Mayhem (+ Watain) au Trabendo de Paris (15/12/2016)


Ce soir au Trabendo c’est « Back to the True » : les Scandinaves sont là pour interpréter deux albums : De Mysteriis Dom Sathanas pour les Norvégiens et Casus Luciferi pour les Suédois…The Past is Alive !

Arrivé un peu en avance je croise les musiciens de Mayhem qui font chacun leur tour les soundchecks dans la salle. Impressionnant de voir des mecs qui au premier regard paraissent désinvoltes avant de monter sur les planches pour faire leur partie d’une façon extrêmement professionnelle afin de régler les derniers détails. Mention spéciale et impressionnante pour Hellhammer et sa maitrise dans le survole d’un kit de batterie avec une telle aisance et la facilité dont Attila fait preuve en vous sortant des sons étranges de sa gorge passant du growl des plus profonds à des chœurs sortis des entrailles de l’Enfer à lui tout seul… Croisant les musiciens de Watain qui prennent le relai il est temps de reprendre des forces (bières) pour affronter une soirée qui s’annonce sous les auspices d’un Welcome to Hell *

(* Venom était considéré comme le parrain du black metal international, Mayhem comme celui par qui tout a commencé en Norvège. D’ailleurs  ce dernier a pris son nom de la chanson de Venom « Mayhem with Mercy » l’instrumental que l’on retrouve sur Welcome to Hell…)

 

Watain


Je ne sais pas si en Suède ou en Norvège il y a autant de brouillard que dans la salle ce soir mais ici les fumigènes sont tellement épais que même jusqu’au bar et au-delà ils resteront présent tout au long des deux shows rendant même parfois l’atmosphère irrespirable, donnant à chaque rencontre dans les escaliers ou dans les couloirs de la salle l’impression d’entrapercevoir quelqu’un sorti tout droit d’un film d’épouvante. On pouvait aussi croiser les musiciens (mention spéciale à Alvaro Lillo de Watain) entre deux nuages lorsque ces derniers ne jouaient pas…

Watain


Erik muni d’une torche allume les candélabres qui se trouvent devant la scène à l’image des traditionnelles couleurs du groupe, entre tête de porcs dégoulinant de sang, structures en acier rouillé et panneaux latéraux dans l’esprit de l’album joué ce soir. Moment cérémonial comme sait le gérer le chanteur. L’ambiance est pesante, rien d’approximatif, le regard figé il soigne la mise en scène qui n’est pas des plus banales. Si vous avez connu et aimé Watain grâce à leur dernier opus qui est plus facile d’accès vous allez peut être souffrir car ce soir le groupe rend hommage à Casus Luciferi et d’une façon des plus belles.

Watain


Les musiciens comme à l’accoutumée sont possédés par leur musique, maquillés et grimés ils vont mettre une telle pression qu’il parait difficile de passer après eux. Les huit titres vont passer très rapidement avec peu d’échanges avec les spectateurs rendant la cérémonie offerte plutôt à un public de connaisseurs. Erik en tant que showman des forces du mal sait y faire, arrosant parfois la fosse d’un sang nauséabond ou jouant avec les flammes des candélabres du devant de la scène. Le son est puissant et nous tient à la gorge avec des titres qui s’enchaînent comme des perles sur un chapelet…

Watain


Avec Watain, c’est dans les petites salles qu’on en ressent et apprécie la puissance de feu : comme lors de leurs anciens passages dans la capitale en ne citant que La Loco ou encore le Nouveau Casino il y a déjà quelques années. La magie opère entre des lights simples mais perdus dans les épais brouillards et un Erik suspendu à son pied de micro pendant que les guitaristes headbanguent derrières les croix renversées, au rythme de la batterie perdue derrière ses structures épaisses enfumées.

Setlist Watain:
Devil’s Blood
Black Salvation
Opus Dei (The Morbid Angel)
Puzzles ov Flesh
I Am the Earth
The Golden Horns of Darash
From the Pulpits of Abomination
Casus Luciferi
 


Mayhem

Lentement les Norvégiens commencent à prendre possession de la scène. Necrobutcher s’aventure doucement, la basse lourde sur les cuisses, perdu sous sa cape de bure trop longue. Il est vrai que l’ambiance créée par les fumigènes n’est pas sans nous faire penser à un film d’horreur italien des années 70 où tout va se dérouler autour d’un cimetière entourant une église abandonnée.

Mayhem


Attila en grand créatif de nouveaux déguisements arrive encapuchonné et masqué d’un visage rappelant la peste noire sévissant en Norvège en 1349. Son visage léprosé d’une peste bubonique, dégoulinant et surement déjà entamé par des vers de terre affamés est des plus inquiétants.

Ce soir, si vous l’aviez oublié, Mayhem est là pour honorer De Mysteriis Dom Sathanas. Et rien d’autre, pas de rappel, pas de fioriture si ce n’est des petits breaks et des sorties de scène donnant une nouvelle respiration à l’album qui, sur disque dure 46 minutes.

Cette prestation est un évènement d’autant qu’il y a deux ans Necrobutcher nous disait « Nous on n’est pas là pour « ressortir » notre album pour fêter ses 20 ans d’existence, le revitaliser pour lui donner un nouveau gros son avec une grosse production; ou d’organiser une tournée pour jouer De Mysterris… Cela ne nous intéresse pas. »
 

Mayhem


Le public aspire du fumigène à plein poumon et ça tombe bien puisque le premier titre de l’album n’est rien d’autre que « Funeral Fog ». Les fans savent qu’ils vont assister à un moment exceptionnel ce soir puisqu’ils vont pouvoir écouter un des albums les plus emblématiques de la scène black metal originel. Une pierre noire angulaire qui a marqué à jamais les fondations d’une musique qui à l’époque faisait figure d’improbable mais qui maintenant en 2016 est vénérée en lui offrant même une tournée à son nom…

Pendant que Necrobutcher retire sa capuche laissant apparaitre une petite queue de cheval, Attila nous offre sa vaste palette vocale pouvant chanter d’une façon parlée et lente mais aussi ténébreuse et qu’un Hellhammer tel un rouleau compresseur nous fait une démonstration de sa palette rythmique.

Mayhem


Le set va passer très vite et on aura seulement un petit regret tout de même de ne pas terminer comme sur leur récente tournée sud-américaine avec des petites piqures auditives de rappels tels « Deathcrush », « Carnage » et « Pure Fucking Armageddon ». Mais c’est parce qu’on est exigeant qu’on en veut toujours plus, titres qu’ils interpréteront peut-être le 3 avril 2017 à l’Empreinte de Savigny Le Temple…

A n’en pas douter ce soir il y en a trois qui ont dû suivre assidument par la pensée ce concert :
« celui » qui tenait la basse à l’époque… et les deux autres qui ne font plus parti de ce monde depuis bien longtemps maintenant…

 

Lionel / Born 666


Setlist Mayhem:
Funeral Fog
Freezing Moon
Break…
Cursed in Eternity
Pagan Fears
Off Stage!!!
Life Eternal
From the Dark Past
Break…
Buried by Time and Dust
Off Stage!!!
De Mysteriis Dom Sathanas
Outro

Photos : © 2016 Lionel / Born 666
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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