Havenless – The Crimson Lines

Il arrive parfois que certains albums mettent du temps avant de parvenir jusqu’à nos oreilles. C’est notamment le cas de The Crimson Lines, le premier opus d’Havenless, formation de death metal progressif basée à Toulouse. En effet, cet album est sorti à la fin de l’année 2014, mais étant donné la qualité de celui-ci, nous ne pouvions pas ne pas vous en parler, même avec du retard. D'autant plus que le groupe propose l'écoute de l'intégralité de l'album sur sa page Bandcamp

Avec une pochette qui rappelle les plus grands artworks de Travis Smith, les Toulousains annoncent la couleur et proposent une œuvre sombre et torturée. « Prelude », le premier titre de The Crimson Lines pose l’ambiance, très cinématographique avant un « Sons of the Raging Season » qui permet de découvrir plus intensément l’univers du groupe. Avec des compositions rappelant très fortement le Opeth du début des années 2000, Havenless peut attirer à lui les déçus de l’orientation actuelle des Suédois.

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En effet, tout rappelle ici cette illustre référence qu'est Opeth, qu’il s’agisse des parties de guitare acoustiques belles et mélancoliques (le pont de « Sons of the Raging Season », « Cold Shape »), comme des growls rageurs de Fred Blanchard, qui s’inspirent directement de ceux de Mikael Akerfeldt. Pour autant, les quelques passages en voix claire constituent le défaut principal de l’œuvre (« Nightwalk For Tragedy »), notamment en raison d’un accent français un peu trop marqué. Mais nous n’en tiendrons pas rigueur au vocaliste qui utilise son chant clair de façon parcimonieuse, se concentrant sur les growls qu’il maîtrise bien mieux.

Musicalement, les fans de Blackwater Park seront dans leur élément avec des titres rappelant les meilleurs passages de l’œuvre d’Opeth (« Nightwalk for Tragedy » rappelle « Bleak », là où « Cold Shape » propose une ballade aussi réussie que « Harvest » ou les compositions de Damnation). Les soli de Benoit Bonnoron sont également épurés et mélodiques (« In the Soreness Chamber », «Shades in the Moor », « Cold Shape »), avec des progressions harmoniques que n’aurait pas reniées Peter Lindgren.

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Certes, ces références omniprésentes à l’œuvre des Suédois pourraient faire passer Havenless pour une pâle copie du combo de Mikael Akerfeldt. Mais il n’en est rien tant les Toulousains parviennent à saisir l’ambiance de leur modèle, tout en insufflant leur propre patte (le riffing de « House of the Bleak » est un grand moment de l’album, tout comme le pont de « Lamentation » presque jazz et groovy). Dosant savamment le mélange entre death metal et progressif, Havenless délivre une œuvre digeste et cohérente, avec une maturité impressionnante pour un premier album. On sent que le groupe s’est donné les moyens de leurs ambitions, avec un mix qui met en avant chaque instrumentiste (notamment les patterns de batterie de Romain Choisy, particulièrement subtiles, comme sur « Cold Shape »), et une production qui sonne de façon intemporelle. 

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Mais le point d’orgue est atteint par le titre final, « Shades in the Moor » (oui même dans les titres des compositions, les références à Opeth sont présentes), qui propose un résumé de ce dont est capable le groupe : riffs puissants, chant profond, parties acoustiques sublimes et soli habités…tout y passe durant les 14 minutes du titre. Ainsi Havenless nous quitte sur une impression franchement positive et nous donne envie de découvrir le groupe sur les planches.

Plus qu’un tribute à Opeth, Havenless délivre une œuvre fraîche et maîtrisée, qui pourra sans nul doute satisfaire l’auditorat des Suédois et qui tient sans contestation possible la comparaison avec les meilleurs albums composés par Mikael Akerfeldt. Maintenant, il ne reste plus au quintet qu’à se démarquer encore un peu plus de son influence majeure pour proposer quelque chose d’un peu plus personnel à l’avenir. En attendant, The Crimson Lines est une franche réussite à écouter d’urgence.

Note : 8,5/10

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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