Meshuggah (+ High On Fire) au Bataclan (06.12.16)

C’est toujours un plaisir de revoir Meshuggah sur scène, encore plus lorsque les Suédois viennent défendre un nouvel opus. L’affiche du soir est sans doute l’une des plus attrayantes de cette fin d’année, et c’est en masse que le public s’est déplacé pour aller voir les mastodontes de la scène metal suédoise. C’est au Bataclan que les plus chanceux et chanceuses ont pu assister à une performance de haut vol, dans une ambiance de folie et dans une salle comble.

High On Fire
 

Surprenant que le choix de High On Fire pour assurer la première partie de cette soirée. Les Américains entrent sur scène sur les coups de 19h15, devant un public encore peu garni.
 


D’entrée de jeu, on constate que la batterie domine, les symbales étant bien plus puissante que le reste. Pour autant, le chanteur et guitariste Matt Pike se fait clairement entendre, aussi bien par des solos prévisibles que par une voix qui porte. Elle se veut puissante et rauque, et colle assez bien au style des Américains, un sludge teinté d’heavy et de stoner, aux influences des années 1980, tant dans la voix que dans le rythme. Les morceaux nous paraissent interminables et l’on se demande de plus en plus comment ce groupe a pu se retrouver en première partie d’un groupe totalement différent musicalement de Meshuggah.

Quelques courageux se bousculent dans le pit, lors de moments plus rapides, mais globalement, le public reste quelque peu statique. Sur un titre comme « Turk », on retrouve des élements intéressants, comme l’intro qui envoie de façon non négligeable, la batterie qui prédomine ou encore les longues notes proposées par le frontman. Pour autant, on ne peut s’empêcher de penser que la prestation d’High On Fire traine en longueur, le groupe s’étant vu offert la possibilité de jouer environ une heure.
 


La libération arrive lorsque le chanteur annonce le dernier morceau, « Snakes For The Divine », qui est de loin le moins soporifique du soir. High On Fire quitte la scène, non sans applaudissements, mais l’on retient que la place des Américains n’étaient sans doute pas d’être sur cette affiche, mais en face d’un public adhérant au style qu’ils proposent.


 

Meshuggah 
 

Il est 20h45 quand les lumières s’éteignent. Le groupe que tout le monde attend se fait désirer de longues minutes avant d’entrer sur scène. La déferlante Meshuggah est là, et n’est pas venue pour rigoler. D’emblée, on nous assène de riffs ravageurs, au son d’un « Clockworks » encore inconnu scèniquement à nos oreilles. Si la batterie était bien plus en avant pour le groupe précédent, les compteurs sont ici remis à zéro et totalement équilibrés. On pencherait même pour une domination claire et nette des gratteux.
 


Mais comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on sait que l’on a sur scène Meshuggah et ses guitaristes de haut vol. Le lead guitar, Fredrik Thordendal, avec ses huit cordes, nous balance des riffs tout droit sortis d’on ne sait où et dont lui seul ou presque a le secret. « Born In Dissonance » suit le pas, comme dans la logique du nouvel opus des Suédois, The Violent Sleep Of Reason. Car le groupe est venu entre autre défendre son dernier album en lui faisant passer l’épreuve du live.

Dans le public, les chansons sont connues, aussi bien les anciennes que les nouvelles, et « Born In Dissonance » n’échappe pas à la règle. Un gros mouvement de foule se dessine alors, alimentant l’ambiance bouillante de la salle qui a pris une bien autre tournure après une première partie en demi-teinte. Le son offert par le batteur Tomas Haake rajoute de la lourdeur à l’atmophère générale. La voix de Jens Kidman vient sublimer le tout, s’élevant dans les travées du Bataclan. Pas de blabla inutile, Meshuggah enchaîne avec « Sane » avec un gros travail pour le vocaliste qui en plus d’être doté d’un charisme indéniable, excelle dans son domaine, aidé par une sonorisation plutôt propre.
 


Au bout de la quatrième chanson, une pause est nécessaire en raison d’un problème au niveau des lumières qui clignotent de façon incessante. Le chanteur profite de ce moment pour parler à son auditoire avec un speech permettant de calmer l’impatience. Le problème réglé au bout de quelques minutes, Meshuggah repart de plus belle avec un « Stengah » classique et efficace. L’occasion au passage de montrer toute l’étendue de la discographie du groupe ainsi que sa longévité.

Une intro surpuissante ouvrant sur un tempo plus temporé, une basse bien exposée et en alliance bien nette avec les guitares. Elles se répondent, cohabitent, tel est le son de Meshuggah dans son metal si singulier. Cette guitare à huit cordes, au son si particulier, domine et montre qui sont les vrais maitres du genre. Les anciens titres de Meshuggah sont scandés par un public qui ne cesse de se mouvoir, les slams et les pogos ne s’arrêtant pas. « Do Not Look Down », avec ces envolés heavy dans un solo endiablé, illustre parfaitement la musicalité variée d’un groupe totalement hors des cases que l’on cherche à mettre. Le retour à de nouveaux morceaux nous montre que la voix de Jens Kidman est bien plus mise en avant, comme sur « Nostrum », où les instruments sont plus en retrait sur les couplets. Globalement, on ressent moins cette puissance durant l’exécution de titres tirés de The Violent Sleep Of Reason.
 


La salle est toute acquise au groupe, public comme ingénieurs, le jeu de lumière sublimant un groupe au coeur du feu des projecteurs. « Dancers To A Discordant System », avec sa grosse introduction angoissante alimentée par des guitaristes au rendez-vous, se révèle une chanson plus qu’intéressante techniquement, oeuvre de la complexité et de la technicité des musiciens originaires de Suède. Le rythme se repète, véritable leitmotiv du titre, aux mains des doigts magistraux des guitaristes Fredrik Thordendal et Marten Hagström.

Mais la violence atteint son paroxysme lorsque « Bleed » est annoncé. L’un des titres phares de la formation voit littéralement exploser un Bataclan où la fosse part dans la plus grandes des folies. Considéré comme l’un des meilleurs morceaux de ce groupe à ce jour, mais aussi comme l’un des plus brutaux, il ne perd aucunement de sa puissance en live. Bien au contraire, la batterie s’en donne à coeur joie et le frontman lâche des growls puissamment envoyés. On comprend vite que la fin du concert est proche, et après une sortie de quelques minutes, le groupe revient et l’on sait très bien ce qui va s’en suivre. Deux morceaux bien emblématiques du groupe, qui ont fait et accentué la renommée d’une des meilleures formations du circuit.
 


Vient alors « Demiurge », avec son solo de guitare hallucinant, accompagnée d’une batterie acharnée et d’une voix surpuissante. Et enfin, la dernière chanson est annoncée. C’est « Future Breed Machine », au son bien strident en introduction, qui ouvre les portes à la violence finale. Le public y répond dans un déchainement bien réel, pour une ultime fois, avant que Meshuggah ne quitte la scène.

Un retour attendu de la part des Suédois et un retour gagnant, le groupe nous ayant offert une performance digne de ce nom, avec des musiciens de haute voltige et un frontman charismatique et doué d’une voix puissante et perceptible. Et personne n’est ressorti indemne de cette soirée de folie concoctée par Meshuggah.

Setlist:
Clockworks 
Born in Dissonance 
Sane 
Perpetual Black Second 
Stengah 
The Hurt that Finds You First 
Lethargica 
Do Not Look Down 
Nostrum 
Violent Sleep of Reason 
Dancers to a Discordant System 
Bleed 
Demiurge 
Future Breed Machine



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