Mille Petrozza chanteur et guitariste de Kreator

C’est par un dimanche particulièrement gris et pluvieux que nous avons rendez-vous dans un hôtel parisien chic proche de l’Opéra pour rencontrer Mille Petrozza le chanteur et leader de la formation culte qu’est Kreator.
Après quelques minutes d’attente, Mille entre dans la suite, pieds nus et totalement détendu. Il est maintenant temps de parler du nouvel opus des Teutons nommé Gods of Violence.


 

Tout d’abord, merci de nous recevoir, comment se passe ta tournée promotionnelle ?

De rien ! C’est le deuxième jour, hier j’étais à Madrid aujourd’hui Paris, pour l’instant ça se passe bien, j’ai rencontré beaucoup de personnes sympas et j’ai beaucoup parlé du nouvel album ! (rires) Je n’ai pas vu grand chose ici, j’ai un peu visité mais je n’ai pas beaucoup de temps.

Avec Phantom Antichrist sorti il y a quatre ans, vous avez frappé très fort. Comment te sens-tu à quelques mois de la sortie de Gods of Violence ?

Je pense que ce nouvel album va surprendre pas mal de monde au niveau de l’écriture, je pense et j’espère que ce sera l’album le plus puissant qu’on ait sorti, et j’espère que nos fans seront du même avis. Ca reste toujours très dur, quand tu sors un nouvel album, tu te donnes à fond et tu donnes le meilleur de toi-même : surtout après avoir sorti autant d’albums, tu te dois de travailler dur. C’est aux gens de juger au final.

Cela fait plus de dix ans que Kreator fait du thrash mélodique. Avec Phantom vous avez accentué le côté mélodique en rendant les composition épiques, cela vous vient naturellement ou est-ce clairement une volonté de votre part ?

Hum ! Quand tu as sorti autant d’albums, tu cherches toujours à évoluer et ces éléments mélodiques viennent vraiment naturellement, parce que la musique a toujours une forme de mélodie, il n’y a pas de musique sans mélodie. La chanson la plus mauvaise a une mélodie (rires). En tout cas on n’y pense pas, on veut juste créer un morceau intéressant. On essaie de trouver de bonne vibes, qu’on soit sur un riff violent ou autre chose, on va là où l’on pense que c’est bien.

Où avez-vous enregistré Gods of Violence ? Combien de temps a duré le processus de création ? Et l’enregistrement ?

On a enregistré dans les mêmes studios que pour Phantom Antichrist : la batterie et la basse à Stockholm au Fascination Street Studio, les vocaux et guitares dans un autre studio un peu plus loin. J’ai commencé à écrire les premiers morceaux en 2013 et on s’est tous réunis pour faire les arrangements au début 2016. On est entrés enstudio en juillet, on a passé six semaines à enregistrer et trois semaines pour le mix. Donc à peu près deux mois en tout.

Depuis quelques années vous êtes sur une moyenne d’un album tous les quatre ans, vous vous imposez ce rythme ou bien vous composez quand vous le sentez ?

Honnêtement ça n’aurait pas de sens pour moi d’écrire si je ne le sens pas, c’est essentiel pour la musique, ta vie et ta créativité, c’est comme ça qu’on voit les choses. C’est aussi une expérience donc il est important de prendre aussi du temps pour soi et pour écrire.

Le thème de l’album semble tourner autour de la religion et la guerre. Peux-tu nous en dire plus ?

L’album n’est pas tourné uniquement sur la religion et la guerre. Il y en a oui, mais le message principal est de passer outre la religion, de vivre sans la guerre. Malheureusement cela ne semble pas possible, puisque les guerres découlent souvent de la religion. Le message qu’on veut faire passer est vraiment optimiste, mais nos sources d’inspiration nous viennent d’endroits sombres et très pessimistes. Notre album n’est pas sombre bien au contraire, on vit des jours sombres avec beaucoup de terreur : les extrémistes sont de retour, on a des gens bizarres placés dans les élites et il faut qu’on surmonte tout ça, que l’on survive et se batte en retour. Je pense qu’il faut qu’on soit en opposition avec toutes ces choses en célébrant la vie, en l’appréciant, ainsi que l’art, la culture les films, tu vois, ce genre de choses.

Quels sont les groupes que tu écoutes en général ? Metal ou non. Ont-ils une influence sur ta musique ? A quel niveau ?

(Rires) Tout ! Metal, pop, je suis un grand fan de punk rock, tout ce qui est cool, tu vois ? Je n’ai pas de genre favoris. Dans mon ADN, je suis metal évidemment mais j’écoute vraiment de tout, je ne me limite pas à un genre.

Toutes ces musiques m’influencent, c’est clair mais uniquement à 25% je dirais. Le reste c’est surtout la littérature et les films : j’ai des images qui apparaissent dans ma tête quand je compose et cela vient de films que j’ai pu voir, et de mes différentes lectures. L’art est aussi une grande source d’inspiration. Être trop influencé par la musique des autres n’est pas toujours bon, tu peux être influencé par certaines vibes mais tu dois garder ta propre inspiration.

Kreator sort son quatorzième album, en prenant du recul quel album préfères-tu ?

(Rires) C’est dur ! C’est un cliché de dire que mon préféré est le dernier (NDLR : Gods of Violence) mais c’est le dernier ! Déjà parce qu’il est tout frais, je l’ai écouté entièrement un nombre incalculable de fois, et à cette question je ne répond que ça, parce que c’est le plus récent.

Peux-tu nous raconter quelques anecdotes sur Gods of Violence

(Rires) Des anecdotes ? Créer l’album a été un processus très difficile, pas toujours marrant et avec de très bons moments. On a échangé dans le studio jusqu’à la dernière minute, et on a enregistré la démo dans trois studios différents. J’ai bénéficié de l’inspiration de la part d’autres artistes, des gens m’ont aidé comme par exemple un vieil ami qui est venu et a commencé à écrire. Par exemple, la chanson titre a eu droit à sept versions différentes : comme j’avais commencé à l’écrire trois ans plus tôt, la chanson devait grandir et devenir plus puissante. Par contre « Satan is Real » n’a eu qu’une seule version.

Peux-tu nous donner des explications sur la pochette ?

Nous avons créé trois versions différentes de la pochette : la première est ressortie trop power metal et du coup ça ne convenait pas. Il nous fallait quelque chose de plus diabolique, plus surréaliste. Finalement c’est avec la troisième version qu’on a trouvé le bon équilibre.

Je n’ai pas pu traduire la chanson donc si la question te parait stupide, je m’en excuse ! Est-ce que le  morceau « Fallen Brother » est une chanson personnelle ?

(Rires) Non c’est pas stupide ! C’est en effet personnel mais je ne parle pas de quelqu’un en particulier, c’est inspiré par des faits. Le fait de perdre quelqu’un, d’être touché par la mort. Vivre cette expérience.

Quels sont tes morceaux préférés dans Gods of Violence ?

Actuellement je dirais la chanson titre, « Satan is Real » et « World War Now », par instants. Je les aime toutes, mais repose moi la question après notre tournée, parce que pour l’instant  je n’ai pas assez de recul et on verra ce qui fonctionne le mieux en live.

Merci d’avoir répondu à mes questions, as-tu un mot à faire passer à nos lecteurs de La Grosse Radio ?

Merci de nous soutenir, on se verra en février pour la tournée et peut-être dans quelques festivals. 



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