Opeth (+ Myrkur) au Trianon (21.11.2016)

Un an à peine après leur dernier passage dans la capitale pour la tournée anniversaire de Ghost Reveries, les Suédois d’Opeth sont de retour dans la même salle, avec désormais un nouvel album sous le bras. Malgré un Sorceress contesté au sein de la fan-base d’Opeth, et une direction artistique entamée depuis Heritage qui divise toujours, le public est nombreux ce soir devant le Trianon pour assister au concert des Suédois. Tellement nombreux qu’une seconde date a également été ajoutée pour satisfaire tout le monde, les billets ayant rapidement trouvé preneurs. Et une fois de plus, Opeth a su faire taire les critiques et fédérer son public avec un concert empruntant à chaque période de la riche discographie du groupe.

 

Myrkur


Pour débuter ce concert, c’est la formation danoise Myrkur, emmenée par Amalie Bruun, qui foule les planches. C’est dans une configuration acoustique que va se produire la jeune Danoise, tout juste épaulée par deux choristes, à la manière de Mausoleum, son récent live acoustique sorti cet été. Amalie démarre son set avec « Volvens Spadom » réarrangé pour l’occasion avec un violon. Le son est excellent pour cette première partie et met bien en valeur les voix des trois chanteuses.

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Ce concert permet de redécouvrir les titres de Myrkur dans des versions dépouillées d’arrangements influencés par le black metal. Ici, pas de hurlements et d’attitude de furie dont on sait la multi-instrumentiste capable. Seule trois voix épurées délivrent une atmosphère de recueillement, enrichie par les accords de claviers joués par Amalie, qui passe d’ailleurs également de façon aisée à la guitare classique.

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Si sur la toile la Danoise a fait l’objet de nombreuses railleries de la part des puristes pour s’être octroyée le terme de black metal afin de qualifier sa musique, il faut avouer qu’avec ce concert, elle prend tout le monde à contrepied et délivre une belle performance. Une partie du public semble totalement sous le charme, mais malheureusement pour le trio, l’autre moitié semble s’ennuyer devant les compositions éthérées de la musicienne. M, le seul album de Myrkur est plutôt bien représenté, la chanteuse ne piochant à aucun moment dans son premier EP éponyme. Ainsi « Onde Born » fait l’objet d’une très belle adaptation acoustique, sublimée par les voix des deux choristes. On regrette seulement que la Danoise ne nous ait pas proposé sa reprise du « Song to Hall Up High » de Bathory, qui aurait peut-être permis de satisfaire les connaisseurs. Néanmoins, c’est un très bon set que Myrkur a délivré, les musiciens quittant la scène sous les applaudissements mérités du public.

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Opeth


Après une courte pause, au cours de laquelle la fosse se remplit petit à petit, les lumières s’éteignent de nouveau et la désormais célèbre introduction des concerts d’Opeth, « Through Pain and Heaven », retentit. La section rythmique du groupe (Martin Mendez à la basse et Martin Axenrot à la batterie) apparait alors pour jouer le début de « Sorceress », accompagnée par le clavier de Joakim Svalberg. Mikael Akerfeldt et Fredrik Akesson montent sur scène au moment de faire résonner le riff pachydermique du couplet, fortement empreint de stoner et de psychédélisme. Ce titre passe décidément très bien le cap de la scène, en étant direct et sans fioriture, certainement plus facile d’accès que les autres morceaux du dernier opus.

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Mais pour ceux qui étaient effrayés à l’idée d’avoir un set axé sur Sorceress, la doublette « Ghost of Perdition » / « Demon of the Fall » va malgré tout ravir les fans de la facette plus extrême d’Opeth. Ces deux titres permettent également de voir que Mikael Akerfeldt a retrouvé son growl profond et puissant, bien aidé par un mix bien équilibré. « Demon of the Fall » récolte un énorme succès auprès du public, bien que le facétieux leader du groupe l’ait introduit en rappelant que lorsque My Arms Your Hearse est sorti, certaines chroniques françaises avaient qualifié le groupe d’ennuyeux. Toujours pince sans rire, Mikael échange avec le public, malgré certains spectateurs qui tentent par tous les moyens de se faire remarquer par le leader du groupe.


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La suite du concert permet ainsi aux Suédois de balayer l’ensemble de leur discographie, en mettant en avant tantôt leur facette prog (« The Wilde Flowers », « Face of Melinda », « Cusp of Eternity »), tantôt leur riffing efficace (« The Drapery Falls », « Heir Apparent », « Delivrance »). On constate d’ailleurs qu’Opeth souhaite amener quelques variations dans ses setlists au cours de cette tournée, en choisissant notamment d’écarter « The Lotus Eater », longtemps interprété, au profit d’« Heir Apparent », un autre extrait de Watershed bien plus rare. D’ailleurs, le concert du lendemain verra d’autres modifications de la setlist, preuve que le combo respecte toujours ses fans.

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Le groupe est impérial sur l’ensemble des titres, qu’il s’agisse des morceaux les plus violents comme les plus délicats, à l’image de « Windowpane ». Martin Mendez brille toujours par ses parties de basse qui donnent un aspect feutré, presque jazz sur « Face of Melinda » ou « Windowpane ». De même, les soli d’Akesson et d’Akerfeldt sont toujours de grands moments. Enfin, le leader saupoudre les titres de sa voix claire la plus maîtrisée.

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Si nous soulignions une setlist plus variée que sur les précédentes dates, certains classiques sont néanmoins toujours de sortie, comme « The Drapery Falls » (toujours efficace mais auquel nous aurions préféré un « Bleak »), ou « The Grand Conjuration » et son ambiance plus oppressante, joué à chaque passage des Suédois (et d’ailleurs écarté le lendemain). Mais les conditions sonores, le choix des titres et l’interprétation qui en est faite nous font penser qu’il s’agit là d’un excellent concert d’Opeth, peut-être le meilleur auquel nous avons assisté à Paris depuis celui donné au Bataclan pour les 20 ans de la formation en 2010.

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Avec ce concert, Opeth a choisi de faire plaisir à ses fans de longue date, en n’interprétant aucun titre de Heritage, et en ne mettant en avant que deux compositions du nouvel album. Il en résulte un set aux couleurs du Opeth des années 2000, où la délicatesse de l’acoustique tutoyait la violence des riffs death metal. C’est « Delivrance » et son final hypnotique qui achèvent cette soirée, qui décidément restera longtemps dans les mémoires.

Setlist Opeth :
Sorceress
Ghost of Perdition
Demon of the Fall
The Wilde Flowers
Face of Melinda
Windowpane
Cusp of Eternity
The Drapery Falls
Heir Apparent
The Grand Conjuration

Delivrance

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Un grand merci à Fred Chouesne et Garmonbozia
Photographies : © Marjorie Coulin 2016
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



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