième édition déjà pour le Fall Of Summer, l’attraction de la fin d’été et de la rentrée pour tous les fans de black, death et thrash de France et de Navarre. Encore une fois l’équipe de La Grosse Radio Metal était présente à Torcy pour vivre et vous faire vivre par procuration ce beau festival. On commence avec le retour sur la première journée, celle du vendredi.

HEXECUTOR
 

Ce n’est jamais facile de débuter un festival et de devoir jouer alors que dehors certains font encore la queue. Ceci dit, cela n’empêche pas de voir un bon paquet de chevelus se rassembler sur la belle plage de sable (encore) immaculée de la Blackwater Stage. Je ne répéterai jamais assez que de voir des groupes jouer devant une plage est absolument génial. OK, nous ne sommes pas en Slovénie en plein été, mais pour une fin de saison estivale, la météo est au top.


Les rennais d’Hexecutor n’ont que faire de toutes ces considérations triviales. Eux, ils sont là pour lâcher la sauce, là comme ça, en direct devant tout le monde. A chaque fois que je les vois, je me répète la même chose : putain, ils envoient ! Leur style se plonge dans un thrash aux influences speed évidentes, avec un chant souvent aigu, mais cela va plus loin. On pourrait grosso modo les traiter de fans d’old school, y compris au niveau du code vestimentaire, mais ils sont loin de ne faire que reprendre des bons vieux riffs d’antan. Il y a clairement une part de créativité là-dedans, et on est plus près d’un revival du genre (mais quel genre d’ailleurs ?) interprété avec beaucoup de convictions et d’énergie sincère, que d’un simple plagiat d’une époque révolue.


C’est toujours sympa de commencer la journée comme ça, mais je suis certain qu’ils se débrouilleraient très bien en début de soirée aussi, si un festival leur laissait pour une fois un créneau plus tardif, je pense que le public ne le regretterait pas !
 

DIE HARD


Aux premières notes de guitare, on se doute assez vite que l’on a affaire à un groupe nostalgique de Venom. Aux premiers sons de la voix d’Harry, on en a la confirmation. Remarquez, l’observateur attentif pouvait le deviner avant même qu’ils ne montent sur scène, puisque le groupe s’est nommé en hommage au titre de Venom « Die Hard ».Ce titre phare sera d’ailleurs repris durant le concert.

Alors que vaut la version suédoise de Venom ? Que dire de plus que dans ces cas là, l’original prime souvent sur la copie.Ceci dit, on est là pour profiter de l’après-midi qui débute, et la prestation du trio a été très convaincante. Ils ont clairement fait leur job devant un public qui n’en demande pas plus, sauf peut-être une autre bière alors que le soleil commence vraiment à se faire sentir sur Torcy.
 

ADX


Indice 10 sur la plage. Le soleil brille et les Français montent sur scène. Il n’y a pas que les quinquas qui adhèrent à la musique, les jeunes sont là aussi. Ça cogne dur sous le soleil « exactement ». A l’attention des organisateurs : l’année prochaine retournez la scène face à l’étang qu’on puisse suivre le concert les pieds dans l’eau. (Humour), mais c’est qu’on prendrait du temps au farniente, d’ailleurs sur le timing on a plus de 30 minutes de retard (mais on y reviendra plus tard).

ADX commence avec « La Mort en face », issu du dernier album Non Serviam qui se montre très efficace sur scène. « Fall of Summer, ca va? Fait chaud ici, ca va chauffer » nous gueule un Philippe « Phil » Grelaud très motivé. Les riffs stridents de « Mémoire de l’Eternel » attirent plus de personne devant la scène mais il y a aussi des malins qui recherchent des coins d’ombre sous les quelques arbustes qui se trouvent sur la colline pour regarder le show de plus loin.

« Cette chanson je ne vais pas vous la présenter » lance Phil avant que les premières notes de «Déesse du Crime » ne démarre. Dommage que le son ne soit pas fantastique mais ça blast dure. Bien sûr on attendait avec impatience les titres mythiques tels que « Notre Dame de Paris » qui apporte son lot de headbanging dans les premiers rangs, « Division Blindée » réclamée à cris et à sang sans parler de « Caligula » qu’on retrouve en fin de set. Le public saute de joie dès les premières notes du titre emblématique tant attendu et commence à rentrer dans l’ambiance du festival. Mais soudain on a l’impression qu’il y a un problème technique car il n’y a plus de son en plein milieu. Mais que nenni, le régisseur plateau au vu du retard pris dans l’organisation décide d’arrêter le set des français alors que « Caligula » devait clore le show dont il restait à peine deux minutes l’équivalent des dernières notes du morceau.

Dommage que le premier groupe français qui ouvre les hostilités de l’édition 2016 du festival soit traité ainsi.

Setlist :
La Mort en Face
La Complainte du Demeter
Mémoire De L’Éternel
Red Cap
Déesse du Crime
Notre Dame De Paris
Division Blindée
Caligula

MERRIMACK
 

Premier groupe de black metal du festival, c’est aux français de Merrimack que revient l’honneur d’honorer le style. Merrimack a toujours su se placer dans une certaine efficacité. Les compositions sont intelligentes, mêlant une certaine puissance brute à des ralentissements en mid-tempo bien sentis. C’est typiquement le genre de groupe qui pourrait percer à l’international, puisque la qualité est là.

Le chanteur Vestal adopte cette petite attitude décadente qui sied bien au genre. Il se déhanche, saisit furieusement son micro, hurle, s’agite, le tout avec cet air presque illuminé et hébété. Des titres comme « Seraphic Conspiration » donnent directement le ton. On est là pour faire du black metal, soleil dans la gueule ou pas ! Et franchement, des titres profonds comme « Sight of the Abysmal Lure » montrent bien le niveau technique du groupe.

Il est un peu dommage qu’ils aient dû jouer en plein cagnard, leur musique s’appréciant sans doute davantage en soirée dans une salle obscure. Au niveau scénique, l’ensemble manque un peu d’harmonie, tant on dirait que chacun est dans son trip personnel, l’exprimant plus ou moins ouvertement. Mais là encore, malgré le corpse paint, Merrimack n’est certainement pas le genre de groupe à mettre en avant le show, se concentrant plutôt sur la musique.

Le concert se termine par une petite surprise, à savoir une reprise de Massacra, au titre adéquat avec le genre, à savoir « Ultimate Antichrist », avec Manu de Ritualization au chant.


ABIGAIL
 

Après le premier titre Yasuyuki  nous lance un « We are from Japan » « Aligatô » comme lorsqu’on rentre dans un restaurant japonais. Au premier abord c’est du bon thrash/black joué par des mecs sur-vitaminés. Le public adhère d’une façon amicale et respectueuse comme il avait pu le faire l’année dernière avec Metalucifer ou Sabbat. Yasuyuki Suzuki a révisé son français en nous lançant des « Merci !!! » mais nous présente les titres en japonais.On peut tout de même imaginer avec le parcours du bonhomme (membre exclusif aussi du groupe thrash/black Barbatos dans lequel on retrouve aussi parfois Youhei avec le fameux War ! Speed and Power) que les thèmes abordés doivent tourner aussi autour du sexe et de l’alcool. Rock n’ roll !!

Les histoires sont peut-être plus excitantes que la musique qui se trouve répétitive à la longue en cette après-midi. Ça blast bien avec Youhei mais ça nous ennuie rapidement par un manque flagrant de créativité. Mais nous resterons chaleureux à la venue des hommes du pays du Soleil-Levant en leur rendant un respectueux « dômo aligatô gozaïmas » (phonétiquement parlant)…


MASSACRA TRIBUTE
 

Le grand nom du death metal français qu’est Massacra méritait bien un hommage. A peu près tous les groupes français qui exerçaient dans la brutalité musicale dans les années 90 ont envoyé un représentant sur scène pour ce tribute, et à ceux-là se sont rajoutés les plus jeunes, néanmoins fans de bourrinage délicat et qui « enjoy the violence ! ». C’est d’ailleurs avec ce morceau phare que débute le concert.

On y retrouve Crass de Crusher, Stéphane Buriez de Loudblast, Alex Colin-Tocquaine et Kévin Paradis d’Agressor, Frédéric Leclercq de Dragonforce, Al1 et Mick de No Return, S.A.S. de l’Argilière de Misanthrope et Pierrick de Phazm. J’espère n’avoir oublié personne dans la liste ! Les musiciens arrivent à chaque nouveau morceau, échangent parfois même de rôle, passant du chant à la basse ou à la guitare, et inversement. Bref, l’hommage est aussi l’occasion de faire la fête sur scène.

En prenant une sorte de best of de la scène metal française, on ne pouvait que logiquement obtenir un excellent concert. C’est à regretter encore davantage le split de Massacra et ses tristes circonstances, suite au décès de Fred. En tout cas, nous avons eu droit à un bel hommage de la scène metal française !

ORANSSI PAZUZU


La Finlande débarque sur la plage de la Blackwater’s Stage avec Oranssi Pazuzu, une formation qui va poser l’ambiance sous un soleil de plomb. Une ambiance psychédélique et surréaliste, avec des musiciens possédés, en transe par moment. Il faut dire que leur musique est parfaitement adaptée au planage intense, sans pour autant se complaire dans l’ennui. Le mélange sable fin, soleil et Oranssi a parfaitement pris.

Certes, il fallait un peu se déplacer pour capter le meilleur son. En même temps, ce n’est pas facile de sonoriser en extérieur, et il faut souvent quelques morceaux pour que les réglages soient au mieux. Reconnaissant en passant, que sur la grande majorité des concerts, le son du Fall of Summer était tout à fait convenable. Je parle beaucoup de ces détails techniques, car autant il peut être relativement facile de régler de la puissance brute, autant l’alternance entre des passages éthérés et des soudaines crises de démences que représente la musique des Finlandais reste plus délicate à gérer.

Entre la part du public qui commençait à sentir les effets des abus d’alcools, et qui trouvait donc ici naturellement un show compatible avec son état mental, et ceux qui appréciaient les ambiances plus élaborées, on constatait que le nombre de spectateurs commençaient à croître significativement. EviL se déchaînaient à l’occasion sur ses claviers, n’hésitant pas, comme tous les autres membres du groupe d’ailleurs, à pousser une petite hurlante à l’occasion.

Pendant ce temps, Jun-His, chanteur principal, mais aussi guitariste, captait l’attention du public, même s’il semblait souvent très loin des mortels qui l’entourait. Les accélérations sont bien placées, avec par exemple un « Hypnotisoitu viharukous » à mi-concert qui évite de tomber dans le piège de la méditation debout ! Il n’y a aucun doute, la musique enivrante et complexe d’Oranssi Pazuzu a fait de ce concert l’un des moments forts du festival. Evidemment, il fallait un minimum apprécier une certaine complexité et ne pas s’offusquer d’un ralentissement conséquent du blast beat ! Mais nous ne sommes encore que dans l’après-midi du premier jour.
 

VADER
 

Vader à un festival c’est comme Rotting Christ, c’est une valeur sûre. Ce n’est pas pour rien que les Grecs étaient eux-même déjà présents à la première édition du Fall of Summer en 2014. Quand on fait venir des musiciens d’une telle valeur on sait que le show sera carré, que les musiciens viendront faire le job sans fausses notes et paraîtront motivés comme au premier jour.

Et c’est ce que Vader va faire avec les clous brillant et les cuirs lustrés de sortie. La setlist va faire plaisir aux aficionados des Polonais puisqu’ils vont piocher un peu partout avec même deux nouveautés. Comme au Hellfest en juin de cette année on tombe toujours des nues en voyant la dextérité du guitariste Spider qui nous sort des solos tous plus beaux les uns que les autres pendant qu’un Peter souriant n’hésite pas à headbanguer au côté de son compère de la six cordes. Ce dernier est en forme et le groupe est plus que soudé avec une rythmique de plomb avec le duo Hal et James Stewart au métronome.

La setlist ressemble à celle qu’il y avait à Clisson avec les trois premiers titres qui mettent toujours tout le monde d’accord (« Wings Got to Hell » et « Come and See My Sacrifice ») saupoudrée des  « Reborn in Flames »/ « Triumph of Death » suivi plus tard des « Sothis » et de « Silent Empire » sans parler du tant attendu « Helleluyah!!! (God Is Dead) ». Mais là où on sera gâté devant notre lac préféré de Torcy, c’est que l’on aura le droit à « Prayer to the God of War » et « Para Bellum » du nouvel EP Iron Times, qu’on retrouvera bientôt sur l’album The Empire prévu pour le 4 novembre. Franchement il y a pire comme surprise !

Setlist :
Wings
Go to Hell
Come and See My Sacrifice  
Reborn in Flames
Triumph of Death
Prayer to the God of War
Silent Empire
Sothis
Carnal
Dark Age
Para Bellum
Cold Demons
Helleluyah!!! (God Is Dead)

RIOT V
 

Après la mort en 2012 de Mark Reale (guitariste, fondateur du groupe), les membres de Riot décident de continuer mais sans le chanteur Tony Moore (1986-1992, 2008-2009, 2010-2013) qui décide alors de quitter le monde de la musique. Après divers délibérations et discussions avec le père de Mark, Tony Reale, ils décident de modifier le nom en Riot V

Connaissant Riot depuis longtemps, depuis l’époque bénite du groupe lorsque Guy Speranza (de 1975 à 1981 – RIP 2003) puis Rhett Forrester (1981-1984, 1986 – RIP 1994) partageaient la scène avec Mark Reale lors des sorties des inoubliables Rock City, Narita, Fire Down Under, Restless Breed et Born in America, il me tardait de voir ce que les derniers membres du groupe pouvaient proposer alors qu’aucun des musiciens n’étaient là avant 1986. Pour faire plaisir au public rien de tel que d’entamer le show par le mythique « Narita » puis d’enchaîner par « Ride Hard Live Free » du dernier album Unleash the Fire sorti en 2014. Du même album « Metal Warrior » sera également joué ce soir. Mais l’album qui sera le plus étonnement surexposé sera Thundersteel avec pas moins de cinq titres, du titre éponyme en passant par « Fight or Fall », « Johnny’s Back » (dont on parlera plus tard), « Bloodstreets », « Flight of the Warrior ». Personnellement ce n’est pas l’album que je vénère dans la discographie des Américains mais bon, il faut bien que les musiciens marquent le pas.

Avec leur look d’anciens bikers perdus au milieu de l’Oklahoma devant une station d’essence, les Américains ont de l’énergie à revendre et ont l’élégance de maintenir en vie les titres d’un groupe mythique à l’image du backdrop avec la mascotte Tior (l’anagramme de qui vous savez) le phoque aussi appelé Johnny en référence au personnage du titre « Johnny’s Back » sur ThundersteelDon Van Stavern viendra placer ses premières lignes de basse dans le groupe en 1988.

Toute la première partie du concert est plutôt en retenu jusqu’aux premières notes de « Road Racin’ » suivi de l’inévitable « Warrior » repris en chœur par un parterre motivé « Shine, shine on, through the darkness and the pain. – Shine, shine on, Warrior. – Shine, shine on, through the wind and the rain. – Shine, shine on, Warrior… ». La voix de Todd Michael Hall fait honneur à ses illustres prédécesseurs. Le concert atteindra son paroxysme avec  « Swords and Tequila » suivi de « Thundersteel » qui clôturera le set. On aura passé un bon moment bien qu’aucun titre de Restless Breed ni de Born in America n’aient été joués ce soir. (snif).

Setlist :
Narita
Ride Hard Live Free
Fight or Fall
Johnny’s Back
Bloodstreets
Angel Eyes
Flight of the Warrior
Metal Warrior
Road Racin’
Warrior
Swords and Tequila
Thundersteel

PARADISE LOST
 

Comme au Hellfest en juin dernier pendant le set de Black Sabbath, Paradise Lost commence en rendant hommage à leur album de 1991 en entamant par « Gothic » et « Dead Emotion », avant de rappeler à tout le monde qu’un album était sorti l’année dernière (The Plague Within) en interprétant un « No Hope in Sight » et  plus tard « Beneath Broken Earth ».


Drôle de version que nous proposent les Anglais avec un « As I die » totalement à la ramasse. C’est simple on dirait qu’ils se font plaisir à massacrer l’un de leur titre fétiche (et en début de set s’il vous plait soit le quatrième titre joué). Nick Holmes ne chante pas « trop » faux ce soir mais le mix du tout donne un son assez brouillon à la prestation « old school » des Anglais. Quand à Gregor Mackintosh il reste caché derrière sa masse capillaire dreadlockée dans la partie la plus sombre de la scène, concentré sur sa guitare 7 cordes. On a l’impression qu’ils sont venus seulement pour toucher leur cachet. Ils feront un retour sur Gothic par la suite en interprétant « Rapture », « Shattered », « Eternal » et « The Painless » qui ne feront pas vraiment bouger le public qui peut-être en ce début septembre attend des morceaux plus symboliques de Paradise Lost.

Le groupe s’en sort avec à peine la moyenne et ce même si ils ont voulu nous ramener dans le temps avec un album qui a déjà 25 ans.

Setlist :
Gothic
Dead Emotion
No Hope in Sight
As I Die
Rapture
Embers Fire
Shattered
Beneath Broken Earth
Pity the Sadness
Eternal
The Painless

Après une première journée riche en excellents concerts, les festivaliers regagnent leurs pénates pour reprendre un peu de forces avant un deuxième jour qui s’annonce d’ors et déjà marquant.



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