Loïc Cellier, maître d’oeuvre de Belenos

Belenos est une des piliers du « celtic metal » français. Après toutes ces années, on ne peut que constater que l’énergie est toujours présente et que le temps fait mûrir sa musique, tranquillement, mais avec persistance. Loïc Cellier, maître d’oeuvre au sein de la formation depuis les origines en 1995, accepte de répondre ici à quelques unes de mes questions suite à la sortie de Kornog, sur son ressenti personnel et ses projets…

Thomas Orlanth: Bonjour Loïc. Lors de notre dernière entrevue, au Motocultor en 2013 déjà, tu disais qu’un album était en préparation. Il sort donc trois ans plus tard. Qu’as-tu fais pour que tu aies eu besoin d’un temps si long ?

Loïc Cellier: Ah ah faire un album aussi abouti que Kornog ne se fait pas en trois mois. J’ai volontairement laissé murir l’album pendant très longtemps (beaucoup plus que prévu, oui) et crois-moi ça valait le coup d’attendre. En effet, les arrangements de dernière minute sont clairement les meilleurs ! Ça ne m’intéresse pas de sortir des albums dans des délais raisonnables si c’est pour constater que un : l’album ne casse pas des briques et est ressenti comme tel par les fans, deux : qu’on aurait dû ne pas se précipiter car on se rend compte trop tard que telle ou telle partie aurait pu être largement améliorée.  Mais ça tombait bien car avec tous les concerts que nous avons fait entre 2012 et 2016, trouver du temps libre n’était pas une mince affaire, de plus j’ai mis plusieurs mois à construire le nouveau home studio.


Thomas: Avec le recul après la sortie de Kornog il y a déjà quelques mois maintenant, es-tu satisfait du résultat ? Personnellement, j’ai trouvé que c’était un des meilleurs albums de Belenos, mais on dit souvent que c’est toujours l’artiste lui-même qui est le plus critique.

Loïc: Alors oui j’en suis satisfait mais pas à 100%, j’ai fait le mastering du mieux que j’ai pu mais un peu trop à l’arrache du coup il manque un peu de rondeur et la batterie sonne trop claquante. Au niveau des compositions elles ne sont pas hyper homogènes dans la mesure où les titres les plus récents sont de loin les meilleurs (deuxième partie de l’album) même si les plus anciens ne sont pas sans intérêt, après ça dépend des goûts.


Thomas: Cela fait déjà 20 ans depuis la sortie de « Notre amour éternel ».  En y repensant, qu’aurais-tu fais différemment en ce qui concerne Belenos ?

Loïc: Simplement deux choses : écrire mes propres textes et utiliser une vraie batterie. Le reste ça va j’en suis encore satisfait !

Thomas: Et qu’est-ce qui te rend fier dans ce long chemin parcouru ?

Loïc: Euh rien en particulier, j’essaie de travailler sérieusement et honnêtement, après les années passent, tout comme les albums…

Thomas: Les paroles sont en breton. Est-ce que tu parles ce dialecte couramment ou bien juste assez pour pouvoir le chanter ? Par exemple, si je te demandais de traduire cette interview en breton, pourrais-tu le faire ?

Loïc: C’est une langue complètement extra-terrestre qu’il faut apprendre jeune et sur le terrain, même si je vis dans la zone bretonnante (ouest de la région) depuis une décennie, je serais incapable de traduire cet entretien ! Dans Belenos le breton a remplacé le français devenu à mon goût trop banal depuis 2010.

(Belenos au Ragnard Rock Festival 2016)


Thomas: Certains spectateurs pourraient reprocher aux prestations scéniques de Belenos un certain côté statique. D’autres apprécient au contraire cette absence d’effets spéciaux « commerciaux » et le fait que l’ambiance froide dégagée colle parfaitement avec la musique embrumée du groupe.

Loïc: Et bien c’est tout à fait ça ! On joue à l’ancienne, concentrés sur nos instruments (Belenos est loin d’être facile à jouer je le précise), au diable les samples à la con où tu peux limite faire du playback, les décors et compagnie, on n’est pas une comédie musicale !

Thomas: Qu’en penses-tu ? Verrons-nous un jour un concert avec des cracheurs de feu, des combattants, des personnages costumés ? Ou est-ce qu’il s’agit de quelque chose qui ne t’intéresse absolument pas ?

Loïc: Tu sais faut pas oublier une chose : Belenos reste finalement un groupe encore assez underground et c’est voulu, on ne veut justement pas tomber dans ce panneau où il faut en mettre plein la vue sauf si bien évidemment on n’a que ça à proposer ! Cela nécessite des moyens énormes, du personnel, une organisation lourde. Or même si on le voulait, ce serait impossible et ingérable. Seuls des grands groupes comme Behemoth ont les moyens de proposer ce genre de spectacle.

Thomas: Pour 2017, y a-t-il déjà des concerts prévus ?

Loïc: Très peu ! Pour le moment nous ne jouerons que trois fois en mai : le Beltaine fest en Bretagne (concert privé), le Heidenwahn fest en Autriche et le Darktroll fest en Allemagne. Notre guitariste vivant désormais au Canada, on ne pourra pas beaucoup faire plus pour le moment, nous éprouvons aussi la nécessité de faire un long break; la routine et le surmenage allant à l’encontre de la passion et de la motivation qui nous anime encore…

Thomas: As-tu un projet particulier dont tu voudrais nous parler ?

Loïc: Oui, je travaille en ce moment même sur une réédition de l’album Chants de bataille celui-ci est sold out depuis 2010, je crois donc il est grand temps que je m’en occupe, il sera amélioré dans le son, l’artwork et sera accompagné de plusieurs titres bonus.

Thomas: En conclusion, as-tu un message à faire passer aux lecteurs et auditeurs de La Grosse Radio Metal ?

Loïc: Oyé oyé sachez que j’ai bien entamé l’écriture du successeur de Kornog mais ce ne sera pas pour tout de suite (voir le début de cette interview). Néanmoins je tâcherai de ne pas vous faire attendre 6,66 ans !!!

 

Thomas Orlanth



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