Before the Dawn – Rise of the Phoenix

Avant l'aube, la nuit noire...

Boulimique Tuomas Saukkonen. Voici qu'il nous a sorti, ce lundi 30 avril 2012 chez Nuclear Blast, le septième album de Before the Dawn en 9 ans. Et encore, ceci n'est qu'une broutille, si on considère que le bonhomme a accouché également de trois Black Sun Aeon en 3 ans, d'un petit nouveau (Routasielu) l'an passé, et d'un Dawn of Solace dont on attend désespéremment la suite depuis 6 ans... Bref, ce n'est pas moins de 12 albums studio en moins de 10 ans que l'artiste finlandais a créé, de quoi rendre les Galneryus ou autres Devin Townsend jaloux.

Ce Rise of the Phoenix fait suite au Deathstar Rising paru l'an passé, un opus satisfaisant qui prouvait une nouvelle fois aux détracteurs que le natif de Nastola savait y faire malgré l'enchaînement des productions. Encore une histoire de "rise", avec un nom d'album semble-t-il plus envolé et annonçant un feu sacré, mais pour une sortie encore plus sombre que les précédentes.

Il est évident que le changement de line-up y est certainement pour beaucoup. Exit le batteur Atte Palokangas mais surtout le bassiste/chanteur clair Lars Eikind, qui apportait ce côté plus léger aux compositions de Before the Dawn. Qui a donc pris sa place, allez-vous demander... et bien personne, et c'est en cela que Before the Dawn donne cette impression de noirceur encore plus obscure, comme si la rage ne laissait plus grand place à l'espoir.

Before the Dawn 2012

Musicalement la patte Saukkonen reste intacte et indélébile, plus que jamais soulignée par une rythmique diabolique, un son quasi mécanique et une violence à peine contenue. Le single "Phoenix Rising" avait annoncé la couleur, les double blast sont ainsi renforcés mais la mélodie persiste, plus que jamais on pourrait dire - avec un côté presque plus death mélodique moderne habilement associé à une vague sensation black metal. Attention, j'ai dit "vague", n'allez pas chercher plus loin, on se rapproche tout de même plus de Dark Tranquillity et Amorphis (les guitares du refrain semblent plutôt claires à ce sujet) que de Mayhem ou Marduk. Même si ce blast, ah ce blast... et cette vitesse aussi... par moments on s'y croirait vraiment, mais jamais cela ne dure longtemps.

Il n'y a pas que le single dans la vie d'un album, fort heureusement parfois dira-t-on, même si dans ce cas précis il s'avère comme l'une des meilleures chansons de l'opus. Faisant d'ailleurs parfaitement suite à un "Pitch-Black Universe" au titre presque trompeur car celle-ci s'inscrit dans une certaine légèreté réhaussée de quelques claviers habiles et, par ailleurs, savamment distillée tout au long de la galette. On ne s'y attendait pas forcément, même si avec le recul l'introduction "Exordium" le laissait présager.

En fait Before the Dawn et son unique créateur nous ballade entre obscurité crasse et instants aériens sous-jacents, et n'allez pas croire que ces derniers ne sont activés que par des nappes électronico-ambiantes, loin de là - les guitares lead de Juho Räihä (devenu le fidèle bras droit de Tuomas) faisant le meilleur des effets, que ce soit en mode "prog rock" sur "Cross to Bear" par exemple ou sur des moments au feeling sans pareils (introduction de "Throne of Ice", avec cette parfaite gratte acoustique au démarrage). La finesse est de mise, pourtant Monsieur Saukkonen n'a peut-être jamais autant craché ses viscères au niveau vocal. Peut-être pour encore plus marquer l'absence de chant clair ? Amenant ainsi son projet principal vers les cimes d'un death résolument moderne et ancré dans la virilité.

Au final même si les morceaux s'enchainent bien, le sentiment de répétition se fait tout de même ressentir et une légère lassitude pourra envahir l'auditeur. Il semble s'agir de l'oeuvre la plus aboutie de Tuomas avec Before the Dawn, mais l'absence de variation vocale (pour le coup il a là le défaut de ses qualités, la puissance ne faisant parfois pas tout) se fait terriblement ressentir. Le choix de continuer le chant seul et de ne pas remplacer Lars a sûrement été mûrement réfléchi, peut-être même est-ce un changement volontaire de direction musicale qui a poussé le bassiste-vocaliste vers la sortie. En attendant, une fois la deuxième partie de l'album atteinte, notre attention faiblit quelque peu, peut-être également que certaines compositions sont moins abouties ("Perfect Storm" par exemple qui manque cruellement de peps) mais il semble que la vision que veut nous offrir le frontman de sa musique se brouille un peu.

Before the Dawn Tuomas 2012

Etre ébloui de clarté par une superbe conclusion ne fait pas tout, on a forcément apprécié l'album et même été épaté car quelques morceaux lancés dès le démarrage du disque, mais on ne peut oublier quelques éceuils et regretter peut-être que le maître n'ait pas plus pris son temps. Un "Fallen World" tombe par exemple quelque peu à plat, avant que "Eclipse" ne relève un peu la sauce jusqu'à cette fameusse outro "Closure" en mode quasi-instrumentale (sur les deux premiers tiers) développée à l'extrême. Ca c'est du génie quand même.

Bref... Voici un album très difficile à évaluer, surtout si l'on prend en compte la créativité du bonhomme qui ne cesse de produire des CD de qualité. Alors bon, soyons classique dans la notation, ce n'est de toute façon pas dans un chiffre que la vérité se trouve mais dans l'écoute que chacun souhaitera donnée à ce Rise of the Phoenix.
 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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