Myrath et Sidilarsen au Café Charbon à  Nevers (18.11.2016)

Quand deux tournées se croisent au milieu de la France, on obtient une soirée bon enfant avec un public diversifié venu célébrer le culte de la guitare…

Ce n’est pas tous les jours que l’on voit une belle affiche à tendance métal à Nevers, donc remercions d’abord le Café Charbon, à la programmation éclectique d’avoir choisi deux groupes qui n’évoluent pas dans la même sphère musicale, mais qui permettent d’obtenir une soirée festive de qualité.

 

Myrath


La soirée débute avec le métal musclé et à la fois délicat de Myrath. La présence à de nombreuses reprises d’une danseuse du ventre colle parfaitement bien à l’ambiance musicale. En effet, ce type de danse a pour vocation d’être à la fois sensuelle, musclée, dynamique et stimulante. La musique de Myrath présente également ces caractéristiques.

La petite salle du Café Charbon est déjà bien remplie, et la température monte assez rapidement du fait de la promiscuité. Les fumigènes entrent en action, et l’éclairage orangé me fait penser à une tempête de sable. Et dans cette tempête apparaît une jolie danseuse ondulante et virvoltante. Pas de doute, la température vient de monter encore un peu plus.

Pendant que l’attention se focalise sur la demoiselle, les musiciens entrent petit à petit sur scène, noyés dans la brume avant d’entamer un des nombreux tubes de leur dernier et excellent album Legacy, qui servira de source principale à leur répertoire de la soirée. Ce choix est assez logique, puisque ce concert bourguignon fait parti de leur Legagy Tour.


Zaher Zorgati a des faux airs de chanteur de charme, tant son jeu de scène a un côté hypnotique. Mais loin d’être un crooner, j’avoue que la maîtrise vocale est là. C’est d’ailleurs surtout cela que je retiens de ce concert: les musiciens du groupe assurent parfaitement leur set, et la qualité est bien au rendez-vous.

Que l’on aime ou que l’on n’aime pas le côté power metal prononcé de leur oeuvre, il faut bien reconnaître l’excellence ici. D’ailleurs, si on les classe parfois du côté du metal progressif, ce n’est pas par hasard. Et ce n’est pas les soli irréprochables de Malek Ben Arbia qui démentiront cette affirmation !

Leur setlist présente des morceaux assez variés, et il y aura également un petit clin d’oeil pour les amateurs de Game of Thrones dans la salle, avec le morceau dédiée à la Khaleesi , à savoir « Unburnt ». Ce genre de morceau épique classe pour moi définitivement le groupe dans le power metal, avec ces petites mélodies orientales qui apportent toute son originalité au groupe.

Le show est bien milimétré, avec peu de temps morts. La communication avec le public est présente, même si Zaher n’abuse pas de ce côté. Il a cependant un message a faire passer: non, Myrath n’est pas un groupe satanique. En effet, la méconnaissance du metal en Tunisie leur a valu des articles négatifs, et comme pour prouver le contraire, il fait monter un enfant et son père sur scène.

D’autres groupes en auraient certainement profité pour asperger leurs invités de sang frais, renforçant leur côté « maléfiques » dans les médias, mais non, Myrath porte simplement un message d’amour.

Un excellent concert donc !

 


Setlist:
Get you freedom back
Madness
The Needle
The Unburnt
Endure the Silence
Nobody’s Lives
Storm of Lies
Merciless Times
Beyond the Stars

 


Sidilarsen
 

Après une bonne pause, permettant au choix de boire une bière ou autre chose, discuter, d’aller fumer dehors, de passer aux toilettes ou de se ruer sur le merch, voire une savante combinaison de tout cela, Sidilarsen entre sur scène. Une part du public est venue spécialement pour eux, et si on ajoute les metalleux venus pour Myrath, ça commence à pousser dans la petite salle. 

J’avoue que j’étais un peu surpris de la composition de l’affiche. En effet, les Toulousains de Sidilarsen n’évoluent pas franchement dans le même univers musical. Ceci dit, leur style est clairement percutant, et il y a eu bon nombre de riffs bien gras ce soir, de quoi contenter des métalleux de tous bords et de provoquer un petit wall of death et autres pogos qui n’avaient rien à envier à un bon gros concert de death metal.


Certes, le style musical d’ensemble de Sidilarsen mélange allégrement des composantes électro avec du rock alternatif voire du metal industriel. C’est d’ailleurs à ce genre de mélange quelque peu inclassable que l’on peut repérer un groupe intéressant.

Ce dernier a toujours prôné des messages de révolte contre la société de consommation de masse. D’ailleurs, l’écran situé sur la scène passe régulièrement les textes rebelles de leurs chansons et Didou mime régulièrement son dégoût du système au sens large, à l’obéissance aveugle et aux implications sur nos vies.

Quoiqu’il en soit, la communication avec le public est permanente, avec des constations simples énoncés par le chanteur et qui résument bien la situation : « là, il y a du dB » ou encore « Tu jouis, je jouis ». Parfois, des mots évidents permettent de mettre en image ce qui se passe dans une salle !

Le concert fait bouger la salle, et il faut dire que le spectacle est captivant. Certes, ici pas de danseuse orientale, mais entre les mimiques du chanteur, les vidéos en arrière-plan et les rythmiques souvent entraînantes, il y a de quoi regarder.

Le groupe enchaîne les tubes, devant des fans qui en redemandent jusqu’à ce qu’on arrive à quelques morceaux de la fin, quand soudain, le son devient aléatoire. Les vérifications des câbles faites discrètement par les roadies n’y changeront rien, au point que le groupe doive interrompre son set, pour demander à l’ingénieur-son ce qui se passe. Tant qu’à faire, autant s’arrêter vraiment plutôt pour résoudre le problème, plutôt que de bidouiller sur plusieurs titres. 

Justement, la pause devient un véritable entracte. Et du coup, comme l’a proposé Didou, allons boire un coup en attendant que l’équipe technique s’en sorte.

En effet, il semblerait que la console ait carrément planté, et que le temps de redémarrer le tout, ça devrait prendre un moment. Et oui, l’informatique en musique, c’est comme dans les autres domaines: ça facilite la vie, jusqu’à ce qu’on voit ce genre d’écran :


S’il est certainement un peu frustrant de devoir couper le rythme d’un concert aussi intense, d’un autre côté, aller se rafraîchir le gosier au moment où la chaleur devenait étouffante, était plutôt une possibilité sympathique et inatendue.  Cette interruption forcée a bien duré un quart d’heure au jugé, et je m’inquiétais de voir comment le concert allait pouvoir reprendre sur le même rythme, surtout qu’il ne devait rester que quelques chansons.

Et bien, le concert a repris sur les chapeaux de roue ! Tant au niveau du public, qui a peut-être eu l’impression d’un méga rappel, qu’au niveau des musiciens, professionnels jusqu’au bout.

Notons que sur le dernier morceau,  l’un des plus emblématiques du message de Sidilarsen, à savoir « Des miliards », le groupe fait monter sur scène une petite fille, quelque peu impressionnée de se retrouver là. Ici, il n’est pas question de montrer qu’ils ne sont pas satanistes comme leurs compères de Myrath auparavant, mais plutôt de montrer que c’est à la génération qui arrive de changer les choses,  puisque la précédente n’a rien fait. Enfin, en tout cas, c’est comme cela que je l’ai compris.

Quoiqu’il en soit, le concert s’achève donc pour de bon cette fois.
Mission accomplie, malgré la technique !
Bravo !


Setlist:


 

Thomas Orlanth


Photos : © 2016 Thomas Orlanth  – galeries complètes sur le site internet: www.thomasorlanth.com / Facebook . Toute reproduction interdite sans autorisation spécifique du photographe.
 



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