7 Weeks – A Farewell to Dawn

7 Weeks fait partie de ces formations pas comme les autres. Inclassable, le combo limougeaud oscille entre stoner, metal progressif et rock n’ roll direct et sans fioritures, au gré des albums et des compositions. Avec un quatrième album dans leur besace, le quatuor brouille toujours les pistes, quitte à surprendre ceux qui souhaitent les ranger dans une case dont ils ne souhaitent que s’échapper.

Pourtant, « King in the Mud » qui ouvre l’album démarre sur un riff stoner catchy, à grand coup de fuzz et sur une rythmique plutôt binaire. Taillé pour le live, ce titre n’est pas représentatif de l’album, puisque 7 Weeks souhaite se démarquer, en tentant tour à tour d’incorporer des éléments électroniques (« The Ghost Beside Me ») ou des plans atmosphériques (« Knots »), tout en laissant une place importante aux claviers qui apportent une ambiance et une personnalité propre aux titres qui parsèment cet opus.

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Si l’album a été composé principalement en duo par les deux têtes pensantes et membres fondateurs Julien Bernard (chant, basse) et Jérémy Cantin-Gaucher (batterie), chaque instrument est à sa place, même si la basse saturée est bien présente dans le mix (« A Well Kept Secret »), brillamment réalisé par l’incontournable Francis Caste. La prestation vocale de Julien illustre à merveille la diversité stylistique dont le combo est capable : tantôt rageur (« King in the Mud »), tantôt plus modéré et mélodique (« Kamikazes », « January », « The Ghost Beside Me »), le leader se montre à l’aise en toutes circonstances.

Les compositions de l’album sont liées par deux interludes courts, presque cinématographiques (« Ohka » et « A Farewell to Dawn ») qui ajoutent une touche de mysticisme et complexifient encore la classification de l’œuvre. Si Jérémy Cantin-Gaucher nous confiait en interview l’envie du groupe de laisser de côté la guitare pour envelopper l’ensemble avec des textures sonores, il faut reconnaître que les riffs stoner n’ont pas disparus (« Broken Voice », « Kamikazes »), offrant à l’auditeur une musique pêchue et directe. Pourtant, les morceaux les plus directs ne sont pas forcément les plus réussis (« Kamikazes », « A Well Kept Secret »), puisque c’est sur les titres les plus originaux que 7 Weeks sonne le mieux. « January », « Knots » ou « A Farewell to Dawn » évoluent presque dans un post-rock expérimental et envoutant, et il est dommage que le combo n’ait pas osé mettre cette facette de sa personnalité plus en avant.

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A force de brouiller les pistes et de montrer les différents visages du combo, 7 Weeks prend le risque de proposer une œuvre hétéroclite qui peut, au premier abord, sembler manquer de cohérence. On n’en voudra pas pour autant au groupe qui se fait plaisir avant tout dans une démarche honnête, et qui parvient à sortir un bon album, osant des choses nouvelles, prenant des risques et finalement souhaitant évoluer encore et toujours. Les fans du combo seront aux anges, mais ceux qui souhaitent découvrir cette formation atypique peuvent également se pencher sur cet album qui risque de surprendre, de déstabiliser mais qui en aucun cas ne laissera indifférent.

Note : 7,5/10

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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