Ihsahn (+ Acyl) au Divan du Monde (22.11.2016)

Alors qu’Opeth s’apprête à jouer au Trianon pour la deuxième soirée consécutive, Ihsahn, grand ami de Mikael Akerfeldt se prépare quant à lui à fouler les planches du Divan du Monde voisin. La salle tarde à ouvrir ses portes, mais une fois à l’intérieur, on peut malheureusement constater que le concert ne sera pas complet ce soir. Les balcons sont fermés au public et la salle peine à se remplir à l’ouverture, signe que la présence des Suédois dans un lieu voisin n’est pas étranger à ce manque d’affluence. Dans la fosse, on croise bien entendu de nombreux t-shirts à l’effigie d’Emperor, mais également des fans de musique de tout âge, preuve qu’Ihsahn a su diversifier son auditoire avec sa musique parfois très expérimentale, entre prog et black metal.

Acyl

Ce sont les Franco-algériens d’Acyl qui ouvrent le concert du soir avec leur metal moderne aux consonances world music. En effet, le groupe mêle habilement instruments traditionnels d’Afrique du Nord et metal aux sonorités lourdes et aux rythmiques puissantes. D’ailleurs, pour cette première partie, on sent que le groupe a mis les petits plats dans les grands, avec la présence d’un écran diffusant des vidéos spécialement conçues pour l’occasion. Un compte à rebours s’affiche et le groupe entre en scène, au son de la basse de Salah, particulièrement mise en avant tout au long du set.

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Le premier titre dévoile un groupe tous riffs dehors, prêt à en découdre à l’image d’Amine (chant) qui éructe dans le micro, pied sur le retour. Pourtant, c’est lorqu’Acyl calme le jeu et sort les instruments traditionnels que sa musique interpelle le plus. L’utilisation de sagattes, de bendir et de derbouka en guise de percussion permet de faire voyager le public vers les pays du Maghreb et ajoute une touche d’exotisme bienvenue. De plus, les cinq musiciens proposent des chœurs issus de la musique traditionnelle algérienne en complément du metal qu’ils pratiquent, tout en dansant sur scène et en tapant des mains. Si la musique du groupe peut au premier abord faire songer à Myrath, Acyl emprunte également quelques éléments de son à Arkan ainsi qu’à la scène death metal mélodique, tout en se forgeant sa propre personnalité.

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La bonne humeur et le capital sympathie du groupe font forte impression et Amine parvient même à apprendre quelques pas de danse au public, qui s’exécute en souriant. De même, entre les titres les musiciens plaisantent avec l’audience, notamment lorsque le chanteur tente d’accorder son guembri (sorte de basse traditionnelle africaine) et qu’Aber (guitare) se retrouve à présenter l’instrument.
Au final, Acyl a donné une excellente prestation, pleine d’humilité et de bonne humeur. Il est certain que le charisme des musiciens a joué dans l’appréciation de ce concert, qui a tenu toutes ses promesses également sur le plan musical. Une belle découverte live.

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Ihsahn

Ce concert d’Ihsahn est un petit événement en soi, sachant que le Norvégien foule les planches d’une salle parisienne pour la première fois, même si le musicien s’est déjà produit à proximité de la capitale, au Fall of Summer. Si les musiciens de Leprous ont longtemps tourné avec Ihsahn, ce soir c’est un groupe différent qui lui sert de backing-band, sans démériter bien au contraire. Le jeune Robin Ognedal (guitare) est impressionnant de maîtrise sur l’ensemble des titres, en dépit de sa carrière naissante. De même, Nicolay Tangen Svennaes drape les compositions de ses nappes de synthétiseurs, et ajoute une base rythmique en interprétant les parties de basse sur son clavier (le backing-band ne comportant pas de bassiste). Mais c’est bien évidemment vers le maître de cérémonie, Ihsahn, que tous les regards sont tournés. Faisant preuve d’un charisme impressionnant, le leader d’Emperor marque les esprits par la qualité de sa voix claire, comme de son chant hurlé, alors que les conditions sonores sont parfaites pour apprécier la complexité de l’œuvre du multi-instrumentiste.

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La setlist met particulièrement en avant le dernier né de l’esprit tourmenté d’Ihsahn, Arktis, avec les très bons « Pressure », « Until I too Disolve » ou encore le magnifique titre « Celestial Violence ». Lors de l’annonce de ce morceau, le chanteur rappelle que sur la version studio c’est Einar Solberg de Leprous qui chante avec lui, et que malgré son absence, il va tenter de faire aussi bien. Et sans surprise, l’interprétation est parfaitement réussie, qu’il s’agisse du chant clair ou des plans instrumentaux.

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Au cours de ce concert, Ihsahn en profite également pour interpréter quelques titres moins récents, issus d’After, l’un de ses sommets discographiques en solo. « Frozen Lakes on Mars » est toujours un plaisir à réentendre, tandis que « A Grave Inversed » déclenche un chaos monumental dans la fosse du Divan du Monde, avec sa structure complexe et les samples du saxophone de Jorgen Munkeby (Shining). Quelques spectateurs tentent maladroitement de slammer, malgré l’absence de pit photo pour se réceptionner. La bonne ambiance est donc de mise au sein de la salle, et ce n’est pas le medley constitué de deux titres d’Emperor qui fera retomber la pression. En effet, le chanteur norvégien choisi d’interpréter « An Elegy of Icaros » (issu de IX Equilibrium) et « Thus Spake The Nightspirit » (Anthems to the Welkin at Dusk) dont le final prouve qu’Emperor était bien plus qu’un simple groupe de black metal.

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Après cette petite escapade dans le temps, le set reprend de plus belle, Ihsahn alternant entre ses guitares à 6 et à 8 cordes, et communiquant toujours entre les titres. Le chanteur rappelle d’ailleurs son attachement à la Norvège et à son foyer avant de se lancer dans l’interprétation de « My Heart is of the North ». Comme si le public avait été galvanisé par l’interprétation des titres d’Emperor, la fin du set voit la fosse se lâcher complètement, certains spectateurs enchaînant les slams et les pogos. La température ne retombera pas sur « Mass Darkness », single issu d’Arktis qui prouve qu’Ihsahn parvient à allier mélodies accrocheuses et démarche expérimentale.

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Le quatuor s’éclipse alors, pour mieux revenir pour un rappel qui prolonge l’excellente soirée passée en compagnie des Norvégiens.

Avec un concert de près de 1h45, Ihsahn et ses musiciens ont fait preuve d’une générosité exemplaire, offrant un moment particulièrement marquant à ses fans français pour leur première date parisienne. Après un set comme celui-ci, il nous tarde de revoir le musicien, en solo ou avec Emperor, qui s’apprête à fêter l’année prochaine les 20 ans de Anthems to the Welkin at Dusk.

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Setlist Ihsahn

Hiber
Pulse
Pressure
Until I Too Disolve
Frozen Lakes on Mars
A Grave Inversed
Celestial Violence
Emperor Medley (An Elegy of Icaros/Thus Spake the Nightspirit)
Tacit
My Heart is of the North
The Paranoid
Mass Darkness

Gried
The Grave

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Merci à Acess Live pour nous avoir permis de couvrir ce concert.
Photographies : © Arnaud Dionisio / Ananta 2016
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe.

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